eau de rose (1)
A cet endroit de la pinède, il n’y avait plus personne. Le soleil devenu rasant enflammait les premières odeurs du crépuscule, faisant courir comme des couloirs ses lumières dont les arbres étaient les ombres. Mais ce pouvait être aussi des cuisses, comme il reluquait les siennes en cet instant par contre-jour sous le tissu de sa robe. Feignant l’un et l’autre l’ignorance et le plus parfait naturel tandis qu’à cette heure en ce lieu, il ne pouvait plus être question de savoir ce qu’il se passerait, mais comment ; ils devisaient toujours comme innocemment. Recueillant, elle, les dernières chaleurs de l’astre, pour un plaisir qu’elle savait double et dont elle abusait malicieusement, savourant, lui, tout le merveilleux de cette éclipse de soleil mouvante, qui avait avantage sur la Lune de se déhancher et de porter au ciel des infinis de convoitise.
On lui avait dit, fais pas ça, vieux, cte fille, c’est une crasseuse, nocive même, des gars qui lui sont passés dans les pattes, y en a plus un qui marche droit, et certains sont toujours à l’hosto.
Comment aurait-il pu le croire ?

