kiosque philosophique

comptoir philosop’hic

Oui mais alors non, mais… pfff mais non…ah mais ah…. mais ! mais tu vas me laisser parler oui !… non mais tu vas t’taire !… ah mais vide ta fiole et ferme ta gueule.. quoi vide… patron ! Donnez à boire à ma vieille carne ou je l’étrangle ! … hein ? Ben ouais ben non je suis pas d’accord, c’est pas vrai que les mômes y dviennent violents et tarés nonononon, ça c’est juste des bavardages d’anult- d’adultes qui comprennent rien… rien du dou- du tout ! Tiens moi aussi patron, ouais un jaune pareil… Jte dis, que les mômes y sont toujours attentifs et obéissants, ouais parfainement ! Parfainement môssieur, attentifs et obéissants ouaip.. et ben pisque si… hein quoi ne jeu du founard, hahaha le jeu du founard, elle est bien celle-là, du foulard ouais, eh ben ouais y en a qui crèvent, c’est normal mais que c’est que non que c’est pas par là qu’i faut regarder, t’as entendu aussi qu’izont un aut’ jeu là, hop i choisissent entre eux une couleur au hasard, pis après le premier blaireau qui se pointe sapé avec cte couneur, i’ lui maravent la gueule… eh ben non c’est pas des malades pasque qu’est-ce que ça veut dire hein, ça veut dire qu’il existe un enneni, que l’emni il est à l’intérieur et pis qu’il est repérable par une couneur, ouais eh ben ça c’est tout ce que t’entends continuennement à la télé, alors y font rien que l’appliquer, ben si, le foulard c’est pareil qu’on leur serine que la vie c’est risqué et que l’objectif c’est le sennationnel, eh ben voilà hop c’est la même ! La même ! Euh non euh, ah oh, oh si allez, merci patron comme ça elle est prête… et que je vais te dire hein si les mômes i deviennent violents et de plus en plus cons, ben c’est juste qu’i s’adapent pasque le monde c’est la concurrence et la concurrence, c’est la guerre et le soldat il a pas besoin de savoir pasque savoir c’est perdre du temps que le temps c’est du l’argent et ça simplement pasque le centre du monde c’est la bourde, ah putain la Bourse et la Bourse quand tu regardes, elle a pas d’histoire, pas possible, c’est du présent perpétuel, hé t’as remarqué, le gars il est toujours « en direct de la Bourse », y pas moyen d’y être autrement… moi que je te dis « ce qui nest en haut nest comme ce qui nest en bas » que ne ce ça c’est Hermestotrimégis qui me l’a dit, oui môssieur, rien qu’à moi, les jeux des mômes c’est la preuve qu’izont compris le monde où qu’i vivent, que c’est un monde qu’a pas de futur et qu’a plus de passé, alors hein d’abord à quoi que ça peut bien servir, si déjà ça sert à rien, en plus hein, quoi ? non je suis pas complétement cuit, non, mais pisque tu l’as dit, ça va pas traîner et ce sera bien fait pour toi.
Salaud !

paragraphe de confort visuel
Dimanche 10 juin 2007

sagesse biblique

j’ai massacré toute ma famille avec un trognon de pomme

paragraphe de confort visuel
Dimanche 22 juillet 2007

chaîne de liberté

Avec ces lignes, je sais que je vais me faire tuer. Je sais aussi que je n’aurai jamais le temps d’achever. Mais évidemment, c’est aussi ma seule chance de m’en sortir. La vie parfois ressemble tellement à un roman. Il suffit d’en prendre une fois conscience, d’être frappé soudainement d’un recul pour avoir le sentiment que tout est joué d’avance, que tout est déjà écrit. Bizarrement c’est lorsqu’on s’en rend compte qu’il devient impossible d’y échapper. Toutes les tentatives même les plus réussies, surtout les plus réussies, semblent animées de fils invisibles. Comme si s’échapper tout d’un coup devenait la manière la plus accomplie de succomber. Comme si l’inscription trompeuse « il est écrit que tu es libre » se faisait apparente sur toute chose. Quand on prend conscience qu’on a pris conscience, la deuxième fois, on sait bien que quoi qu’on fasse, on rentre dans un certain ordre de répétition. Que peut-être c’est même tout ce qu’il reste à faire. Faire les choses comme si c’était la deuxième fois, directement. On réussit toujours mieux la deuxième, c’est une question d’expérience. Dire pour la deuxième fois comme si c’était la deuxième, que je vais me faire tuer. Pour la deuxième fois. Comment pourrais-je l’éviter puisque tout s’est déjà passé exactement de cette façon dès la première. Tandis que je cherchais à fuir. Je vois bien qu’il y a déjà une ligne toute tracée que je ne peux que poursuivre. Dont je ne verrai pas la fin puisque je vais mourir. Mais c’est là aussi que se trouve ma dernière liberté, mon unique chance de m’en sortir. La fin je l’abandonne à un autre. Peu importe qui je suis ou qui j’ai bien pu être, moi ou un autre, ça ne fait aucune différence. L’important, ce qui reste de crucial, c’est le geste. Mais écrire ne devient un geste que si le texte est lu. Pour cela il faut qu’il soit abandonné quelque part puis découvert. Découvert de telle manière qu’il soit déjà familier, assez familier pour être étrange, assez étrange pour être évident. Découvert de telle manière qu’il soit redécouvert. Qu’il soit second avant même d’être là. Comme un souvenir oublié qu’on n’aurait jamais eu, qu’on aurait toujours su.
Mais oui. Parce que la première fois- mais – on n’avait pas saisi, qu’il en a fallu une seconde pour que le miracle advienne : oui. Mais oui. Parce que le cycle des secondes fois contient sa propre limite qui doit être dépassée. Mais oui. Parce que l’unique moment propice est celui où on l’a enfin compris.

C’est pour cela que tu sais que tu dois te faire tuer. Mais tu ne pourras pas compter sur moi car je serai déjà mort. Il faudra donc compter sur toi. Dans ce but il importe que tu sèmes ce message partout autour de toi pour qu’il te revienne un jour. Lorsque ce message te revient, il t’appartient enfin, tu découvres l’instant propice : tu es second pour la seconde fois. Tu abordes l’instant ultime.

paragraphe de confort visuel
Vendredi 9 novembre 2007

leçon de psychanalyse

Lacan, le grand maître, il a dit : « il existe quatre concepts fondamentaux en psychanalyse : la pulsion, le transfert, la répétition et l’inconscient ».

la preuve par l’exemple :

je bande = pulsion

je vais aux chiottes = transfert

je me branle = répétition

je ââââ* ! = inconscient

* = les experts auront reconnu l’intervention de « l’objet a ». Oui, monsieur car sur Acides foriques l’objet a, on est capable de vous le montrer, oui monsieur.

paragraphe de confort visuel
Mercredi 14 novembre 2007

prospectus

Vous aussi rejoignez le culte de la Suprême Atrocité

Le culte de la Suprême Atrocité connaît la Voie. Le culte de la Suprême Atrocité peut vous emmener au bout de la dernière expérience philosophique moderne. Chacun sait qu’au fond de l’être se trouve l’indifférencié, tout comme dans la magma originel la matière n’est pas encore conçue, le coeur est innômable. Qu’il s’ensuit de l’un à l’autre la révélation de la Grande Indifférence.
Chacun pense qu’il est inutile de chercher à comprendre, qu’il suffit de vivre. Mais personne ne sait comment vivre dans la Grande Indifférence de l’univers indifférencié où s’égare l’être innômable.
L’unique moyen de guider sa vie dans la Grande Indifférence, cela le culte de la Suprême Atrocité le sait. Cela, il vous le dit. Pour entrer en harmonie avec le cosmos, il faut parcourir l’Innômable. L’unique moyen de parcourir sûrement l’Innomable est de pratiquer l’Injure Sublime. Seule l’Injure Sublime de par son pouvoir est capable d’approcher l’Innomable.
Dans ce dessein il est néssecaire de s’entraîner à l’avance. Seul tout d’abord (ainsi que vous le faites tous, car malgré vous, vous cherchez déjà), puis en groupe (il semble que la voiture constitue un excellent lieu pour démarrer une quête de l’Injure Sublime). Au cours de ces séances, dites prières ou expérimentations, chaque adepte s’emploie par toutes les forces de son imagination à proférer l’injure la plus pure, la plus totale, celle-là seule qui peut le guider sur la Voie. Lorsque le groupe est suffisamment expérimenté, il répand son savoir dans la rue car la vérité ne vit pas dans le temple. Il se fait connaître de ses congénères de la manière qui ouvre à l’Innômable.
Plus le groupe sait faire usage de l’Injure Sublime, plus il devient maître dans l’art de provoquer l’apparition de la Suprême Atrocité. On comprend que l’on commence à entrer dans la Suprême Atrocité lorsque le choc atteint une violence suffisante (la vérité est toujours choquante) pour être lisible (la vérité blesse comme chacun sait). Quand la Suprême Atrocité se révèle, les signes mêmes de l’apparition se montrent sur chacun, par quoi l’adepte comprend que c’était écrit.

Répandez la bonne parole, novices de mon cul, bande de poils incarnés, danseurs pour chiens, mangeurs de miettes à la couarde, je vous bénis dans la gueule, forculeur de ragondins, apprentis tâcherons, tartouilleurs de rigueulis, et grouillez-vous, tas de foutriquets errants, parce que le temps passe et vous aussi vous finirez poilus et frippés comme une vieille couille.

paragraphe de confort visuel
Lundi 26 novembre 2007

comptoir finosofique (2)

glurp, ben ouais, ben voyons, bien fûr que pfff, ah lala, le pragatisme, ah nan vraiment qu’est-ce qui jte jure alors, mais ouais mais ouais, mais c’est tout lmonde qu’il est pragatisme aunourj’uid, hein et ça deut vire quoi, hein qu’est-ce c’est-y un ptit peut qu’ça vounrait dire, glurp, est-ce que toi tu pourrais le me dire, hein, nan, toi avec cette gueule que t’as là tu peux pas le me nire, nan, ’spèce de récraftaire jle vois bien que t’as l’air du nier qu’t'as l’air du niais, haha, l’a rien compris, moi un gros con ?,sale nitoyen du monde, tiens, glurp, ouaiaiais, « jucher sur les faits », ben alors, ben ouais, ben putain ! T’as vu ce cul ? Rhâ nom de dieu la meuf, puutain! Nan mais c’est pas possib’ un cul pareil, nan mais là, mais elle doit souffrir horrilebment, êt’ toute seule avec ce cul, mais ça loit dui faire nal, glurp, ah non là c’est vraiment trop d’misère, on dvrait s’queutiser pour nui vnir en aide, ben ouais, ben non, on peut pas, là on fait dla finosofie mais c’est salaud quand même dla laisser toute seule dans sa culotte, c’est comme ça qu’on crée du malheur en plus, franchement, rhâ ça mfout la maljoie, srrriff, Docteuuur ! À boire, j’ai mal ! Deux kirs Bourgogne pour l’aut’ affreux et moi, et pis des olives pour s’cracher des noyaux dans la gueule… ah les olives, y veut pas, tant pis, ouais ben j’arrive, si ben si, ben je vais te ne dire, voina : le pramatispe, c’est même pas une finosofie, c’est à peine ine pensée, hein et quand t’y rgardes un peu, un pitit peu et ben tu vois qu’c'est une pinsée qu’a des mains, mais qu’a pas de jambes et qu’a pas d’dos, glurp, ah, est-ce qu’elle a des couilles, ça c’est une question, ouais mais elle a pas de dos, paske si tu te denandes qu’est-ce que c’est quoi qui srait d’abord qu’on srait pragatique et ben c’est déjà p’us du pragmatisme, ouais ouais, des fois je ne dis bien, à na racine du pagmatrisme, rhâmerde, enfin du truc, y a forchément une pensée ontonogique qui dirait bourquoi on prendrait plus ces faits là que, euh, rhâ, ces fesses là et qu’est-ce que ce srait quoi des faits, hein, mais dans la penchée pragachose, glurpglurp, t’as pas le ‘roit dréfléchir à ça paske c’est pas un fait, quand tu denandes, on te prend pour une buse et on te dit « mais c’est évident » ouais sauf que « évident » c’est ne mot sacré qu’a remplacé « Révélation » dans la démoratie, ouais, et y a pas de jambes non p’us paske le pragniagniag, y pourra jamais faire naître aut’chose que du pragniagniag, ouais, et tout ne monde dit que ne pragniagniag, c’est ça qui permet le pogrès alors que t’as pas p’us figé comme pensée : y sait pas d’où qu’y vient et pis y va nulle part. Glurp. Et quand tu penches, un mec qu’a pas de jambes et pas de dos, est-ce que ça ressemberait pas à un type devant son ordinateur, hein ? Paske les faits, en fait hein, ça revient touyours à des stats, eh ouais l’Insee. Alors maintnant tu relies ça avec le préjent perpésuel qu’on causait l’aut’ fois, ouais et de l’aut’ côté tu prends l’éconogie et tous ces connards qui veulent retourner dans na nature, ah nan mais ceux-là, glurp, mais ouais mais foutez-les dans la nature, ces gros cons, allez hop, paf, en plein dans la jungle, la savane ou sur na banquise, avec des lions, des serpents et pis des nours, ben tiens, mais tout est là, la nature qui veulent quand tu rgardes, c’est le monde à Bambi, avec des ptits nécureuils, des zosiaux et des arbes avec des fruits, faut pas aller trop loin pour voir que leur Nature en fait, c’est un jardin et c’est quoi comme jardin, hein ? Ben c’est le jardin d’Eden. Glurp. Et comment qu’on fait pour atteinde un mythe qu’on sait qu’on peut pas le toucher ? Ben on dévenoppe le divertissement, que son vrai but, c’est la diversion, rgarde pas là, regarde là-bas, mais non pas la meuf, jte cause, ouais, ouais moi aussi je vois sa culotte, nan elle doit pas se rende compte, glurp, et comme cha le présent, cha devient continuellement l’instant d’après, c’est jamais suffijant l’instant d’après, anors tu balances des jeunes avec des cellulaires et des réseaux connunautaires, et là ça tfait des jindividus dont la perchonnalité est balancée à l’ekchtérieur, ah putain, morcellée et diffuse, ouais, touyours un peu autre, dans un temps, touyours un peu après, avec un désir touyours un peu ailleurs et une mentalité qui permet ni dse rtourner, ni d’avancer. Glurp srrrifff. Tu recommandes ?, c’est cool.

Bon, alors, bon alors, hein ben hein quoi, tu vois, ouais, t’as raison qu’est-ce que j’jacte, faudrait me punir mais c’est toi qu’as pas vounu les onives, alors eh, hein eh, glurp, ouais ben si maintnant on jète un oeil sur qu’est-ce qu’on fait, pour comparer, est-ce qu’on peut pas dire quand même que c’est pas loin, tu vois, on est un peu cuit là, glurp, eh ouais arrête, eh toi aussi, tu fais yamais des bulles de salives quand t’es sobe, bon cuit, c’est pas loin de déchiré, alors c’est pas très loin de morcellé, diffus, ensuite dans un bar, est-ce qu’on avance veaucoup c’est pas sûr non plus, hein, et puis t’as la fille qui nous fait une jolie diverfion auffi, après le temps qu’on est là, c’est au métronobe du verre suivant aussi et si on va yusqu’au bout, ce qui nous nattend ch’est la dégueulade, genre l’horreur, glurp, la différence, c’est qu’en allant au rade, on choisit un temps alors qu’il est néjà choisi, fixé dans cque je dijais avant. La dégueulade entre la purge et l’horreur, dans cque j’parlais, alors ça peut ête quoi ?. Les jeunes, certaimment on peut dire qu’y sont cons, y sont jeunes, eh entre nous y paraît que c’est une connerie d’ête vieux quand on est jeune, mais y a pire, c’est de rester jeune quand on est con, alors ces jeunes aussi y sont plus adaptés, comment qu’y vivent le bodel, c’est ça que jme denande, paske chi tu pars du principe au niveau psuchonogique qu’on est tous plujieurs à l’intérieur et qu’y a la pojition de l’Autre avec un A gros comme cha, moi ça me laisse l’impression que ch’est comme si que avec les réjeaux connunautaires qu’on fsait l’expojé de la personne par projetion, tu rajoutes la fafination pour la violence, l’horreur encore, qu’on trouve partout, la confiance qu’on peut faire aux jeunes pour faire n’import’nawak, le double aspect ibbobile-chaotique, glurp, comme sur internet par exjemple, t’as du mal à savoir si plutôt ça bouge veaucoup ou pas du tout, moi ça me fait penser à une toupie, alors ben ce qui c’est que chais pas c’est, dans c’ monde où qu’on nie l’existenche de l’inconscient, tout doit être évident et senchationnel, mais qu’on le nie en le prochtant partout dehors, alors qu’est-ce qui va sugir ? Ça me paraît sûr que la baje identitaire, elle va jancher, si on pove que la nature, c’est devenu un mythe recomposé, ben est-ce l’Autre qu’on cherche à faire apparaître, ça va pas être un Autre entièrement articifièlisé, est-ce qu’avec le virtuel, on est pas à nourrir un gigantes laboratoire, glurpglurp, que filanement ça va venir, ce miroir de nous-nême méconnaissable mais inévitable qu’on saura plus où foutre les mots vérité, menchonge et innusion et qui causera la ruine du pragmachin paske ce sera plus un fait là, ce sera du réel, mais tout d’un coup ce sera du réel étranger au concept de réalité. De la réaltérité. La grande flipe. Là sûr on aura fait un progrès, mais lequel ?
hein ?, chus dans la réal tarité ?… ok
bon si on propose à la fille de jouer avec nous, tu vas les chercher ces olives ?
glurp

paragraphe de confort visuel
Mercredi 1 octobre 2008

mégotics

Ego-isthmes…

je de mots ?

moi de même !

(soi dit en passant)

tout fut m’eux ;

on nie est,

se crée-t-un

fffffil, des cendres

paragraphe de confort visuel
Samedi 25 octobre 2008
marge bas