- ah ben quand mêm’ te vla ! Ben alors quoi ? Y avait p’us d’ papier ?
- Haha pfff mais non, mais c’est les deux crevards qui font les sorties, soit i’ disent non parce qu’ils s’en branlent, soit i’ font les méticuleux parce qu’ils ont peur que tu prennes du pouvoir…
- Les bâtards ! Allez viens, on va prend’ du large… tu veux conduire ?
- Ah ouais, ça fait un bail
…
- …t’as l’air soucieux, dis, tu t’es fêlé la cloch’ avec Frimouss’ ?
- Nan, rien à voir… je pensais… dis-moi Greuk, c’est quoi la différence entre un anarkeuf et un ripoux ?
- Hola, toi t’as encore gambergé avec les doigts dans les oreilles…tu veux un lex’ ? J’ai confisqué la boite à une vioque qu’avait pas d’ordonnance.
- Hahaha, çimer… hé mais c’est « de futura » qu’on entend !
- Ouais jme suis bavé une ptit’ compil’, tiens pis tourn’ à gauche, c’est la zonindus, on va rôder en sous-marin…
- ha ouais, j’y vais en flotteur, fond de sous régime…
- … alors ouais anarkeuf… voyons…en fait…
- Non merci, on va pas tout mélanger
- ?…! Mais non t’es con : en fait y a pas trop d’différence à part un degré de conscience… le ripoux, i’ s’sert de son pouvoir pour lui, pour obtenir des avantages, moi j’essaye de défend’ un mond’… tu sais si tu veux viv’ quelque part, faut commencer par l’créer, c’est un peu comme tenir la porte à la jeune fille… enfin j’essayais, pasque depuis j’ai un peu changé. Au début… ça vient de l’époq’ où jme traînais dans les rues à dormir n’importe où, à pillav’ jusqu’à m’épaver, à bégo par triplette, la vache qu’est-ce que j’étais crâmé et pis jme suis dit, comme ça en lâchant mon garrot, enfin un peu après, jme suis dit tous ces anars de rue que jcôtoie c’est n’import’nawak, keupon c’est que le moyen l’ plus rapide de scroire lib’ pour arriver en tôle, ou plus con encore de scroir’ lib’ pasque t’as fait de la tôle, ça devient comme un rituel, un petit spectac’ qu’est pas en-dehors du tout, qu’est complètment social quand t’y réfléchis… jme suis dit qu’ la subversion, c’était travailler pour l’enn’mi, qsi tous les anars du mond’ dev’naient keufs commmoi, on parviendrait à fair’ dla loi queqchose qui serv’ l’humain, nous quoi, et pas l’ pouvoir, dev’nir punk en civil quoi…
- T’avais déjà rencontré Ev’ ?
- Ah non, Ev’ c’était plus tard, c’était après qu’i ssoit cogné avec les pompiers, quel bûcheron çuilà !
- Ah tiens c’est bizarre, c’est pas ce qu’il m’a dit.
- I’ t’a dit quoi ce gros enculé ?
- Haha, allez rien, continue…
- T’oublie qu’tu t’adresses à un flic mon pote, tu quitteras pas cette bagnole sans déglutir ta chique !
- Haha allez !
- Ouais, ben alors… j’en ai convaincu queq’zuns dme suiv’, il a pas fallu très longtemps pour qu’i’ changent de bord… en général par force d’adaptation, on n’a jamais qla moralité dson pouvoir, dson larfeuille, tout c’ qu’on raconte c’est jamais qu’une façon tordue djustifier ses choix, dprouver qu’on s’est pas planté, qu’on a bien raison, tout ça…
- Alors tu crois que c’est foutu ?
- Attends, j’ai changé chte dis, c’est l’ taf de kisdé, ça m’a fait dire…
zerba 2, zebra 2, un vol à main armé signalé rue de la butte aux cailles, répondez…
- qu’est-ce qu’on fait ?
(il sort un dé)
…
- … on s’en branl’ !, J’eur ai dit que j’partais fouiner vers les planques à Rico le bédouin. Ch’u pas là. Eteind le gyrophare et monte le son dla zik.
- Rico le bédouin ?
(à suivre)