la balade de Greuk

vision d’horreur

Un jour, Greuk (l’anarkeuf) m’appelle, il me dit : « dis-moi t’es toujours intéressé par des trucs bizarres pour ta ballade des gens malades ? », « toujours », « alors, amène-toi ».
J’arrive dans son bureau, « assieds-toi, ça vaut mieux, c’est plutôt sanglant », il me tend une photo. Je regarde, je blêmis « la pauvre ! », je lève les yeux « mais… », il anticipe « ouais, nous non plus, d’abord on n’a pas compris, alors on a fait une reconstitution », « quoi ? vous avez trouvé des tarés assez complets pour jouer à ça, là ? », Greuk a un geste fataliste de la main « il nous a pas fallu une heure… », il me tend d’autres photos, ce que j’y découvre avec stupéfaction pourrait se décrire ainsi :
Photos 1 à 4 :
Après avoir longuement honoré votre amante d’un grand nombre de caresses, usant au besoin de divers instruments, il devient très possible en l’allongeant sur le dos et en repliant ses jambes de manière à ouvrir le plus grandement son corps au ciel, de pratiquer un foot-fucking. Jusque là pas de problème.
Photo 5 à 6 :
Le danger toutefois que recèle cet exercice se tient dans la haute probabilité que l’amant alors emporté par son activité perde l’équilibre.
J’ai un gémissement comme un haut-le-cœur.
Greuk sourit et il ajoute : « tu crois qu’elle a pris son pied ? »

paragraphe de confort visuel
Samedi 21 janvier 2006

la balade de Greuk

- ah ben quand mêm’ te vla ! Ben alors quoi ? Y avait p’us d’ papier ?

- Haha pfff mais non, mais c’est les deux crevards qui font les sorties, soit i’ disent non parce qu’ils s’en branlent, soit i’ font les méticuleux parce qu’ils ont peur que tu prennes du pouvoir…

- Les bâtards ! Allez viens, on va prend’ du large… tu veux conduire ?

- Ah ouais, ça fait un bail

- …t’as l’air soucieux, dis, tu t’es fêlé la cloch’ avec Frimouss’ ?

- Nan, rien à voir… je pensais… dis-moi Greuk, c’est quoi la différence entre un anarkeuf et un ripoux ?

- Hola, toi t’as encore gambergé avec les doigts dans les oreilles…tu veux un lex’ ? J’ai confisqué la boite à une vioque qu’avait pas d’ordonnance.

- Hahaha, çimer… hé mais c’est « de futura » qu’on entend !

- Ouais jme suis bavé une ptit’ compil’, tiens pis tourn’ à gauche, c’est la zonindus, on va rôder en sous-marin…

- ha ouais, j’y vais en flotteur, fond de sous régime…

- … alors ouais anarkeuf… voyons…en fait…

- Non merci, on va pas tout mélanger

- ?…! Mais non t’es con : en fait y a pas trop d’différence à part un degré de conscience… le ripoux, i’ s’sert de son pouvoir pour lui, pour obtenir des avantages, moi j’essaye de défend’ un mond’… tu sais si tu veux viv’ quelque part, faut commencer par l’créer, c’est un peu comme tenir la porte à la jeune fille… enfin j’essayais, pasque depuis j’ai un peu changé. Au début… ça vient de l’époq’ où jme traînais dans les rues à dormir n’importe où, à pillav’ jusqu’à m’épaver, à bégo par triplette, la vache qu’est-ce que j’étais crâmé et pis jme suis dit, comme ça en lâchant mon garrot, enfin un peu après, jme suis dit tous ces anars de rue que jcôtoie c’est n’import’nawak, keupon c’est que le moyen l’ plus rapide de scroire lib’ pour arriver en tôle, ou plus con encore de scroir’ lib’ pasque t’as fait de la tôle, ça devient comme un rituel, un petit spectac’ qu’est pas en-dehors du tout, qu’est complètment social quand t’y réfléchis… jme suis dit qu’ la subversion, c’était travailler pour l’enn’mi, qsi tous les anars du mond’ dev’naient keufs commmoi, on parviendrait à fair’ dla loi queqchose qui serv’ l’humain, nous quoi, et pas l’ pouvoir, dev’nir punk en civil quoi…

- T’avais déjà rencontré Ev’ ?

- Ah non, Ev’ c’était plus tard, c’était après qu’i ssoit cogné avec les pompiers, quel bûcheron çuilà !

- Ah tiens c’est bizarre, c’est pas ce qu’il m’a dit.

- I’ t’a dit quoi ce gros enculé ?

- Haha, allez rien, continue…

- T’oublie qu’tu t’adresses à un flic mon pote, tu quitteras pas cette bagnole sans déglutir ta chique !

- Haha allez !

- Ouais, ben alors… j’en ai convaincu queq’zuns dme suiv’, il a pas fallu très longtemps pour qu’i’ changent de bord… en général par force d’adaptation, on n’a jamais qla moralité dson pouvoir, dson larfeuille, tout c’ qu’on raconte c’est jamais qu’une façon tordue djustifier ses choix, dprouver qu’on s’est pas planté, qu’on a bien raison, tout ça…

- Alors tu crois que c’est foutu ?

- Attends, j’ai changé chte dis, c’est l’ taf de kisdé, ça m’a fait dire…

zerba 2, zebra 2, un vol à main armé signalé rue de la butte aux cailles, répondez…

- qu’est-ce qu’on fait ?

(il sort un dé)

- … on s’en branl’ !, J’eur ai dit que j’partais fouiner vers les planques à Rico le bédouin. Ch’u pas là. Eteind le gyrophare et monte le son dla zik.

- Rico le bédouin ?

(à suivre)

paragraphe de confort visuel
Jeudi 19 octobre 2006

la balade de Greuk (2)

- … ouais, Rico lbédoin, ce vieux bâtard, il est rvenu, i fait la balançoire depuis l’Espagne pour ramner dla cramuche, mais c’est pas seulment, i maque à la grappe et pis dla salope mon pote, chais pas d’où qu’i les brasse mais t’as l’impression qu’elles sont estampillées agriculture biologique et commerce équitable, incroyable !
- … Déroule ! Il aurait trouvé un nid d’aristoputes ?
- Ça a tout l’air… Ouais pis tiens tant que jdéroule, jvais rouler aussi… ben tu vois dans la dernière écout’ téléphonique, on l’a entendu qui parlait dmercatique de la pute. Son plan ça consiste à réintroduire la pute dans le tissu prop de la société. En terme de produit la pute à l’avantage sur l’escort, c’est qu’elle véhicule l’esprit « bas-fond ». C’est un vieux fantasme mais qui fout la trouille à pas mal, alors i’ veut réinstaurer dla confiance. Pasqu’avec une escort, tu t’encanailles pas, i’ manq ce mélange obscur qui t’emmène dans un monde de déchéance. Son truc c’est attaquer le client-cible à la fois lplus riche et lplus faible : l’ado de bonne famille. I’ prend des putes fraîches, il les sème dans des cafés djeunes, elles glanent sur le mode amateur. C’estle concept de la lovepute. Comme ça, tout jeune, i prennent l’habitude des filles… des clients pour longtemps ça devient… hummmph… tiens… kof, kof, un peu comme Ikea avec les parcs à jeu pour les mômes…
- Vache et ça marche ?… hummph…
- Tu parles, les jeunes ça forme des réseaux dynamiques. A cet âge i’ vendraient leurs mères pour palucher dla chaudasse. Après ça change pas beaucoup d’ailleurs, en plus ça fait une aventure pas possib à raconter. Si ça spasse bien, ça spropage, i’ vont mêmfinir par préférer des lieux crades juspour l’ambiance… merci, hummmph
- … il pense pas que les nénettes vont réagir à cette concurrence déloyale en, je sais pas, en férant plus les mecs par jalousie, ou en introduisant par leur mépris une antivaleur sociale du bouffeur de lovepute ? Et puis… le mythe de l’amour quoi, ça va pas tomber comme ça.
- Au contraire, tu sais l’Eglise avait interdit le prêt à intérêt, pourtant elle l’utilisait…, hummph,
- C’est de Rico, ça aussi ?
- Salaud ! Ouais c’est dlui… le truc c’est que ça coexiste pour qla séparation s’aggrave… ça fera plus de culpabilité et ça c’est toujours rentab : plus lmec se fera rabrouer par sa copine, plus il sra tenté par la lovepute. Comme une nana peut pas admettre dfaire des concessions face à une pute, ça a l’air vissé. Le principe, c’est qles femmes deviennent plus difficiles, et l’important c’est pas qce soit vrai mais qu’on y croit.
- Ouais, mais y a l’amour, ça peut aussi bien engendrer un renforcement du mythe…
- Gentil romantique va ! C’est pour ça qla lovepute doit être mythique ! C’est pour ça qRico veut pêcher ses clients jeunes : avoir sa première aventure avec une nénette, c’est presque toujours se garantir du malheur et un souvenir marquant pour la vie. Avec une lovepute, c’est bonnard. Le suravantage, c’est que le jeune a toutes les chances de tomber amoureux de la lovepute, i’ sera marqué pour la vie pareil, il sera devenu client. (hummph)

à suivre

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Samedi 10 février 2007

la balade de Greuk (3)

- Haha, on a un docteur en Malboule ! ça me rappelle cette idée sur le retrait de l’amour que j’ai toujours pas finie.
–- Au fait, y a dla vodka sous ton siège, jte tiens le volant… et ça disait quoi ?
–- Rhââ vodka !… ça disait le passage vers une production technologique des sentiments, enfin un peu quoi, tu vois le genre de logique que j’affectionne…, mais poursuis, pour les jeunes, admettons, mais les autres ? Tiens…
- Cimer, tiens… ah fin de « de futura », on la met en boucle ?
- Merci… euh… ah non pas avec celle qui vient…
- hé, glogloglop
- Hummmph
« … do you have any special feelings ?… I feel like my heart is being eaten by crabs… »
- Alors ?
- Ben i’ suffit dse placer sur l’écart déjà creusé par les féministes et les poilaucouillistes
- les poilaucouillistes ?
- Les défenseurs de l’homme… l’évidence générée par leurs discours aux deux c’est qu’homme et femme sont pas faits pour scomprendre, comme toujours quand il y a des différends, ça fait de la place pour un intermédiaire, genre un psy, qui vient prendre le pouvoir entre les deux. Alors plus simp’, pas plus cher et plus sympa qu’un psy c’est encore la lovepute… pasque quand tu sors du psy t’as des soucis en plus, alors que quand tu sors d’une lovepute, t’as des envies en moins… tiens… une femme gentille et « abordable », quoi.
- Et pour les filles ?… ah merci, glogloglop…
- Mais on s’en fout des filles, là jte parle de Rico, les filles, elles ont des godes, la gouinouille et la mélancolie, tu crois pas que ça va bien !
- Hahaha ! c’est un philosophe, ce mec !… mieux, c’est un founosophe ! (hummmph)
- Ouais, et un bitopuncteur, tu comprends que jle surveille.
- Tiens ouais mais alors, et cte liberté de l’anarkeuf, tu disais que t’avais changé, tu voulais dire quoi ?
- Tu vas comprendre, baisse ton froc !
- Hahaha, ah c’était donc ça ?
- J’en étais sûr, Ev’ t’as bavé dans l’oreille, j’ui frais la peau. Mais c’est pas vrai c’qu’il t’a sorti, tu m’entends ?
- Bon, alors c’est quoi qu’est vrai ?
- Ben… euh, ah oui l’anarkeuf, jme suis rendu compte qu’ y avait comme un genre de contrat silencieux entre l’civil et l’flic. La loi, ça a beau être un interdit, c’est encore un lieu d’échange, à trois y a un jeu d’ bascule qui permet le « pas vu, pas pris », c’est en regardant ceux qui bédavent ou ceux qui baisent en public que tu t’en rends bien compte… tiens par exemple roule à gauche…
- haha
- qu’est-ce que tu ressens ?
- De la joie et de la connerie
- eh ben voilà… la voilà la liberté.

à suivre

paragraphe de confort visuel
Lundi 12 février 2007
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