cataraxie

cataraxie (1/4)

Sortir, sortir

les fenêtres s’écoulent vers l’arête des façades, poissonneuses et lippues saignant sous la mortaise, armés par la contrainte des murs mussent des griffes lacertiques et rampantes chuchotant dans les creux des exils mortuaires, j’ai résisté, je crois, à lécher l’huile des vitres, ma main n’a pas d’empreinte noircie par leurs élytres, battantes endormies gondolées sur l’empenne, le cinabre des arceaux dans l’encoche des verrières criblent sous l’endômêtre portant les lendemains dans un long goutte à goutte en civières de sueurs des larmiers fléchissant jètent des fils pointus dans la traîne des brisées où gonflent des rigoles aux cliquetis roulés, j’ai jeté mes opîmes de seiches au caniveau,

sortir

pire amide du sommeil crevant à la surface, le ciel trempé d’acier contracte ses tuyeaux des odeurs mécaniques frottent en moi leurs hélices, prédaptères pneumatiques chitineuses mauvaises comme des baudroies enflées clignotent leurs appâts dans l’air qui se retire, hérissé de sarisses réfracté dans les yeux l’oursin du ciel affûte ses lames coruscantes au coeur de mon cerveau, monte une peur phanique mordorée persistante, la plante des pieds me grimpe jusqu’aux fémurs, entre les batisses amarées à la croûte des trottoirs glissent les foules cafardes, quelque chose de pressant tend sa gueule sous mes pas,

paragraphe de confort visuel
Vendredi 19 janvier 2007

cataraxie (2/4)

vite

une histoire me revient fuyante sur les côtés des globes encrés de nuit tâchée d’éclavoussures, perdue dès l’origine dans la chute des piliers les signes nystagmus accroupis pour vomir pondent des oeufs violés au bord de l’eau cailleuse, l’enclos s’est envulvé de muqueuses polyptiques, la plante qui nidifiait à l’ombre sous les torts fleurit des sifflements touffus des gorges blanches, une pierre a germé dans le creux de ma nuque, je survis par le conte des bénéfices secondaires toujours rétrécissant à mesure que j’approche grandissent les téguments baillant sous la paupière, dans la chair désséchée la pellicule tremblante coule par plaques visqueuses s’entrelacent des micas écorchés sous l’écorce, où grouillent des émaux en grappes colorées, en lisant le passé par couches successives je ressens derrière moi la marée avenir recouvrant chaque pas de ses sables fossiles, c’est le ça-voir hontique catafractaire en charge me disperse la colonne jusqu’aux bleu des phalanges,

plus vite,

je ne trouve plus ma main ma poche était trouée, je sens que je perds pieds, la cheville se resserre des dalles en bascule font des bruits de portières, dans la graisse des vents jaunes qui goudronnent mes phanères repoussant tombent au sol en pétales racornis, la langue d’un goût amère durcit en chrysalide, toute une fourmilère me rampe dans le corps, je sens des fulgurances traversières et rongeantes claquer de l’omoplate jusqu’à l’auriculaire, creuser jusqu’au genoux l’acide d’un cratère.

paragraphe de confort visuel
Dimanche 28 janvier 2007

cataraxie (3/4)

Sol
serait-ce toi ?
sur la graine du béton la pulpe s’est irritée et les doigts s’effilochent
j’ai vu tomber mes yeux sur l’asphalte asphyxié,
le temps remue des bris de regards verts c’est la seconde fois
humectant sur la voûte pour percer l’oculus deux trompes qui s’ébrouent sur les côtes du crâne
la foudre lécheuse renifle les égoûts, repoussent des canines sur les bords temporaux,
si je mets ma main là,
si je mets ma main là,
le sphincter oculaire bavant sur le bitume agité intérieur comme un vers ténébral,
les phrases en cerceaux projètent des visages écalés et tordus sur la paume des briques,
échos du vide passé au tourniquet de la conscience, je ne suis aucun d’eux mais ils sont nés de moi
des mousses dans les rides,
des crevasses pour pupilles
si je mets mes mains là
la pensée se retrousse, desquamante intérieure de paroles écailleuses,
proliférant par division, chaque face aperçue prépare une légion,
méconnaissables intimes, provenant des limons où à perdre l’oreille je n’entends que des odeurs scindent des mots phytiques
ils ne sont aucun de moi mais je suis né d’eux
au coeur d’ombre de l’être, réfléchissant aveugle comme derrière le néant cent fois répété,
il n’y a personne
égosynthèse démultipliée des roseaux mimétiques serrés contre le vide, semant des spores aux ailes de paupières
le vertige de l’amour donne l’appel de l’abîme,
deux oeufs de vit-pères molles, sangsues inoculaires de la pullulation pour force de conviction
le mystère de l’amante est un lièvre de mer, l’amie hase conique, l’amie hase conique,
vide retourné fuyant son origine, la vie, la pensée, l’être, volant au précédent ce qu’il désigne pour sien
personne
mais la béance gravifique
du cerveau eumicide et la fente lucifuge
où soudain se déplie
une patte d’insecte tâtant l’air corrodé
ne plus bouger

paragraphe de confort visuel
Vendredi 16 février 2007

cataraxie (4/4)

salivent des rumeurs noctules
polymétalliques cognant sur les parois
pour sortir
ne plus bouger
allongé près d’une flaque où revient boire la bête
le bec pinçant les bulbes fouettés d’un cable chaud distendu sous la nuque, giclent comme des cloques, fièvreuses aphasiques,
la mâchoire syndesmophytique serrée au coeur d’essieu compressant par lancées des grincements de sève aux écailles de lierre, alvéole où la nymphe à l’image d’une poupée ressasse la vie d’un peuple parasite inconnu privé de nom et de mouvement
entre mes poings serrés retenant mes oreilles menaçant de rentrer sous l’os fendillé, des filaments cnidaires fécondant dans les limbes
les larves hâvides de la myiase cavitaire,
tout le corps habité d’aiguilles souples et vivantes, défaïence de l’égide sous l’enceinte pullulante, les éclisses rompues recrachent par aphélie l’être qui s’eclipse sous mon nombre étendu au creux de la virgule
si je serre mes doigts là, peut-être je peux,
certainement je peux
tout arracher d’un cri
le visage et son masque, et l’ombre qui m’aveugle le prendre, le tourner, le coller à l’envers,
et vomir du tympan
les rumeurs vocifèriennes,
briser l’os du coude, chaque main sur l’épaule fortement appuyée m’extraire du corps par le dos corrompu
un chien me renifle la cuisse
faire le mort

j’ai laissé mon corps au bout de la ruelle

libre

paragraphe de confort visuel
Mardi 1 janvier 2008
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