final provisoire

l’Antipoème Absolu

Je vais aujourd’hui faire devant vous la preuve éclatante de mon génie. Vous avez rudement bien fait de venir. Je n’imagine pas de manière plus modeste de vous annoncer la chose, que dis-je l’évènement, tant il brille d’un éclat unique, impensé et magistral.
Comme vous êtes sur Acides Foriques, vous êtes nécessairement fins, cultivés, beaux et resplendissants, je n’ai donc aucun doute sur l’étendue de vos connaissances sur l’art. Vous n’ignorez rien, bien évidemment, des jeux de recul qui furent les principes de toutes les écoles depuis la fin du XIXème jusqu’à « l’art abstrait », comme à la fois l’expression s’est intériorisée dans l’être, plongeant dans la recherche du moi primordial, comme à la fois elle s’est isolée dans l’oeuvre prise du voeux de mettre en lumière l’essence du système qui lui faisait racine. La littérature comme les autres domaines artistiques ne compte plus les tentatives, échouées la plupart du temps, de parvenir au texte absolu, celui qui pourrait dire encore tout, en faisant le franchissement du langage, du sujet, du thème, en somme de tout ce qui fait, fabrique cet art. Et pour quelle raison tous ces ratages, vraiment ? Mais parce qu’ils manquaient d’ambition bien sûr !
A cela, il suffisait (attention figure audacieuse) d’ajouter la suppression de l’auteur pour que tout devint limpide, jugez plutôt, voici l’Antipoème Absolu :

LA FELLATION DE NOS JOURS VIEUX SUCE fantasme masculin j ai des tremblements de la levres c est quoi doigt index JE VEUX TE LECHER amphetes face box rencontre suce-moi immaturité des hommes suce moi fantasmer sur inceste sensation de liquide dans crane deux taches blanches au fond de la gorge « te manger » fesses les palpitation du coeur est de combien pour une femmes ETRE PAPA tremblement de la levre inferieur metro attouchement si rien ne bouge je vais crever vouloir etre papa aimer cousine lointaine ferme dehore film x doigt poteau conte bouteille Le Bon, La Bête et Le Truand histoire pour se branler tache blanche au fond de la gorge porquoi les gens s’e plaignent tout le temps bible adam et eve pour la 6eme que je l’ai sentie la sagesse des anciens barre scintillantes serpent zèbre sensation du bebe qui bouge remonte a la surface allo bonjour tu pu du cul bain moussant CONTE DE RAVISSEUR ecrire son nom sur le sable dictons sur l’homme masculin je me mets des doigts dans le cul image : envie de t’embrasser extrait de enfermée dehor gyrophare et autres choses de la police fille allongée sur les rails la femme ne prend aucun plaisir SEXE LE MONDE « je pense donc je suis  » donc j’existe donc je suis heureux je dort et je réve toujour de meme inconu blog de l entre cuisses de femmes poilu comment l’amour est echue

Eh oui, il suffisait de savoir lire un compteur.

Nierez-vous qu’on ne peut déterminer d’auteur, donc d’intention, donc de thème, que l’écriture brise la syntaxe, le lexique, etc… ? C’est l’oeuvre parfaite puisqu’elle ne s’appuie plus sur rien pour exister. Nierez-vous aussi que pourtant on comprend bien quelque chose encore, que ce quelque chose est éminement poétique puisqu’il n’exprime pas moins que l’intériorité collective de l’homo webos ?
C’est vraiment sublime.
Et c’est moi que je vous donne tout ça, ah comme je suis beau !

Et contrairement à ce que vous croyez, non ce n’est pas facile, ni simpe : c’est unique. Car il n’est plus possible à présent de reproduire le miracle sans que la valeur du poème ne soit modifiée : quelle garantie ai-je en effet que vous ne tenterez pas (je vous connais) d’inscrire des entrées spécifiques pour infléchir la course du texte ? Je procèderai à un nouveau « relevé poétique » dans quelque temps, nous verrons alors ce que peut bien signifier un Antipoème semi-Absolu.

On dit beaucoup que l’art moderne c’est de la merde, évoquant par là l’inexpressivité de l’oeuvre, l’incompréhensibilité du concept, c’est-à-dire l’opacité, la fermeture de l’objet censé ouvrir au monde (la merde est l’objet le plus fermé du monde, quand on met les doigts, dedans c’est toujours de la merde) et l’on croit par là avoir tout résumé. Alors qu’en fait on vient d’introduire le sujet. Parce que si l’art moderne est de la merde (et souvent oui, et parfois même ce n’est plus une image), il signifie peut-être moins en tant qu’art mais il signifie toujours à l’intérieur d’une histoire de l’art. Ainsi comme il est toujours l’expression du monde à travers la conscience, il renseigne à la fois sur notre vision du monde et sur l’état de notre conscience. La merditude (ou merdigkeit pour les puristes), ne serait-ce pas la répétition du mal de vivre XIXèmiste vécue cette fois non dans l’âme mais dans le corps, siège glorifé de la personne moderne, corps opaque, corps-chose saisissable par ses secrétions, victime de l’angoisse pathologique biologico-psycho-médicale de notre époque ?

paragraphe de confort visuel
Mardi 12 décembre 2006

final provisoire- 2ème prise (1/)

- Au fond c’est pas plus mal, tant qu’il se passe rien ça fait toujours un désastre d’évité, rien c’est déjà le salut.
- Je vous l’avais dit.
- C’est vrai, faut plus qu’on bouge du tout, ça nous fera l’assurance qu’on est heureux comme il faut. Sauvés pour de bon.
- Si on attend assez longtemps, on saura qu’on a bien fait.
- On pourra continuer.
- Ça va être sublime.
- Ah j’ai hâte.
- Oh oui.
- Pourvu que tout soit bien long et parfaitement immobile.
- Rhâ
- Ah le salaud ! Ah mais non tu viens de tricher !
- Je t’assure que c’est long et parfaitement immobile.
- Humph !
- Ça y est lui aussi. Ah les brigands ! Ah les saboteurs !
- Mais bien sûr que non, pour atteindre le rien total, il faut s’y confondre. Pas seulement assister mais agir le lieu dans toute la nudité de son essence, sans quoi on risque de créer un événement par déviation.
- Quelle horreur.
- Ah évidemment vu comme ça.
- Quand on y pense, c’est du christianisme taoïste, c’est très fort : faire exactement ce qui doit être fait, dans le lieu qui convient, dans l’état d’esprit et tout, sauf que nous, on fait exactement que dalle dans l’espoir de bien y rester.
- Ok, convaincu, j’arrive.
- Ghnn
- Hrrr
- Ouf !
- Alors ?…
- Faut avouer, un néant collectif tout de même c’est impressionnant.
- Ça donne comme un battement plein d’une richesse sonore indescriptible, nulle et splendide. C’est beau comme un instant zen.
- Comme si on attendait la fin du monde mais sans fin du monde, parce qu’à la place, rien du tout.
- C’est vraiment super, en plus avec cette accoustique, ça fait comme une réverbe mystique
- Je crois qu’on touche un sommet.
- Faudrait pouvoir continuer toute la vie.
- Arrêtez je vais avoir des orgasmes.
« en raison d’un incident technique majeur, toutes les lignes sont actuellement bloquées. Ne vous éloignez pas de la bordure du quai. Signalez tout individu abandonné. »
- … putain…
- On l’entend même ici, la vache.
- Eh… si quelqu’un rentre, on lui répond pas hein. Déjà parce qu’on attend, ce serait de la trahison et puis ça peut être qu’un piège.
- Ouais comme ça, s’il demande « y a quelqu’un ? », on sera sûrs qu’il y a personne.
- Et si y a personne, c’est plus sûr.

 

décor : métro, chiottes masculins, cinq portes dont trois fermées, éclairage vascillant, gémissement de canalisations.

paragraphe de confort visuel
Jeudi 18 octobre 2007

final provisoire- 2ème prise (2/)

- Et les filles ?
- J’ai bien l’impression qu’elles sont dans la salle d’à côté.
- Tu crois qu’elles…
- ça m’étonnerait pas, c’est des cochonnes tout comme nous.
- Ou pire
- Pourtant on n’entend rien.
- C’est qu’elles travaillent aux soupirs.
- Ou au briquet.
- Oh ! Nan, j’y crois pas, les filles ça vit du soleil et de la rosée du matin.
- Nigaud.
- … deux salles comme ça, ça ressemble vraiment à une mise en scène non ?, t’es sûr de ce que t’as lu ?
- Catégorique. La plupart du temps c’est incompréhensible, y en a dans tous les sens, c’est écrit façon encéphalogramme, mais là y avait clairement « je n’ai jamais prévu une telle coupure ».
- Moi j’ai toujours pensé que c’était rien que du flan. Vous connaissez la feignasse comme moi, y a pas plus d’histoire que de mise en scène, y a juste l’illusion d’une histoire simplement pour qu’on le suppose et que tout se relie par coincidences.
- Quel escroc.
- Moi je pense quand même qu’y a une mise en scène.
- La seule manière de l’apprendre, c’est d’en faire l’expérience, mais franchement pour aller où ?
- Déjà qu’on sait même pas quand.
- A ma montre on est samedi 20 octobre.
- De quelle année ?
- Eh c’est pas possible, avant qu’on arrive, j’ai vu sur un écran qu’on était jeudi. Ça peut pas faire 48 heures qu’on est là quand même !
- Pfff, n’importe quoi.
- … non mais attendez, y en a un de vous qui se souvient d’avoir barboté le scénar, c’est une piste ça. On doit pouvoir retrouver qui c’est le héros.
- Sûr, si t’arrive à désigner lequel de nous deux.
- On sait plus comment on s’appelle, ni même qui parle depuis deux jours… entre « est-ce que je qui ? » et « quand est-ce que quoi ? », on doit pas être loin du sanitarium.
- Par exemple, la fille, Frimousse, tu sais qui c’est, toi ?
- Ben… putain, il a vraiment du ruiner les partitions pour réussir un bordel pareil.
- Ah Frimousse, quelle tornade au plumard !
- Quoi, tu l’as niquée ? Ah la salope, j’étais sûr qu’elle était infidèle.
- Hein ? Mais ! Mais !
- Toi aussi ? ah la chienne !
- Ah la cochonne !
- Ah la petite roulure !
- Ouais, nan, pis l’autre là… le héros
- Amokryte ?
- Ouais, non mais c’est un nom ça franchement ?
- Vla le travail.
- Si on arrive à retrouver qui c’est, tout ce qu’on aura gagné, c’est prouver qu’on n’existe même pas.
- Alors qu’on est là quand même, je voudrais pas faire de sales jeux de mots mais ça se sent non ?
- Je vais prendre une migraine.
- Ça veut dire qu’Amokryte, c’est un traître.
- L’enflure !
- La charogne !
- Si ça se trouve, c’est même lui qui fait Frimousse.
- Arrête, je flippe.
- En plus il est parmi nous, c’est obligatoire.
- Putain… ouais ben si c’est ça, on n’a qu’à tous se coller une chataîgne, comme ça il prendra forcément la mandale qu’il mérite.
- Bonne idée.
- Aïe !
- Ouch !
- Ouille !
- Y en a un qu’a truandé
- Pas grave, on le reconnaitra en sortant.
- Exact.
- Aho !
- Ouach !
- Urgh !
- On n’avance pas.
- Logique, c’est la coupure.
- Faudrait déterminer un sens pour aller quelque part.
- On pourrait aller voir les filles.
- C’est pas prudent, ça doit être ça qu’on attend de nous.
- Ouais, pis comment on va les reconnaître ?
- Ah merde, putain de mémoire !
- Tout ça parce que l’autre andouille, il a grillé son disque dur.
- Moi qu’étais persuadé que c’était juste de la fiction, cte farce.

paragraphe de confort visuel
Samedi 20 octobre 2007

final provisoire- 2ème prise (3/)

- Y a quelqu’un ?
- …
- …
- …
- Il est parti ?
- Ouais, c’est sûr maintenant, y a personne.
- Il m’a fait peur le con.
- C’était qui d’après vous ?
- Aucune idée…
- … vous avez pas entendu un bruit ?
- Eh arrête tu vas nous foutre la trouille.
- Nan mais franchement, un bruit de verrou.
- Ah possible, je dis, j’ai entendu un truc aussi
- Il nous aurait enfermé ?
- Ou alors, il est dans un chiotte aussi et il nous écoute !
- Arrête je te dis !
- C’est peut-être une meuf ?
- Nan, c’est un mec, une nana dans les chiottes des mecs, elle rentre pas au clairon.
- Putain, alors on est quatre ?
- Ben on peut toujours demander : y a quelqu’un ?
- …
- …
- …
- On dirait qu’il est parti.
- Mais qui a posé la question ?
- Oh non c’est pas vrai quel cauchemar, merde de merde de bordel de merde de putain de chiottes, même en période de coupure, on n’est même pas tranquille.
- Faut reprendre l’anti prière, je vois que ça.
- T’as raison… humph !
- Niurgh !
- …hhhh… les gars, j’y arrive plus !
- Merde, on est en train de perdre le néant, il va plus rien rester du tout.
- Déconne pas putain, c’est une question de survie, de santé mentale, d’équilibre du cosmos et tout, fais un effort.
- Ouais vas-y pousse !
- Je pousse, gnhnhn…
- Alors ?
- Ghnghnghnputainj’ai l’impression que je vais gicler du pu par le crâne, âârgh, rien !
- On va tous mourir.
- There’s no reason to bring religion into it. I think we ought to have as great a regard for religion as we can, so as to keep it out of as many things as possible…
- Quoi ? Qui a parlé ?
- C’est moi, panique pas.
- Mais qu’est-ce que t’as dit ?
- Je sais pas c’est un truc en anglais qu’est écrit sur la porte. J’y comprends rien.
- Quoi ? En anglais, il cause anglais Amokryte ?
- Ben…
- ça doit être du spam.
- C’est vrai, moi aussi, j’en ai plein la porte. Tiens écoute ça : I love children — especially when they cry, for then someone takes them away…
- Bizarre quand même, ça sent l’arnaque, les spams c’est pas plutôt des trucs genre médocs-boules et foirades quelconques ?
- Tu crois qu’en coupure, il aurait le vice d’écrire dans une autre langue ?
- Moi je lis un truc en français : « il est bon le rhum ? »
- Mais c’est pas du spam, ça putain, c’est du vrai, ça vient du monde réel.
- C’est pas vrai ? Rhô j’en avais jamais vu… mon dieu comme c’est beau.
- Ah l’enculé, on lui a offert du vrai rhum… que nous on boit jamais rien que des mots !
- Putain de salope, on est enfermé aux chiottes juste parce qu’il est ivre mort !
- Attends, tiens moi aussi j’ai un truc en français : « je suis passé, j’ai appelé, il n’y avait personne » signé Godot.
- Moi je dis qu’il y a une mise en scène.
- Hola ! Hola ! Mais qui vient de parler ?
- Ben c’est moi.
- Mais non pas toi, celui qui parle de Godot !
- Tu… tu crois que c’est le quatrième ?
- Ou alors y en a un de nous qui ment. Ou alors le quatrième c’est Godot et il se fout de notre gueule. Ou alors, c’est un autre et peut-être qu’il ment aussi.
- Ma tête ! Ma tête !
- Eh j’en ai trouvé un autre : « Amokryte’s not dead »
- C’est du spam ?

paragraphe de confort visuel
Jeudi 25 octobre 2007

final provisoire- 2ème prise (4/)

- Je crois pas, ça lui ferait trop d’honneur
- Le spam c’est honorifique ?
- Ben j’admets que c’est un peu curieux parce que le spam c’est de la merde, mais d’un autre côté, c’est déjà un certain ordre de référence, non ?
- Peut-être qu’il est assez taré pour se spammer tout seul…
- Bon mais alors ça signifie qu’Amokryte est déjà passé là avant.
- Ce serait aucun de nous ?
- Ou c’est la deuxième fois qu’on se retrouve là et on s’en souvient plus.
- Oh pitié !
- Pas bien sûr, les souvenirs, on les a, c’est la mémoire qu’on a paumée. Et moi, ça me dit trop rien ce chiotte…
- T’étais peut-être assis à ma place la fois d’avant…
- Ah ouais merde
- et que c’était moi du coup qui disais « ah ouais merde »
- ah ouais merde
- oh non, on s’en sortira jamais !
- Mais, putain, alors je récite là ?
- Euh, recommence pour voir, ça me dit quelque chose.
- Mais, putain, alors je récite là ?
- Ah ouais là tu récites, c’est sûr.
- Eh sauf que, attendez, sauf que si toi t’étais à la place de l’autre, moi j’étais à la place de qui ? J’étais à la place de moi non ? Donc moi je suis moi, c’est logique.
- T’as oublié le quatrième…
- Ah ouais merde.
- Ah non fais pas comme nous ! On va plus s’y retrouver
- Ah ouais me… trop tard désolé.
- Putain !
- Putain.
- Putain…
- Bon on est revenu exactement au point de départ là.
- Quel point de départ ?
- Bordel mais ça va durer combien de temps ! C’est pas possible une situation pareille !
- On devrait jamais confier des personnages à un mec comme lui.
- Même d’ailleurs des mecs comme lui ça devrait pas exister.
- Ben ouais, ben justement, Amokryte, il existe pas.
- je… je crois que je vais me mettre à chialer.
- Non fais pas ça, pas maintenant. C’est pas le bon moment.
- Pourquoi ?
- Me rappelle pas, mais il me semble que quand j’étais à ta place, c’est ça que j’ai fait et tu vois où ça mène.
- C’est vrai si on continue à faire n’importe quoi, alors c’est sûr on peut que réussir, mais réussir juste à faire n’importe quoi. On s’en sortira jamais.
- Bon mais quand alors ?
- Quand il faudra, ça peut être que dramatique.
- J’étais sûr qu’il y avait une mise en scène.
- Ah… ça veut dire qu’on est pleine répétition alors…
- Que tout ça on l’a déjà dit.
- Qu’on sait bien qu’on peut pas avoir confiance, et même, avoir pas confiance, on peut pas avoir confiance non plus.
- Reste plus qu’à faire semblant.
- Pour voir si ça aurait du sens quand même.
- Par hasard…
- Par erreur…
- Par don…
- De quoi ?
- De rien.
- Y a pas de quoi.
- Merci.
- Je t’en prie c’est tout naturel.
- Ça fait plaisir, c’est pas souvent.
- Et puis c’est gentil.
- Mais oui, moi aussi je t’aime.
- C’est vrai ? C’est vrai ?
- Je sais pas, à ma place t’aurais dit quoi ?
- Non j’aurais dit oui.
- Quoi, oui ?
- Ben…. oui, quoi.
- et à ma place tu m’aurais cru ?

paragraphe de confort visuel
Lundi 29 octobre 2007

final provisoire- 2ème prise (5/)

- non mais j’aurais fait semblant.
- Salaud, tu fais exprès pour que je sois plus sûr de rien, je te croirais plus jamais !
- Eh allez, je déconne.
- Tu mens
- c’est vrai
- Tu mens encore
- Tu crois ou t’es sûr ?
- oh les gars ! Oh ! c’est fini oui ?
- Nan mais nan mais c’est l’autre, il fait rien que faire exprès pour me rendre malheureux
- Ben ouais, moi j’attends que tu chiales, faut bien qu’on essaie d’avancer un peu, merde.
- Mais pourquoi moi d’abord ?
- Tant que c’est toi c’est déjà pas moi.
- Rusé.
- Ouais eh, eh! et pourquoi ce serait pas l’autre hein ? Là comme ça, ça ferait une péripétie, alors si y faut du dramatique, moi je dis c’est plus pour sa gueule.
- Ah ça se tient.
- Et ben vas-y sors la ta péripétie, ducon, on va bien voir si t’arrive à me faire monter les larmes.
- Euh, tu veux que je te raconte comment je la fais hurler Frimousse ?
- Eh non, là t’es dégueulasse. Y des limites, hein, moi je l’aime. Et puis d’abord c’est pas une péripétie..
- Mais si, dis lui toi, on le tient, on est au bord du pic dramatique.
- Ah moi je peux rien dire, quand on me lèche la rondelle, je deviens sourd.
- Eh non, les mecs, on avait dit qu’on arrêtait de raconter n’importe quoi
- Ah mais t’es sur Acides Foriques, mon pote, ça peut arriver.
- Justement, je te rappelle qu’on essaie de sortir.
- Ah c’est vrai.
- On a merdé. On est bien trois trous du cul.
- Bon, on va se préparer, on trouvera une raison plus tard. Fais voir comment tu chiales, parce que le moment venu faudra pas rater.
- Euh, bouhouhou ?
- C’est nul, on n’y croit pas du tout. Et toi
- Ouin…
- Oh putain c’est encore pire, faites un effort, bordel.
- Et toi eh ! Tu crois que tu vas nous embourber, on t’a pas entendu !
- Mais moi j’ai déjà chialé la dernière, on va pas tout recommencer.
- Ouais, ben prouve-le, ça faisait comment ?
- Snîîîrf- prôôôn meuheuheueh… à peu près.
- Tu chiales comme une vache ?
- Ben…
- C’est pour ça que ça a merdé, ah le tocard.
- Ouais ben j’attends de t’y voir.
- Mais pourquoi t’as pleuré, si tu te souviens, ça pourrait aider.
- C’est trop personnel, je veux pas en parler.
- On s’en sortira pas.
- Mais nan y a qu’à attendre. Y peut pas nous laisser continuellement dans les chiottes, ça va finir par lasser, va ben falloir qu’il se remette à écrire d’autres trucs, juste à cause des lecteurs.
- Merde c’est vrai les lecteurs.
- Putain, putain, j’avais oublié ; on nous regarde !
- La vache même que peut-être, y a des filles.
- La flippe.
- Et tout ce qu’elles voient c’est nos guiboles poilues avec un froc plié sur les talons.
- Ah non rien à faire, moi je sors pas.
- Faut attendre qu’il ponde un autre texte l’autre andouille, on profitera de l’ellipse pour se tirer en douce.
- Putain, lumineux mec !

paragraphe de confort visuel
Dimanche 4 novembre 2007
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