angulaire

moebienne psyché

si je me fais esclave de moi-même,

est-ce que je deviens davantage maître de moi

si je me fais le bourreau de moi-même

est-ce que je m’incite plus à m’évader

si j’en viens à m’aimer

lequel des deux capitule ?

si je me fais esclave de moi-même

est-ce que …

paragraphe de confort visuel
Mardi 23 janvier 2007

angulaire sentimentale (suite)

Tu t’assois. « S’il vous plaît, accordez-moi un instant, je voudrais vous avertir de quelque chose d’important concernant la personne qui vient de vous quitter ». Tu constates l’étonnement et la méfiance de mon expression. Immédiatement tu t’expliques, tu connais cette personne, elle est dangereuse. Pour dissiper mon hostilité, tu m’avoues que tu as vécu la même chose, si tu viens me parler ce n’est pas par esprit de vengeance mais par volonté de préservation ; l’envie, le besoin que cela ne se reproduise pas sur quelqu’un d’autre. Parce que la douleur est dévastatrice, parce que… tu hésites, tu baisses les yeux pour réfléchir, j’attends, j’hésite aussi. J’ai de l’empathie, dis-tu, avec vous, j’ai observé votre discussion avec… l’autre…, j’étais là juste à côté à la table derrière, j’ai reconnu votre… et puis à vous voir, j’ai eu de l’émotion. Alors c’est pour ça que je suis là. Quelque chose me touche dans ta sincérité. Je t’écoute encore, c’est si facile que c’en est troublant, il y a beaucoup de douceur et d’emprise dans ta voix. Je crois aussi qu’il y a du désir. Tu sembles ressentir que ma confiance s’offre doucement à toi, tu t’ouvres davantage, nous commençons à nous parler. Avec beaucoup de prudence, de délicatesse, tu me révèles ce que doit faire l’autre en ce moment. Tu ajoutes ta désolation d’apporter des nouvelles aussi noires et d’autant plus qu’après cela je ne pourrai jamais te croire honnête si tu m’avoues que ma compagnie te plait, et ma compagnie te plaît, dis-tu. Je m’en rends compte, la tienne aussi mais je le cache. Ce n’était pas donné d’avance, ce n’était pas voulu, tu sens bien qu’il est étrange que les choses tournent ainsi, mais c’est là. Tu me regardes et tes yeux brillent. J’ai du mal à comprendre ce qui m’arrive avec toi. C’est tellement soudain. Mais je ressens que j’ai envie de rester. Le garçon nous apporte deux apéritifs que je n’ai jamais demandé. Mais il s’est trompé, le cassis c’est pour toi, la mûre pour moi. Nous échangeons. Les verres nous offrent une contenance. Le trouble se love autour de nous comme un nid, nous trinquons, doucement. Et ta voix chante des choses délicieuses. Je voudrais rester, mais quelque chose en moi me dicte de partir. Je dois aller voir ce qu’il en est vraiment. Tu comprends. Pour que je ne t’oublie pas, tu m’offres un petit triangle de magicien enfermé dans un cercle d’argent, il t’a toujours porté chance, mais maintenant ma chance, c’est toi.

Je te promets de revenir.

paragraphe de confort visuel
Mercredi 22 août 2007

angulaire du crime (1)

Fuir ce regard qui m’épie. Je sais que l’on m’a vu, mais je n’ai pas regardé le cadavre. Enfin je crois, je ne me souviens plus vraiment. Ce n’est pas comme si c’était autre chose, là ce serait différent, car au contraire non c’est pareil, c’est n’importe quoi. Il faut quitter les mythologies. Je n’écrirai plus par inspiration. Par expiration seulement. Partir du cadavre. Ne plus y revenir. Non plus écrire pour comprendre pourquoi on écrit, toujours la fosse, mais écrire pour cesser d’écrire. Ecrire pour fermer sa gueule. Ça fait quand même plus digne. Il n’y a pas de lecteur idéal, les idéaux sentent la mort. Il n’y a pas d’interprétation sacrée d’un regard de l’autre imaginaire qui rejouerait « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn ». La question doit être renversée, de quel crime les écrivains se croient-ils à ce point témoin pour faire autant métier de balance. Je n’ai pas vu de cadavre. Je ne me souviens pas. Je n’écrirai plus que pour fuir l’écriture. A tous les coups, ils font métier de balance pour faire croire qu’il y a bien eu crime, pour emmener un lecteur, comme témoin. Ils le font passer par toutes les coulisses afin de le perdre et de l’amuser avant de le faire parvenir à l’endroit du crime. Et là ils le trucident. Faisant la preuve de la vérité de leur récit (des malades !), et cherchant toujours plus salement dans la mort du lecteur, la vérité du lecteur idéal (des malades !). Mais c’est encore trop peu dire.

Car pour être assurés que nul n’en réchappe, ils confient toujours à celui qui sait la voix du coupable. Moi je n’ai rien fait, je veux juste partir. Vous êtes idéal si vous voulez, je m’en fous, je ne le divulguerai pas. Tout est faux.

paragraphe de confort visuel
Dimanche 3 août 2008
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