morsure
Ton sourire s’étire
La tendresse de tes lèvres s’allonge comme une promesse
Se retrousse lentement sur l’intime écrin du jambage adamantin,
Qui laisse deviner le galbe sensible des gencives
Qui dit, qui interdit la douceur du palais
Qu’une féroce langueur m’attache à convoiter
Fixité des pupilles, afflux de salive, grondement
ton sourire
ton sourire éclate en moi
des fureurs sanguinaires
Je retiens, je retiens
L’envie de me jeter dessus
Pour le mordre
Pour te mâcher les dents
Pour t’arracher la mâchoire
Pour apprivoiser l’animalicieux détenteur du délice,
Pour dompter l’animaléfique pourvoyeur de supplice
Tu souris
Te manger assez pour être dévoré
Le fouet délicat et sonore de ta voix de manteuse
Tourne et me tient sous tes arrêts prophéliques
J’ai faim
Tu feins
Me lance des cerceaux enflammés de rires
Que je franchis avec des ires grandissant
de vengeance fièvrine
A l’affût de ta moindre faiblesse
Tu souris
Eromancienne insaisissable,
tes sourires sont cruels comme des faux brûlantes
tes sourires sont mordants comme des pièges à vif
l’empreinte de tes crocs est un fantôme tremblant
croissant comme la Lune, noir comme le tourment
et de tourner encor vers toi des yeux ardents
fait de moi une bête affolée par le sang



