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gnanfibologie

Aujourd’hui, je suis un gnanfé.
avachi, bullebaveux, plus coulé qu’un gouffron, blanc comme un globule
J’imagine que pour beaucoup la déclaration se passe naturellement de motivation, que même c’est bien plutôt le contraire qui serait digne de suspitude. Je suis bien d’accord. Mais voilà devenir un grand suspiteux, c’est toute mon ambition (il faut des objectifs dans la vie).C’est pour ça, je précise que même ainsi je suis mieux que vous (on a ses petites prétentions, voyez-vous) : car qui oserait me faire défi sur la mine, tandis que par dessus mon froc et mon pull à col roulé, j’ai encore une écharpe, un peignoir et une chapka ? tandis que pris de frissons alors que j’ai trop chaud, j’accède au pouvoir humide de projeter partout des flocons de morve et de m’offrir un petit parfum de Noël en fin d’avril ?
La fièvre est une bonne défonce (mais il ne faut pas en abuser, elle fait partie des drogues mortelles).

Alors pourquoi agglutiner amphibologie à gnanfé ? parce j’ai le sentiment que je suis en train de fomenter un truc, mais je suis incapable de savoir quoi.

En attendant, et pour passer agréablement ce dimanche, ici pluvieux, je vais vous narrer l’une de mes nuits (vous pouvez remonter vos culottes, ce n’est pas sexuel).

Je cours sur une sente dans les bois. Bientôt je ne suis plus seul, des coureurs me dépassent. Ils ont des tenues et des morphologies très particulières. Je cours pour retrouver quelqu’un, une femme je crois, mais je ne suis plus très sûr. J’ignore si ce marathon est une coïncidence ou une concurrence, dans le doute j’accélère. Le souffle commence à me manquer, je tente un raccourcis, je me perds. Je cours encore, la ténacité m’est chevillée au corps. Pour palier la fatigue de mes jambes, mes bras poussent et s’allongent jusqu’au sol. Bientôt je cours debout mais à quatre pattes m’appuyant sur le dos des mains. Je rencontre une paysanne qui m’incite à prendre du repos, je ne suis pas très loin de l’endroit que je recherche. Une chèvre de la taille d’un buffle se rapproche. Elle invective la paysanne, qui râle mais accepte de la traire. La spectacle devient très vite obscène, puis horrifique. Je dégage.
Je reprends ma course. Le ciel a changé. C’est maintenant une magnifique enveloppe de glace qui passe au dessus de la Terre, offrant d’incomparables jeux de lumière. Des stalactites suspendues dérivent dans les hauteurs, mouillant l’air par leur goutte à goutte d’une bruine aux odeurs de montagnes.
Je rencontre des gens qui poursuivent la même quête que moi. Nous partirons en bateau et nous nous perdrons en mer.

Réveil

Je suis dans un estaminet de province. A la sortie, je clame un au revoir à une blonde sur un vélo avec laquelle j’ai discuté quelques temps avant. Elle fait demi tour, se rapproche et me propose sa compagnie pour le séjour que j’ai prévu de faire dans une maisonnette isolée. Nous discutons gentiment. Elle change. Bientôt, elle me dit qu’elle est vietnamienne, mais son visage me rappelle beaucoup plus les gens de Madagascar. Des motifs violets et verts couvrent son visage. Sa bouche s’est tellement élargie, je plonge les deux mains dedans. Elle continue de parler.

Je suis dans une boucherie italienne quelque part dans les Pyrénées. Deux types m’accompagnent, l’un s’appelle Mathieu. Il y a une queue. Les vendeuses se plaignent du manque de touristes. Je ne sais plus ce que je dois acheter, du fromage peut-être. Mais je vois au fond de la boutique tout un rayonnage de chaussures. J’interroge la vendeuse, elle me donne une adresse avec un code . Les deux types qui m’accompagnent déclenchent pour une raison qui m’échappe (vendetta ?) un massacre à coups de fourches.

Réveil

Veillée mortuaire. Tout le monde discute à table, je m’ennuie. En passant la main sous ma gorge, je découvre un trou. Je glisse la main l’intérieur, puis l’autre, j’attrape l’arrête osseuse de ma mandibule. Je tire. Je me retrouve avec mon crâne dans les mains, je suis fasciné. Puis je me rends compte que je suis incapable de le remettre en place.

Je suis à l’intérieur de ma mâchoire. J’observe mes dents. Je constate qu’elles sont toutes creusée de galeries avec des vers dedans. Au bout d’un moment, je m’enfonce dans une galerie.

Moi j’aime assez.
(bon je ne sais plus si je mens, mais je crois bien que j’en ai inventé deux).

paragraphe de confort visuel
Dimanche 30 avril 2006

Orphée aux amphètes

La première fois que je l’ai rencontrée, c’était le jour de son enterrement. J’avais à peu près rien à foutre là, parmi tous ces gens inertes, c’était Greuk qui m’avait fait passer (les flics ça palpe sur les décès), parce que c’était plus simple pour après, y avait ce damné concert c’est p-ppour ça j’avais pris un peu, mais parti comme là, le plan avait dédalé à l’entrée, le genre qu’on s’embarque à peine, il est trop tard, on arrive, c’est déjà ailleurs. Alors j’étais là.

Ils bougeaient tellement peu, ces griseux de la famille qu’ils me filaient l’impression de se déplacer en glissant. Ces faces cireuses qu’ils allongeaient, exactement comme à la poste. Ils étaient tous en train de crever d’ennui, mortifiés de l’intensité de leur agonie sans douleur.

- Amène-toi, je vais te présenter.

- Euh, t-t-t’es sûr ?

- Lucien Hormois, voilà Amokryte, un ami… Amokryte, Lucien Hormois, le père de M.

- B-bb-bonjour, et con- et condo-doléances.

- Oui-oui, merci. Bon, nous allons commencer l‘incinération, vous êtes prêts ?

- Une incici, une incici…

- Vous avez compris.

- Je vais aller voir le corps une dernière fois, tu viens Amok’.

- nération ? … oui.

- Ne tardez pas, je crois qu’il y en a d’autres qui attendent.

J’ai suivi mon guide. Il m’apprit que M s’était suicidée en plongeant d’une tour. Il la connaissait pas trop mais il l’admirait un peu, tout ce qu’on lui reprochait : vagabondage, brigandage, contrefaçon, des histoires pas possibles, elle avait l’âme barbelée, même allongée dans sa cellule, elle laissait pas tranquille, une fille tellement dégoupillée qu’il avait fallu qu’elle se jète. Les thanatopracteurs l’avaient rembouillée. Ressemblante, il disait, mais ils lui avaient tiré ce grimaçant sourire serein, ça là, un visage qu’il lui avait jamais connu. Je l’ai regardée.

Courant avec les pieds dans les mains et les mains sur la tête, c-c-courant, putain mais si vite, mais qu-ququ’est-ce qu’il m’arrive ?, passant la rue de S***, jusqu’à s’enfoncer au fond de cette ruelle démolie avec d’anciens box effondrés qui font cavernes de gravats, allant très près vers le bord de l’eau, j-jj-je la dépose doucement. Elle est si légère. Je l’observe en reprenant mon souffle. Je lui caresse le visage. Pourquoi, je me demande, m-mais-les mais-les gestes viennent d’eux-mêmes. Je la serre contre moi. Réveille-toi, rév-réveille-toi. Le cœur battant mais ce n’est plus la fatigue. La berçant doucement… je sais, tu es ttombée… mais j’ai une amie qui est ttombée aussi… sur les pieds… eh b-bien, juste elle a des béquilles… toi t’es ttombée sur la tête… mais c’est pas g-gg-grave… on te fera une béquille pour la tête… p-parce que si tu te réveilles ppas… moi il me faudra une béquille pour le c- pour le c- le cœur, et ça , ça existe pas…

Elle ne bouge pas. Elle ne bouge pas. Je cherche, mais rien, je cherche, j’en perds la raison.
Je trouve, rien ne m’empêche de penser que si moi je ferme les yeux, elle, elle les ouvre.
Je sors mon couteau.
Clos, maintenant.
La serrant plus fort. Tu vois, on est bien tous les deux… on a juste besoin de rien… et tu sais… je te demande pas plus, seulement d’être toi, d’être toi toute entière… si on y regarde, c’est tout simple, il suffit de se laisser aller, comme ça oui, tu vois, c’est possible ; tu vois bien, tu vois.

Greuk m’a dit qu’on les avait jamais retrouvé.

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Mercredi 26 avril 2006

carré logique de la haine

Enfilons nos blouses et passons au labo pour une courte expérience.
Alors, nous y voilà. Pour vous exposer simplement cette expérience, j’utilise deux individus extraits de la race humaine. Deux individus parfaitement représentatifs de leurs congénères, autant dire deux bons idiots, dont, si vous permettez, je serais le premier, et vous le second.

L’expérience débute fort habituellement par un lâché des sujets dans un environnement choisi :
Etape 1 : promenons-nous dans les bois.
Au bout d’un temps, court car nous avons circonscrit la scène, les deux individus se rencontrent :
Etape 2 : mais, mais, mais c’est qui lui ?
Nos deux humains sont face à face, comment vont-ils réagir ?
A priori, ils ont le choix mais aussi un cortex, cela signifie qu’ils anticipent. S’ils anticipent, c’est pour augmenter leurs chances de sauvegarde. L’éventail d’attitudes possibles est contenu entre sympathie et antipathie (version racine du couple amour/haine), qu’en est-il ?

Ecoutons le sujet n°1 : « bon, y a un autre, je peux essayer de l’aimer, et sûr c’est mieux, plus durable, plus porteur… oui mais, si lui décide de me haïr, alors j’avance, j’ouvre les bras et je prends une mornifle, pas bon ça… tandis que si je le hais d’emblée, soit il m’aime et j’ai l’avantage, soit il me hait, on reste à égalité. La haine, c’est plus sûr pour nous deux. »

Attrapons le sujet, isolons le et donnons lui du pentothal :
« aïe… ah…aâââh… Serait-ce l’existence de ce calcul qui m’enchaîne à une micro-hostilité par défaut, toujours présente mais jamais déclarée, celle qui m’anime dès que dans mon paysage, je vois un autre dont l’action m’est non pas étrange mais incompréhensible, un autre dont je me dis spontanément « mais c’est qui ce taré ? », parce que tout ce que je ne comprends pas, je l’interprète spontanément comme un danger et je le condamne… est-ce pour ça que je dis parfois « ah lala, les nénettes ! »… ou souvent « mais que je suis con alors ! » ?

Bon, le sujet n°1 paraît hors d’usage, passons donc au suivant

Sujet n°2 : « j’ai trouvé des fraises des bois, glop, slurp, c’est bon les fraises des bois, pourquoi il est parti en courant, l’autre ? »

Vous le faites tout à fait exprès n’est-ce pas ? Juste pour tout faire foirer, ah vraiment !
Mais comment vous voulez que je conclue là ? (et d’abord je courais pas).
Quoi ? Certainement pas.
Non plus.
Non. Je dis que le sujet n°2, il cause comme un nain bleu à bonnet blanc. Voilà.
Déloyal ?, c’est possible, mais ça signifie quand même que l’un d’entre vous, ou l’une, porte en ce moment même une culotte rouge .

C’est une découverte qui valait bien un billet.

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Dimanche 23 avril 2006

bab el web (la légende de l’Amokryde)

Ainsi je pris ma main gauche et je me mis en chemin.

Quelle étrange émotion avait soudain envahi mon sang pourtant si bien gâté par l’extrémité racornie de la branche généalogique où je pendouillais, pourtant si bien coupé par tout ce que je jugeais bon de lui adjoindre, vraiment je ne manquais pas de la certitude que jamais, jamais le ciel en ses tocades fatidiques n’allongerait jusqu’à moi son doigt funeste.

Seulement l’émotion était bien là, elle animait mes humeurs d’une vigueur altérine qu’aucune de mes médecines n’avait pu amadouer. Le tremblement qui agitait mon pas n’était pas un signe moindre des conséquences irrémédiables de cette noire péripétie qui m’avait en une seule passe saisie de mon siège et jeté hors de chez moi. Car tout était là.

Sorti par colère de n’avoir rien pu inscrire, je me tournai pour frapper la porte et vis qu’elle avait disparu ; basculé un moment en stupeur, je ne me relevai pas sans être écrasé derechef , et de manière fort peu courtoise, par le sens de la quête qui venait de m’échoir. Elle tenait en une formule d’une étonnante simplicité sans qu’aucune réponse sensée put cependant lui être rétorquée : « où trouverais-je un chez-moi ? » me répétais-je sans cesse au point que c’en devenait un paradoxe, je n’en sortais plus « où trouverais-je un chez-moi ? »

En créature marginicole, j’avais projeté un peu rapidement qu’il suffirait de voyager jusqu’à l’agence de coursiers la plus proche, d’en mander une dizaine pour les envoyer promptement à la traque des précieux renseignements. Comme il est propre aux serviteurs de la race des google, ils s’en étaient tous revenus fort tôt, mais porteur chacun d’un secret différent.

Il fallut en dépêcher de nombreux autres. Il fallut s’embarquer vers de bifurquantes destinations, en lesquelles j’avais traduit de sources palimpsesteuses qu’on y avait enfermé une partie de l’énigme. Après de longues consultations dans des lieux des plus insolites que j’hésite encore à nommer bibliothèques, j’avais déjà acquis la conviction que ce monde est beaucoup plus vaste que ce que j’en avais imaginé. Mais ce que je goûtais moins, c’est qu’il allait falloir aussi que j’allasse jusqu’à ce beaucoup plus loin.
(à suivre)

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Mardi 18 avril 2006

idolâtrie

On voyage dans une grosse voiture. Ça sent bon le cuir, c’est grand. Je suis à l’avant, il est à côté de moi, juste là, j’en palpite. Il conduit. Vite. Il passe plein de feux rouges et ça j’adore. Je sais que je vais passer une soirée exceptionnelle. C’est une soirée que j’attends depuis si longtemps. Avant même qu’on se soit présenté, je lui avait dit que c’était lui que j’avais choisi. Ça l’avait ému, il s’en était vanté à d’autres devant moi. J’en étais rouge de joie et de confusion . J’aime son odeur, son visage, le timbre de sa voix et la manière dont il me parle, l’ensorcellement de son attention qui me rend la personne la plus précieuse du monde. Il me parle toujours comme si j’avais tellement d’intelligence et d’importance. Il a cette façon charmante de me reprocher mes idioties, comme si c’était des paresses de ma part, comme si j’avais manqué à l’excellence de ma nature, et comme souvent je le satisfais, j’y crois. Nous roulons longtemps, c’est un voyage dont je ne voudrais pas voir la fin, mais bien sûr nous arrivons.

L’endroit est très grand, très beau, il dépasse ce que je peux couvrir du regard. Il y a partout des détails adorables et majestueux. Les lumières sont flamboyantes. C’est là que nous allons manger, c’est là que nous allons dormir. Et nous mangeons, parmi plein de personnes qui semblent très sérieuses et très chics. C’est très impressionnant, mais sa présence m’est un rempart contre le monde entier. Il suffit que je le sente pour sourire, pour dire toutes ces bêtises qui lui dévorent le visage d’un joyeux attendrissement, qui plissent ses yeux d’une complicité délicieuse. Le repas est d’une grande finesse, il a soin de m’en expliquer tous les secrets, il me parle aussi, comme toujours, mais là… Là, c’est encore mieux, de toutes les choses du monde qu’il sait si bien ouvrir à mon esprit, et surtout de musique, de musique, de musique…

Le repas se termine, il m’emmène dans notre chambre. Elle est vaste avec un grand lit. Je suis un peu ivre. Il m’incite à me coucher paisiblement pendant qu’il arrange nos affaires. Je me dévêts et m’allonge entre les draps goûtant une langueur bienheureuse. Mes yeux papillonnent entre le plaisir et le sommeil que me susurre l’alcool, mais je lutte. Il reparaît bientôt, il est nu, il est beau, c’est la première fois que je vois un homme. Il entre dans le lit, il me sourit. Il me parle à voix grave, j’ai le coeur qui bat, puis il ajoute :  » serre-toi contre moi, Lolito, ça me donnera l’impression d’être déjà papa ».

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Vendredi 14 avril 2006

on ferme ! (ding ! ding ! ding !)

Allez, Mesdames, Messieurs, on finit son verre, s’il vous plait. C’est l’heure, eh oui, eh non ,je peux pas rester ouvert tout le temps c’est la mairie, qu’elle a dit ça, … eh oui, moi sinon, tu penses… ah non pas de petit dernier pour la route, je peux pas, je suis désolé…

Shrrrrrrrrrrrrrr….

Rideau.

vide

vide

Quoi ? Vous êtes encore là ?… Ah vous exagérez… bon… bon, alors on passe à la cave, ce sera plus discret.

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Lundi 10 avril 2006

ne sais quand reviendrai

Tout d’abord, soyons honnête, je…

… ah j’ai du mal, mais il le faut, je… …, ah c’est pas vrai ça !, gnnn

gnnkkBlogspot-a-fini-son-enquête-je-ne-suis-pas-un-blog-indésirable… voila

Bien sûr je le prends très mal…, il n’y a pas pire injure, les salauds !

Ah, hein !… mais qu’est-ce qu’il faut que j’écrive foutredieu ?

Alors, ce n’est pas la raison maîtresse qui motive ma décision, néanmoins elle y contribue : ce site est en voie de fermeture, je ne parviens pas à résoudre mon problème de publication, je vais donc m’installer ailleurs.

Pour cela, il faut cependant être capable de lire et même d’écrire dans des langages abscons et terrifiants, au sein desquels je vous jure que j’ai reconnu l’empreinte du mal absolu. J’aurais aimé passer une vie entière sans avoir à affronter cela, parvenir jusqu’à la vieillesse, pouvoir assurer à mes petits enfants que non jamais notre famille n’y avait touché, qu’il n’y avait rien à craindre, nous serions toujours à l’abri

Hélas, il faut que je me mobilise.

Je n’ai qu’un seul atout, je sais qu’il va me falloir l’utiliser très judicieusement, il n’y aura pas de seconde chance : dans toutes mes recherches, je n’ai trouvé nulle part de « HTML pour les gauchers », il ne s’attend sûrement pas à ce que je le prenne de ce côté… (chuchotement) « ils » devrais-je dire, car c’est une hydre et ses avatars maudits ont noms: Céhèssesse, Péachepé, Registrâââr.

Vous imaginez si j’ai peur. Mais il faut.

J’en découvre que l’on trouve le courage tout au bout de la lâcheté, un peu comme la main à l’extrémité du bras, ce qui est finalement logique car si nous avions la main sortie de l’épaule, on se demanderait assez de quoi sert ce long moignon articulé (vous comprenez, on ne fait pas plus lâche que sans main)

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Samedi 8 avril 2006

furoncle

quel joli mot !
(je vous remercie de votre attention, c’est tout pour aujourd’hui)



en fait je n’aurais pas détesté publier quelque chose, mais à Blogspot, tant que je ne demandais rien, il ne donnait pas grand chose, maintenant que je m’agite, c’est l’interpellation : trois jours d’acharnement pour publier un truc et comme seule conséquence Blogspot m’envoie des contrôleurs. Alors rassurez-vous lecteur, lectrice, Blogspot, et ce très courtoisement, m’a indiqué toute sa confiance, c’est sans doute une erreur, je ne suis pas un « blog indésirable »…
mais au cas où, en attendant la fin du contrôle, j’ai jugé que ce billet servirait bellement ma postérité.

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Vendredi 7 avril 2006

ce que le vampire dit au soleil (perfidie)

Cela faisait fort peu de temps que j’avais perdu mon exécration de la lumière, mais aussi, pour m’être tardivement laissé apprivoiser, j’en goûtais nouvellement un abandon des plus sensibles.
Les pieds en lisière de l’onde chaleureuse, je me tenais d’abord comme un baigneur qui craint l’eau, trempant timidement mes membres, me frottant la nuque, entrant furtivement dans la traîne des vagues rayonnantes, m’ébrouant au frisson de la brûlure, glissant finalement, lentement, tout entier dans le flot irradiant… il me suffisait de rester là, profitant du soleil qui sait si bien enlacer qu’on en oublie les caresses humaines.
Qu’il était doux le parc de l’escabelle, en ce printemps encore enfantin qui étendait ses premières passions par bouffées érubescentes, qui promettait toutes les folies après les pudeurs de l’hiver. L’air plein d’une chaleur légère qui s’emmitouflait dans mon pull, me donnait délice d’un vent doux comme un chuchotement, où le secret du plaisir dut être prononcé, car je m’étendis ensuite sur la pierre comme un lézard, choyé par le soleil, dorloté par le vent, si bienheureux de mon sort qu’avec le sourire s’épanouissant sur le visage me vint question de savoir si je pouvais éprouver une joie supérieur encore.
La perfidie qui resplendit dans mon sourire m’assura que oui.
Il suffisait simplement d’imaginer une longue banquise, où l’hiver fait la taille du ciel, où le froid vous mord jusqu’à l’os des fesses, il suffisait de se susurrer très doucement « Canada » pour fleurir tout à fait : l’idée de tous ces braves gens qui endurent des climats contraires, cryosphinctés, stalacticogercés, éprouvant le syndrome bien connu de pépino les glaglas, pour dire les choses simplement et sans aucune mauvaise foi.
Ah qu’il faisait doux !
Mais ne croyez pas, lecteur, que je demeurasse insensible à l’injustice de ce monde, car je me fis quelques réflexions… et cédant à l’argument qu’on honore moins un dépourvu en boudant son plaisir, parce qu’à notre place il ne se poserait pas de question, je défis la ceinture de mon pantalon puis, étirant ma langueur comme eut fait un chat, je présentai au soleil tout le velouté de mon petit cul.
M’exclamant: ah comme il fait bon!, que la bise revenant du sud me frise galamment la rondelle! Mettrai-je un poing ici ou un doigt là ? Les deux ! Les deux mon coeur ! Ce ciel nous est tendre et je suis amoureux !

paragraphe de confort visuel
Mardi 4 avril 2006