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nébuleuse du souvenir (Lore – le crime)

bien sûr je me rappelle,

une bougie qui enflammait.dans la vitre et le camion benne partait,

« montre-moi le soleil, fais-le si tu m’aimes : avant que la nuit soit terminée, un grand choc qui réveille ».

C’était toi qui réclamais.

« nous tenterons l’impossible, mon bel amour »

Une opération extrême.

Deux fois dessus une fois derrière, le noeud est bien serré, cette fois c’est pour de vrai.

Comme tu me souriais.

Avec de petites coupures, piquées un peu partout, toutes les horreurs du monde,

j’avais tout tâcheté.

On aurait dit une sirène passée au rouge, une robe osée de sang, bleue de râles à faire palpiter le coeur. Je n’oublierai jamais

On allait y arriver, « un instant j’y suis presque » des larmes plein les yeux,

après tu t’étais évanouie.

Des rubans de vie mouillés, dans tous les sens juste sous l’épaule, ta baudruche dégonflée, je l’ai senti passer. Tu n’en es pas revenue.

Ce rêve insensé.

des hommes blancs et la police venaient.

c’était déjà demain.

paragraphe de confort visuel
Lundi 23 octobre 2006

la balade de Greuk

- ah ben quand mêm’ te vla ! Ben alors quoi ? Y avait p’us d’ papier ?

- Haha pfff mais non, mais c’est les deux crevards qui font les sorties, soit i’ disent non parce qu’ils s’en branlent, soit i’ font les méticuleux parce qu’ils ont peur que tu prennes du pouvoir…

- Les bâtards ! Allez viens, on va prend’ du large… tu veux conduire ?

- Ah ouais, ça fait un bail

- …t’as l’air soucieux, dis, tu t’es fêlé la cloch’ avec Frimouss’ ?

- Nan, rien à voir… je pensais… dis-moi Greuk, c’est quoi la différence entre un anarkeuf et un ripoux ?

- Hola, toi t’as encore gambergé avec les doigts dans les oreilles…tu veux un lex’ ? J’ai confisqué la boite à une vioque qu’avait pas d’ordonnance.

- Hahaha, çimer… hé mais c’est « de futura » qu’on entend !

- Ouais jme suis bavé une ptit’ compil’, tiens pis tourn’ à gauche, c’est la zonindus, on va rôder en sous-marin…

- ha ouais, j’y vais en flotteur, fond de sous régime…

- … alors ouais anarkeuf… voyons…en fait…

- Non merci, on va pas tout mélanger

- ?…! Mais non t’es con : en fait y a pas trop d’différence à part un degré de conscience… le ripoux, i’ s’sert de son pouvoir pour lui, pour obtenir des avantages, moi j’essaye de défend’ un mond’… tu sais si tu veux viv’ quelque part, faut commencer par l’créer, c’est un peu comme tenir la porte à la jeune fille… enfin j’essayais, pasque depuis j’ai un peu changé. Au début… ça vient de l’époq’ où jme traînais dans les rues à dormir n’importe où, à pillav’ jusqu’à m’épaver, à bégo par triplette, la vache qu’est-ce que j’étais crâmé et pis jme suis dit, comme ça en lâchant mon garrot, enfin un peu après, jme suis dit tous ces anars de rue que jcôtoie c’est n’import’nawak, keupon c’est que le moyen l’ plus rapide de scroire lib’ pour arriver en tôle, ou plus con encore de scroir’ lib’ pasque t’as fait de la tôle, ça devient comme un rituel, un petit spectac’ qu’est pas en-dehors du tout, qu’est complètment social quand t’y réfléchis… jme suis dit qu’ la subversion, c’était travailler pour l’enn’mi, qsi tous les anars du mond’ dev’naient keufs commmoi, on parviendrait à fair’ dla loi queqchose qui serv’ l’humain, nous quoi, et pas l’ pouvoir, dev’nir punk en civil quoi…

- T’avais déjà rencontré Ev’ ?

- Ah non, Ev’ c’était plus tard, c’était après qu’i ssoit cogné avec les pompiers, quel bûcheron çuilà !

- Ah tiens c’est bizarre, c’est pas ce qu’il m’a dit.

- I’ t’a dit quoi ce gros enculé ?

- Haha, allez rien, continue…

- T’oublie qu’tu t’adresses à un flic mon pote, tu quitteras pas cette bagnole sans déglutir ta chique !

- Haha allez !

- Ouais, ben alors… j’en ai convaincu queq’zuns dme suiv’, il a pas fallu très longtemps pour qu’i’ changent de bord… en général par force d’adaptation, on n’a jamais qla moralité dson pouvoir, dson larfeuille, tout c’ qu’on raconte c’est jamais qu’une façon tordue djustifier ses choix, dprouver qu’on s’est pas planté, qu’on a bien raison, tout ça…

- Alors tu crois que c’est foutu ?

- Attends, j’ai changé chte dis, c’est l’ taf de kisdé, ça m’a fait dire…

zerba 2, zebra 2, un vol à main armé signalé rue de la butte aux cailles, répondez…

- qu’est-ce qu’on fait ?

(il sort un dé)

- … on s’en branl’ !, J’eur ai dit que j’partais fouiner vers les planques à Rico le bédouin. Ch’u pas là. Eteind le gyrophare et monte le son dla zik.

- Rico le bédouin ?

(à suivre)

paragraphe de confort visuel
Jeudi 19 octobre 2006

le bon, la bête et le truand

- Pinpon ? (c’est Frimousse qui m’appelle comme ça maintenant, c’est à cause que… bôf, et puis non)

- Oui, mon amour (que je lui réponds depuis la cuisine)

C’est tout.

Ça lui a pris il y a un moment déjà. La première fois, j’en ai eu comme un passage à vide, le temps de comprendre, j’en ai pris un silence intérieur qui m’est toutjours resté. Comme ça, de temps en temps, elle m’appelle pour rien. Elle m’appelle, je lui réponds, ça suffit. Sa seule inquiétude est que je sois là, elle ne demande rien ensuite. Ça m’a tellement saisi. On croirait vite que c’est juste un moment qui ne mérite pas d’attention, flottant dans le courrant des choses insignifiantes, trop léger, trop passable… c’est là que ça me touche le plus. Son appel, il se donne pour rien, il n’envahit pas comme l’avalanche brûlante d’une bouffée passionnelle. Il se cache, mais c’est pour mieux dire, par timidité, par sensibilité, il se cache derrière le voile le plus ténu, « l’air de rien », parce qu’il ne veut pas envahir, il veut juste être là, partout, tout autour, sans troubler. Il ne veut pas être exceptionnel, il veut être naturel, invisible, enveloppant. La première fois, après un instant de surprise, il a fallu que je me lève pour aller l’embrasser. Comme un cadeau ça m’a fait.

Evidemment au bout d’un moment j’ai appris qu’à la place de « oui, mon amour », je pouvais répondre « mmouaiaias ? ». Que d’abord j’entendais bien dans son silence qu’elle était surprise et vexée, mais qu’il suffisait d’attendre un peu après pour qu’elle vienne, avec sur la bouille la moue d’une première colère, qu’il suffisait d’attendre pour l’avoir tout près, toute entière, pour pouvoir l’étreindre, la couvrir de baisés, et puis de caresses, et, et puis des trucs et d’autres trucs, que ça lui fait dire, mais seulement au début, que je suis rien qu’un affreux glouton en peau de mec

A son tour, elle a compris que j’en profitais à chaque fois pour lui tendre une frimoussière . Alors, ça a un peu changé maintenant, quand elle m’appelle, si je réponds « Mmmouaiaias ? », on s’entend tous les deux sourire dans notre coin, on sait de quoi il en retourne, c’est à celui qui réussira à faire bouger l’autre pour le choper. Toutes les audaces sont p…

- PINPON !

Ah, on dirait autre c’est autre chose, ce coup-ci. Je quitte la cuisine, je la trouve dans le coin bureau. Elle fixe sur l’écran du pc une page toute bleue avec une photo de quai la nuit et des titres en jaune. Ouh, elle est colère-colère.

- Qu’est-ce que je lis, là ?, qu’elle me jette

- Euh, attends voir… « lettre au femme (6) »… ah, tiens tu lis mes trucs, toi ? (ahem)

- Ben évidemment, tu crois quand même pas que je vais te laisser gambader sans surveillance, et je suis pas déçue : alors c’est ça que tu écris dans mon dos ? Attends, tu veux que je te cite ?

- Nan, nan, ça va, je m’en souviens… mais enfin, tu vois bien que c’est de l’outrecuidance…

- Vraiment ? Alors ça veut dire que tu te sers de ton site pour draguer, c’est du joli, et c’est qui cette Frimousse qui t’as adressé un message, hein ?

- Euh, quoi, c’était pas toi ?… mais alors je sais pas, je sais pas du tout, c’est un farceur, voilà, un farceur qu’à tout fait rien qu’à sa fantaisie !

- …mmhm ?… « c’est en vous dénigrant que je vous fais femme »…, tu crois que je vais le prendre comment ?

- Bah, comme tu es une femme, tu n’as qu’à assumer comme d’habitude…

- Quoi ?

- Ecoute, si l’usage, c’est de complimenter les hommes et de rabaisser les femmes, ça veut bien dire que ce sont les hommes qui manquent de valeur à la base.

- Vil flagorneur ! Tu dis ça pour te débiner ! Gros lâche !

- … euh bon, d’accord, je vais te dire : ce que je crois c’est que le désir ne se préoccupe jamais de vérité ou de moralité. Franchement, Frimousse, maudis le jour où les hommes n’auront plus l’envie de dire du mal des femmes, ce sera le signe qu’ils sont devenus indifférents. Tu devrais me remercier de savoir prendre cette juste hauteur sur toi.

- Ah ouais ? Ah ouais !… et ben moi je vais te dire : quand on est nul à la bagarre et chatouilleux, on devrait jamais quitter une prudence élémentaire. Tu vas voir comment tu vas la couiner ta grandeur quand je t’aurais coincé entre mes cuisses !

(Bon, là je vous quitte, il faut que je sauve ma vie.)

paragraphe de confort visuel
Samedi 14 octobre 2006

nébuleuse du souvenir (Lore – l’accident)

bien sûr je me rappelle cette fois c’est pour de vrai.

C’était déjà demain, j’avais tout acheté, on allait y arriver

« un instant j’y suis presque », c’était toi qui réclamais.

Un grand choc qui réveille, je l’ai senti passer,

deux fois dessus une fois derrière, ta baudruche dégonflée, dans tous les sens et le camion benne partait, une bougie qui enflammait.

Toutes les horreurs du monde, une robe sale dedans le sorbet avec des petites coupures à faire palpiter le coeur, des rubans de vie mouillés,

je n’oublierai jamais.

« montre-moi le soleil » comme tu me souriais des larmes plein les yeux.

« fais-le si tu m’aimes, ce rêve insensé ».

On aurait dit une sirène, des hommes blancs et la police venaient.

« nous tenterons l’impossible »,

après tu t’étais évanouie.

« une opération extrême avant que la nuit soit terminée ».

Dans la vitre,

juste sous l’épaule le noeud est bien serré. Passée au rouge, piquée un peu partout

mon bel amour, tu n’en es pas revenue.

paragraphe de confort visuel
Mercredi 11 octobre 2006

lettre aux femmes (6)

Lâche ? Tout à fait. Mais c’est encore trop peu, et comme vous désignez ma virilité, je juge que vous ne vous étendez pas assez longuement sur la chose. Je n’ignore pas que vous m’avez jugé très raide dès le début, même dur par moment, que l’angoisse vous étreint de sentir maintenant hors de toute illusion approcher ma masculinité affranchie des voiles serrés qui lui faisaient barrage .Je ne vous cacherai pas que vous avez tort de craindre le pire, vous seriez plus avisée de considérer ce pire comme chose préférable à ce qui vous attend.

Car non seulement, comme tout homme, je suis lâche et certainement par mon discours je suis le pire d’entre eux (mettez votre main là), mais plus encore comme tout homme (tournez-vous), je suis incapable de tenir mes promesses (je ne vous ferai aucun mal), de sorte que vous ne pourrez faire autrement que vous rendre (ne criez pas si fort) à mes paroles quand je vous exposerai, chérie, si j’ai le pire des discours, mais si je suis incapable de tenir mes promesses, qu’indubitablement je suis le meilleur (vous voyez que vous êtes contente).

Pensez-vous que j’en viendrais à présent à vous susurrer abondamment comme il convient selon mon coeur d’en user de cette faiblesse, de vous avouer qu’elle existerait aussi dans l’homme, que l’acceptation de la différence implique de plus hautes responsabilités, qu’enfin si l’on sait qu’on ne peut parfaitement sortir de l’animalité, on peut encore en faire un jeu dans lequel les mises cessent d’être porteuses de mort ou de malheurs ? Vous aimeriez ?

Mais, voyez-vous,

Je suis le meilleur et j’ai fait le souhait de vous séduire. Si je veux me réaliser dans ce double accomplissement, je n’ai plus qu’une sentence à proférer :

Vous ne me méritez pas

paragraphe de confort visuel
Dimanche 8 octobre 2006

nébuleuse du souvenir (Lore – l’orgie)

bien sûr je me rappelle une opération extrême :

avant que la nuit soit terminée, des hommes blancs et la police venaient, j’avais tout acheté.

Passé au rouge le noeud est bien serré,

deux fois dessus une fois derrière comme tu me souriais.

Nous tenterons l’impossible,un grand choc qui réveille à faire palpiter le coeur, c’était toi qui réclamais une rossée de zobs dans le râble

toutes les horreurs du monde, on allait y arriver.

« montre-moi ce soleil » une bougie qui enflammait, « fais-le si tu m’aimes », je l’ai sentie passer avec des petites coupures dans tous les sens

je n’oublierai jamais,

« un instant j’y suis presque »

cette fois c’est pour de vrai, juste sous l’épaule, des rubans de vie mouillés, tu n’en es pas revenue.

Ce rêve insensé.

Mon bel amour, ta baudruche dégonflée piquées un peu partout ; dans la vitre on aurait dit une sirène,

après tu t’étais évanouie des larmes plein les yeux,

c’était déjà demain et le camion benne partait.

paragraphe de confort visuel
Jeudi 5 octobre 2006

nébuleuse du souvenir (Lore – le rêve)

bien sûr je me rappelle, mon bel amour,

juste sous l’épaule, c’était toi qui réclamais, on aurait dit une sirène,

une bougie qui enflammait dans tous les sens,

des rubans de vie mouillés,

ta baudruche dégonflée,

une robe de rosée dans le sable à faire palpiter le coeur.

« fais-le si tu m’aimes ! », j’avais tout acheté avec des petites coupures piquées un peu partout.

Une opération extrême.

Je n’oublierai jamais ce rêve insensé,

le noeud est bien serré.

« montre-moi le soleil

avant que la nuit soit terminée ! »,

des larmes plein les yeux, on allait y arriver,

cette fois c’est pour de vrai,

« un instant j’y suis presque », comme tu me souriais…

Toutes les horreurs du monde ? nous tenterons l’impossible !

après tu t’étais évanouie.

Un grand choc qui réveille, deux fois dessus une fois derrière

je l’ai senti passer, tu n’en es pas revenue.

C’était déjà demain,

dans la vitre passée au rouge, des hommes blancs et la police venaient

et le camion benne partait.

paragraphe de confort visuel
Mardi 3 octobre 2006