ligne 11 06

le retrait de l’amour (1/2)

L’amour est certainement la valeur la plus célébrée dans nos sociétés, incluant fréquement l’érotisme, le sexe dans sa représentation (comme aimant). D’être continuellement évoqué favorise l’enracinement d’un discours de légitimation sur l’orthodoxie amoureuse. Il s’agit de définir l’autorisation au consentement ; il ne suffit pas qu’une personne soit consentante, il faut qu’elle soit autorisée à être consentante (cas de deux enfants, d’un vieillard avec une toute jeune, etc…). L’élévation de l’amour en tant que valeur signale peut-être qu’il se rencontre peu comme réalité, mais surtout l’élévation établit sous le couvert lumineux de la tolérance et du respect une loi sur l’amour. Cette loi impose de pratiquer un amour lui-même respectueux et tolérant. Par cette action, l’amour est soumis, car le respect et la tolérance ne sont pas des qualités de l’amour, encore moins des qualités du désir. Ce sont les qualités du citoyen docile. L’amour n’est plus maître chez lui. On peut, pourquoi pas, considérer l’autorisation actuelle comme acceptable, il serait toutefois imprudent d’oublier qu’en tant qu’autorisation, elle constitue un pouvoir, que les pouvoirs ont tendance à vouloir croître.
La publicité s’occupe aussi de construire des autorisations à l’amour élaborées sur l’inscription de représentations-types gagnantes (tu veux la fille, tu achètes la bagnole). L’amour (sexe) sert d’interface attractive pour réussir la jonction entre l’objet où l’amour est promi caché, et l’argent nécessaire à son acquisition. Quel que soit notre positionnement devant ces publicités, nous pouvons échapper à la marque, plus difficilement aux « discours de fond ». Malgrè nous, nous apprenons que l’amour n’est pas dans la personne.
Les scientifiques expliquent que l’amour est du à une libération de dopamine. Quel que soit la pertinence du savoir développé, le science donne autant qu’elle reprend : si une connaissance issue de la sexologie peut m’aider à concevoir le plaisir féminin, par exemple, elle me contraint aussi tout d’un coup à faire l’amour avec des concepts, à forniquer dans une vision modélisée du plaisir, c’est-à-dire formatée selon les principes de l’efficacité et de la production, finalement de la norme. Par leurs discours les scientifiques s’approprient l’émotion la plus chère, leurs déclarations équivalent à : l’amour n’est pas en moi (mais dans la dopamine). Ils avancent vers l’instant où ils concevront une pillule de remplacement. Ils savent déjà faire dormir, exciter, calmer, faire avouer (pentothal), etc… il existe, semble-t-il aussi, des phéromones. Cette pilule existe possiblement déjà. Son utilisation cependant demande pour être admissible une légitimation politique.

J’ai le sentiment que le terrain de cette légimation est en préparation.

paragraphe de confort visuel
Mercredi 29 novembre 2006

l’épaisseur des barreaux

Car bien évidemment, ni l’homme, ni la femme ne veulent sortir de leurs états.

Car l’homme revendique la force et il en est fier. La force lui donne le sentiment de dominer. L’homme espère bien dominer encore et longtemps, et trouver partout le plus possible des marques probantes justifiant ses raisons d’être fort. Parce qu’en étant fort l’homme ne doute plus, ce qui prouve qu’il est fort car seuls les faibles doutent. En se montrant fort, l’homme prouve qu’il est un homme, un vrai. Pour cela il peut être violent, manière par laquelle il fera l’épreuve de sa valeur, car le monde des choses ne lui résiste pas, ou bien il peut être intelligent, manière par laquelle il fera l’épreuve de sa valeur, car le monde des idées ne lui résiste pas. S’il peut être les deux, il sera sur la voie de l’accomplissement total. Grâce à sa force, l’homme remarque que la femme est maladroite et stupide, aussi il la méprise. L’homme est satisfait de juger la femme comme un homme, cela lui prouve qu’il a raison d’être un homme. L’homme est satisfait de sa force car la femme le loue pour cette qualité, grâce à laquelle il pourra la baiser. L’homme a donc raison de mépriser la femme.

Car la femme revendique le désir et elle en est fière. Le désir lui donne le sentiment de dominer. La femme espère bien dominer encore et longtemps, et trouver partout le plus possible des marques probantes justifiant ses raisons d’être désirable. Parce qu’en étant désirable, la femme ne doute plus, ce qui prouve qu’elle est désirable car seules les indésirables doutent. En se montrant désirable, la femme prouve qu’elle est une femme, une vraie. Pour cela elle peut être belle, manière par laquelle elle fera l’épreuve de sa valeur, car elle devient l’irrésistible objet du monde des objets, ou bien elle peut être charmante, manière par laquelle elle fera l’épreuve de sa valeur, car elle devient l’irrésistible idée du monde des idées. Si elle peut être les deux, elle sera sur la voie de l’accomplissement total. Grâce au désir, la femme remarque que l’homme est pataud et niais, aussi elle le méprise. La femme est satisfaite de juger l’homme comme une femme, cela lui prouve qu’elle a raison d’être une femme. La femme est satisfaite du désir qu’elle exerce, car l’homme la loue pour cette qualité, grâce à laquelle elle pourra le baiser. La femme a donc raison de mépriser l’homme.

esp

le plaisir des femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste, disait le bon Charles

je suis un pédéraste

(et si elles sont violentes en plus… ah Frimousse !)

paragraphe de confort visuel
Mercredi 22 novembre 2006

de l’immense espoir des femmes

Autant l’homme est rejeté hors du monde de l’amour, autant la femme y est maintenue prisonnière. Ce que l’on attend d’une femme, c’est qu’elle agisse par amour, dès qu’elle s’éloigne de ce principe elle risque l’insulte. En cela on la contraint dans une relation de dépendance, on lui interdit d’adopter une conduite stratégique. L’ambigüité mariage/ prostitution légale provient en partie de ce « barrage éthique » : la vie n’est pas jouable sans cette stratégie, sans une considération de ses besoins, de ses désirs et des voies praticables pour les combler. En contraignant les femmes à l’amour, on fait de l’amour une conduite stratégique. Une femme qui se marie par intérêt ne fait qu’exprimer l’aboutissement de cette logique. En faisant le compte des possibles pour une femme dans notre monde, stratégiquement le mariage se présente comme un choix très avantageux (pourquoi travailler autant qu’un homme pour gagner moins ?).

On demande aux femmes d’être jolies (mais véritablement cela ressemble plus à un ordre). Tout ce qui fait une femme jolie (dans notre construction culturelle) est très onéreux (maquillage, lingerie, soins, bijoux, etc…), pourtant les femmes sont moins rémunérées. Aussi bien, tant que perdurera cette organisation, inviter une femme au restaurant n’aura pas la pleine valeur d’un cadeau, car simultanément c’est une compensation.

Tout cela concourt à transformer l’amour en possession (par l’argent), ce qui induit des conduites jalouses. Notre représentation mentale des femmes comporte toujours deux cases : la sainte et la pute. Cette division dissimule une tricherie : la sainte n’est qu’une figure louée de la pute (c’est la pute docile, celle qui vit au foyer). En retirant aux femmes la possibilité d’être stratégiques, on les oblige à confondre l’amour avec l’argent (le pouvoir) : on les condamne à l’état de pute.

Le jaloux veut posséder, il croit de cette manière s’assurer l’amour de l’autre alors qu’il le perd : posséder n’est rien, c’est jouir qui fait tout (cette formule est un peu tranchée, je l’admets, elle est quand même bien préférable à celle du jaloux qui prétend le contraire).

Aux hommes, on interdit la tendresse qui est pourtant l’accès le plus simple à un contact fusionnel. L’homme est La créature stratégique, il doit être rude, parce que la vie est rude. Il doit être protecteur. Protéger, c’est faire enceinte contre les agressions extérieures, dans le même geste on emprisonne la personne que l’on protège. Qu’est-ce qui peut protèger les femmes de leurs protecteurs ?

A l’inverse, on contraint les femmes à la tendresse. On les prive du monde en leur faisant croire qu’elles se trouvent au centre.

Dans les deux cas, on détruit ce que l’on espère.

paragraphe de confort visuel
Jeudi 16 novembre 2006

de l’infinie tristesse de l’homme

En parcourant des blogs de filles, j’ai relevé que les hommes avaient, semble-t-il, une certaine tendance à fantasmer. C’était en particulier l’une des remarques inscrites par une nana qui faisait ses adieux à la sphère « la facilité avec laquelle les hommes s’amourachent », si je me souviens. Il y a de quoi sourire parce que la plupart du temps, la fille oublie de préciser qu’elle a un peu tout fait pour cela (d’une façon ou d’une autre elle cherchait à plaire). Ça rejoint une autre partie du discours féminin, celle qui déclare « c’est trop facile de séduire les hommes ». Ce propos qui atteint un degré de vérité propre au dicton camoufle mal à mon sens une ignorance de la nature masculine, une ignorance de la séduction.

S’il est en général facile pour une fille de séduire, ça tient pour beaucoup au fait que l’homme est spontanément demandeur, que le charme d’une femme n’existe pas dans cette femme (sans quoi toutes les femmes seraient lesbiennes), il existe dans la conscience de l’autre, il est projeté (la femme est responsable de l’animation qu’elle donne à cette projection). Il suffit de se remémorer ces moments où pour une raison ou une autre, on (les hommes) vit en état de « neutralité » (pas de désir particulier d’une femme) pour que toute leur animation nous paraisse ridicule. Le dicton serait davantage « c’est trop facile de séduire un homme qui veut être séduit ». Et les hommes la plupart du temps veulent être séduits. Tout simplement parce cela n’arrive presque jamais : tout se passe comme si l’homme était naturellement clické en « oui » et la femme en « non ». Cette répartition bien connue contient un fondamental qui fait racine au fantasme masculin. La pornographie n’a rien à voir avec la fantasmatique masculine, c’est au contraire plutôt son lieu de suppression (pourquoi toute cette mise en scène du dégueulasse ?). Les hommes font très bien la différence : sortant d’un film X on ne garde pas de souvenirs particuliers. Au contraire on oublie. Il n’y a pas de projection qui alimenterait une construction narrative. La branlette consommée sur un porno est l’équivalent érotique de la saignée. J’ai le sentiment qu’au contraire d’une certaine vision actuelle, rien n’est plus étouffé que le fantasme masculin, pour la raison simple que le fantasme est associé à des valeurs féminines (rêves, sensibilité…), que les hommes ont tellement intériorisé les interdits verrouillés par « la virilité » qu’ils ne sont plus capables de s’abandonner. Vous dirais-je qu’ayant réfléchi aux choses de l’amour, je ne considère pas le sexe comme la plus haute valeur, mais bien l’affection. Quelle situation serait suffisante pour que je déclare, soudainement, debout, le verre à la main, face à une tablée d’hommes : « Moi ce que je préfère c’est les câlins et les bisous… et maintenant je vais faire pissou ! » sans qu’ils éclatent tous de rire ?

Lorsque l’on observe ces hommes qui fantasment sur les blogs, on trouve fréquement autour d’eux des commentaires de dégradation qui leur rappellent que leur fantasme est d’abord honteux, qu’ils sont minables. Alors que ce sont des rêveurs.

De quoi rêvent-ils ? Dans les postures déterminées par le blog, on peut dégager une représentation propice de la femme. Elle est inaccessible et accessible en même temps : on peut lui parler (elle peut répondre, en générale elle est plutôt accueillante) mais elle n’est pas « touchable » (virtuelle). Comme c’est elle l’auteure du blog, elle en position de domination, les rôles sont inversés. Ce phénomène devient évident lorsqu’on lit des commentaire comme « je suis plus vieux que vous et pourtant je me sens plus petit ». Ce qui fait peut-être pour une part la dégradation de l’homme qui fantasme, c’est qu’on le relie à de l’immaturité, à de la puérilité. Et je crois que l’on a parfaitement raison, car c’est là l’origine. Le posture d’une femme sur un blog est celle de la sublimation.

Si je m’en réfere à mon vécu (et je suppose qu’à ce titre je ne suis pas exceptionnel), le moment de ma vie où j’ai fantasmé une fille au point de me sentir inférieur, envahi, dévasté, c’est l’adolescence, c’est le temps de mon premier amour. Cette première fois où mangé par la timidité, l’intensité de ce que j’entreprennais, étourdi par les battements de mon coeur, j’allais à grand peine chuchoter la fragilité du motif qui m’amenait, et me faire assez rapidement éconduire. Cette émotion que j’ai perdue depuis, comme j’ai acquis que ce n’est pas le meilleure manière de séduire une femme, parce que la distribution des rôles donnent aux hommes celui de la conquête. Les femmes continuaient d’aimer de la manière que moi j’avais du abandonner. Il y avait une perte cruelle, car être dans la conquête, ce n’est pas être dans l’amour, c’est conduire l’autre dans l’amour (se-duction).

Les hommes vivent dans la douleur secrète d’une séparation, qui redouble la séparation biologique (le sens de la vie au niveau animal, c’est donner la vie, les hommes ne donnent pas la vie). Les hommes vivent dans les conditions d’un double échec, biologique et sentimental. La virilité, c’est peut-être le rempart (nocif) qui leur permet de croire qu’ils valent quand même quelque chose. Les hommes qui fantasment sur les blogs, je crois, recherchent une fusion que la vie leur refuse.

l’homme est une créature fracturée.

paragraphe de confort visuel
Mercredi 15 novembre 2006

du bonheurs d’être papa

Faut dire au début, franchemlent, j’étais pas partant. J’étais sûr que l’avorton allait se récupérer mon code génétique dans la gueule. Là je me disais, est-ce qu’on peut vouloir du mal aux gens à ce point là ? Y a des limites non ? J’avais quand même la possibilité de faire un geste pour l »humanité en me retenant, c’était pas trop cher payer.

Mais Frimousse, elle m’a bien ri. Elle m’a dit que je faisais le vaniteux, comme si mon code, il était plus fort que le sien, elle m’a ricané. Moi je lui ai rétorqué, non, pas plus mieux, plus pourri : ch’uis sûr que dans le foutre, c’est comme les restes des animaux, y a des albinos tout cheulous, méchants, des… des spermocoques ! , ch’uis sûr que j’en ai plein. Ça l’a pas changée (elle est têtue), du flanc !, qu’elle m’a jeté, tu dis ça pasque t’as la trouille, mais tu crains rien, tes spermocoques, grand couillon, i’ passeront pas, c’est grâce à Darwin, i’ passeront pas.

(je savais qu’elle avait un amant) alors on l’a fait. Il est là le moutard. Ben putain, qu’est-ce qu’il est laid. Dard-win, hein tu parles d’un tocard. Mais ça y est ch’u papa. Ridicule, hein.

Ben en fait chu content quand même, je l’aime bien le petit con. Sacré jouflu, il est tout mou, on voudrait le faire cuire, un soufflet de mouflet. Mais en fait, j’ai trouvé mieux. J’ai découvert des choses, ahlala, hein par exemple (mais c’est entre nous pasque les fille, elles comprennent pas ce que c’est qu’être papa), ouais alors j’ai trouvé quand Frimousse a le dos tourné, j’embarque le mioche dans la salle de bain (je ferme), je relève mon t-shirt et je lui pointe mon téton poilu. Il gobe tout de suite le nigaud, ah c’ est super. Alors je me le cale bien sûr le bras en appuyant l’épaule sur le mur, là vers l’angle, pis je me colle la tête pour avoir le pif dans le coin où ça sent le sale, j’aime bien, et pendant qu’i me mignote le pointard, je me prends mon autre main et je m’enfiotte des doigts dans le cul,

ah non vraiment c’est du délice !

Ah vive les mômes !

Eh c’est pas de l’inceste, hein, j’ai le droit, y pas maltraitance.

paragraphe de confort visuel
Vendredi 10 novembre 2006

nébuleuse du souvenir (Lore – l’asile)

dans la vitre des hommes blanc et la police venaient :« nous tenterons l’impossible, une opération extrême ».

« bien sûr je me rappelle !

j’avais tout acheté ! ».

Le noeud est bien serré.

On aurait dit une sirène avec des petites coupures : un grand choc qui réveille toutes les horreurs du monde,

« cette fois c’est pour de vrai ! »

Des larmes pleins les yeux.

« c’était déjà demain et le camion benne partait !

comme tu me souriais mon bel amour ; une bougie qui enflammait juste sous l’épaule, des rubans de vie mouillés piqués un peu partout.

« emmène-moi voir le soleil… »

Ce rêve insensé, c’était toi qui réclamais,« fais-le si tu m’aimes »

on allait y arriver,

Une erreur dosée assemble l’aube passée au rouge : tu n’en es pas revenue, après tu t’étais évanouie

« un instant j’y suis presque » à faire palpiter le coeur, deux fois dessus une fois derrière, dans tous les sens, je l’ai senti passer.

Ta baudruche dégonflée.

avant que la nuit soit terminée, je n’oublierai jamais »

paragraphe de confort visuel
Mercredi 8 novembre 2006

reverse oniring (« allongé près d’une flaque »)

Je sais que je vais mourir.

Le ciel est toujours gris

Je ne veux pas mourir.

de l’autre côté je ne sens rien

J’ai très peu de temps.

Ma main flotte devant mon regard

Je n’ai qu’une chose à faire.

je lève la tête. Allongé près d’une flaque

Elle arrive.

Elle me regarde. Elle m’aide à me relever. L’herbe est lumineuse.

J’ai une plaie au coeur. Les urgences sont vidées. L’hôpital s’en va..

Elle me tient

Le seul refuge, c’est l’endroit où elle se trouve. On se pose le temps d’échanger nos souffles. Son regard est le seul monde possible. Le mal diminue, il insiste parce qu’elle est là. Il passe en roulant et nous loin de l’appel. Lentement, l’appel se déplace sous l’effet du parcours il diminue.

Elle m’aime, nous marchons. L’appel est de moins en moins sensible. Nous parlons à mi-voix. Nous marchons, nous sommes amants. Elle m’entraîne par le bras et des rues qu’elle connait vers un hôtel. Elle me caresse la joue. Je retiens sa main, pose sur son front une lèvre suave habile et fondante. Je mets de la douceur sur son visage.

 

On se rapproche. On se regarde. On se soigne. On se soigne sans bruit intensément. L’unique refuge est l’endroit où l’on se trouve tant qu’on s’enlace les reins. Que pourrait-on faire d’autre ? On va se séparer dans quelque temps, on l’ignore mais nous savons, nous bougeons face à face.

Nous fuyons. Treize vieux aux têtes assez marqués, quatre des leurs appellent à la mort, ils arrivent en hurlant la peur par toutes les places du batiment. Violences contre violences leurs coups sont plus fatals. Un regard échangé nous cessons la lutte. Elle est derrière, le côté du visage taché de sang. Tellement de cultes ont su monter, ils sont reconnus les pires adversaires. Des babouins assermentés.

Je pars, l’escalier s’enfonce, le hall vide, je sors. Vite. Je fuis la piste dehors au hasard si coit. Voix de femme à l’intérieur. Un cri.

 

Là guérir d’être vil, insaisissable et fulgurante, l’absence dans le vent s’épaissit partout comme unique horizon. L’amour m’étreind par à-coup, mes pas sur le sol se comptent par milliers, comment freindre la vie ? Des plaintes, ça déraille en moi et plus près aussi. Des véhicules aux mouvements coincés, portières fermées, roues entournées, lignes figées avancent pris dans les gaz de leurs automatismes. Les bâtiments grossis ou transparents, aux façades creusées, aux angles fendus tombent leurs hauteurs comme des repentirs qu’ils précipitent depuis leurs reflets décalés et obliques.Les rues pluvieuses et scintillantes tremblent un tapis onduleux en gravier humide de métal et de verre. D’avoir trop courru, j’ai au côté un coin pointu comme une aiguille. Le ciel est gris avec du fer , ma main trempé de l’eau sale qui couvrait la rampe. J’entre dans le métro.

Le ciel est toujours blanc

de l’autre côté je n’entends rien,

la rame flotte sans un retard,

Allongé près le rail claque.

espace

allongé près d’une flaque

paragraphe de confort visuel
Samedi 4 novembre 2006