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prochainement sur Acides Foriques (bande-annonce)

Bientôt sur vos écrans et pour la première fois mondiale de l’univers, le récit métacyberautofictif d’un lecteur des Cahiers d’AA

Une passionnante aventure avec (voix de stentor et roulements de tambours):

du mystère !
du danger !
de l’émotion !
des péripéties !
des révélations !
et des fautes d’orthographes

Ne manquez pas « Blogeons & drablogs », une exceptionnelle série en 73 épisodes.

paragraphe de confort visuel
Mardi 30 janvier 2007

cataraxie (2/4)

vite

une histoire me revient fuyante sur les côtés des globes encrés de nuit tâchée d’éclavoussures, perdue dès l’origine dans la chute des piliers les signes nystagmus accroupis pour vomir pondent des oeufs violés au bord de l’eau cailleuse, l’enclos s’est envulvé de muqueuses polyptiques, la plante qui nidifiait à l’ombre sous les torts fleurit des sifflements touffus des gorges blanches, une pierre a germé dans le creux de ma nuque, je survis par le conte des bénéfices secondaires toujours rétrécissant à mesure que j’approche grandissent les téguments baillant sous la paupière, dans la chair désséchée la pellicule tremblante coule par plaques visqueuses s’entrelacent des micas écorchés sous l’écorce, où grouillent des émaux en grappes colorées, en lisant le passé par couches successives je ressens derrière moi la marée avenir recouvrant chaque pas de ses sables fossiles, c’est le ça-voir hontique catafractaire en charge me disperse la colonne jusqu’aux bleu des phalanges,

plus vite,

je ne trouve plus ma main ma poche était trouée, je sens que je perds pieds, la cheville se resserre des dalles en bascule font des bruits de portières, dans la graisse des vents jaunes qui goudronnent mes phanères repoussant tombent au sol en pétales racornis, la langue d’un goût amère durcit en chrysalide, toute une fourmilère me rampe dans le corps, je sens des fulgurances traversières et rongeantes claquer de l’omoplate jusqu’à l’auriculaire, creuser jusqu’au genoux l’acide d’un cratère.

paragraphe de confort visuel
Dimanche 28 janvier 2007

moebienne psyché

si je me fais esclave de moi-même,

est-ce que je deviens davantage maître de moi

si je me fais le bourreau de moi-même

est-ce que je m’incite plus à m’évader

si j’en viens à m’aimer

lequel des deux capitule ?

si je me fais esclave de moi-même

est-ce que …

paragraphe de confort visuel
Mardi 23 janvier 2007

cataraxie (1/4)

Sortir, sortir

les fenêtres s’écoulent vers l’arête des façades, poissonneuses et lippues saignant sous la mortaise, armés par la contrainte des murs mussent des griffes lacertiques et rampantes chuchotant dans les creux des exils mortuaires, j’ai résisté, je crois, à lécher l’huile des vitres, ma main n’a pas d’empreinte noircie par leurs élytres, battantes endormies gondolées sur l’empenne, le cinabre des arceaux dans l’encoche des verrières criblent sous l’endômêtre portant les lendemains dans un long goutte à goutte en civières de sueurs des larmiers fléchissant jètent des fils pointus dans la traîne des brisées où gonflent des rigoles aux cliquetis roulés, j’ai jeté mes opîmes de seiches au caniveau,

sortir

pire amide du sommeil crevant à la surface, le ciel trempé d’acier contracte ses tuyeaux des odeurs mécaniques frottent en moi leurs hélices, prédaptères pneumatiques chitineuses mauvaises comme des baudroies enflées clignotent leurs appâts dans l’air qui se retire, hérissé de sarisses réfracté dans les yeux l’oursin du ciel affûte ses lames coruscantes au coeur de mon cerveau, monte une peur phanique mordorée persistante, la plante des pieds me grimpe jusqu’aux fémurs, entre les batisses amarées à la croûte des trottoirs glissent les foules cafardes, quelque chose de pressant tend sa gueule sous mes pas,

paragraphe de confort visuel
Vendredi 19 janvier 2007

l’ombre au bout de la rue (3/4)

Marchant.

Cela fait maintenant… un certain temps,

que je reconnais par ce sentiment d’une sorte de première fatigue qui n’est que l’envers d’une habitude, d’une habituation, d’un habitat du mouvement. Je connais bien, je peux tenir des heures ainsi, plus de six, peut-être plus de huit, je n’ai jamais su compter. Cette étrange fatigue est le signe d’une éternité avenante, elle me réchauffe d’une immensité. L’effort n’est plus sensible, le monde et moi nous reconnaissons dans ce geste, je marche plus vite. Je peux marcher plus vite encore mais ce n’est pas désirable à l’instant. Les lumières projètent des toiles d’araignées dans mes yeux où chaque point redessine une autre toile dans les couleurs mélés des batiments, des devantures, du ciel ou du sol. Je vis un territoire instant qui m’appelle de son au-delà déjà là. Que je comprends,

que je ne comprends pas. Dans ma sensation liquide où l’averse joue avec la nuit sous les lampadaires des noyades de couleurs et de formes, j’entre, je vis un monde trempé, halluciné, évident et réel. Je suis dans la rue comme dans une territoire à part fait de poursuite, de temps fuyant mais qui ne m’échappe plus. Quelque soit ma vitesse, ce temps fuyant est mon univers, je bouge avec lui comme une créature d’eau glissant sous la pluie. Je suis passant la rue qui passe. L’inconnue de la rue accueille l’étrange de mes pas dans l’insolite naturel d’un cours aussi évident qu’impossible.

N’allant nulle part, mon présent est celui du monde. Mon identité ne peut se poser en aucun lieu, elle vit sous le manteau. Flottante, transitoire. Je n’ai plus d’amour, je n’ai plus d’ami, je ne suis plus très sûr de qui je suis. Je crois traverser la rue mais c’est le temps qui me traverse. Le vent me rend sensible la marée de ces instants qui me viennent se figer sur le visage et aussi deux flaques qui grandissent sur mes épaules, une autre à l’intérieur de mon crâne, juste sous le sommet. Froid. Dans l’élan de ma mobilité je ne cesse pas de me figer, je ne cesse pas de me quitter. Ce qui grandit toujours en moi, c’est mon passé qui s’efface, c’est mon passé disparaissant. Grandissant de vouloir m’avaler, m’effacer, me disparaître. Il me suffit de me retourner, de revenir sur mes pas pour le sentir, pour éprouver une inversion, une répulsion. Je laisse une invisible trace dans mon sillage, lisible par moi seul. La trace de mon passage, la trace de mon passé. Revenir, c’est revenir au même, je vois bien que je m’y refuse, que je veux le fuir, je ne peux rien faire d’autre qu’aller toujours plus loin.

Je reprends le cour de ma marche. Avec un regard inquiet en arrière. Avec un regard happé en avant. Il y a quelque chose là-bas, juste au bout. Quelque chose qui s’agite, invisible

et vital

paragraphe de confort visuel
Dimanche 14 janvier 2007

j’aurais mieux fait de me branler

Bon, ça m’a pris du temps quand même, j’ai hésité longtemps pasque.. mais finalement je l’ai fait, courageux moi je dis, même si je tremblais un peu quand ça s’est passé, mais alors en fait ça y est que c’est fait là, hop : j’ai acheté des chewing-gum goût bite.

Mais ouais, mais y a des trucs, si on n’essaie pas, hein, ben on peut pas savoir. Alors bon j’ai pris des doux, ça plutôt, mais parce que je suis pas bien habitué et je me suis dit les doux, ils sont peut-être plus près d’une bite propre que les corsés, et bon, ben bon pour commencer je me suis dit, c’est mieux que ça doit être, alors…

ben là c’est une dragée, ça sent pas grand chose… alors y a plus qu’à hein, allez bon allez je vais pas trouiller d’une pâte à mâcher, merde quoi, allé… alllééégloup (ça y est ! hîrk)… scrounch… ah ouais, bizarre…scrounch, ah quand même, on dirait bien hein, je suis pas expert, mais je crois qu’on dirait bien une bite… scrounch… alors ça fait ça… scrounch, scrounch… mouais… on pourrait s’habituer je dis, scrounch.. tiens je vais en prendre un autre… gloup scrounch, mâh là on dirait pluch encore que ch’est bien du chus d’pine, scrounch… ah che bave… et chi che faichais une bulle… nan pas tout de suite.. me f’rais une chimulation d’éjac faciale un peu plus tard, d’abord je me fous à poil pour faire plus vrai…

bon, c’est fait… scrounch scrounch, bon, là che vais le chuchoter chur le bout de la langue… slurpslurp tiens che vais me foutre à chenoux auchi… slurp, là et comme ça chi che me les coinche entre les cuiches, che crois que je chuis prêt à faire la fille, slurp, chuste i’ reste à lancher le chédé chpéchial que ch’ai préparé… « click… allez suce ma belle »

slurpslurp

« rhââ oui suce bien ma salope »,

slurpslurpslurp(ça faut dire, c’est quand même bien particulier)

« ah t’es une bonne fille, allez tête bien t’arrête pas »

slurpslurpcrounch(oups)

« aïe ! Je t’ai déjà dit de pas mettre les dents ! »

slurp, pardon, slurp

« tiens tu la sens ma poutre ? »

(gloupgloupgloup) glourg, gwoui, chlupchlupchlup

« j’vais te la planter jusqu’à la gorge chiennâsse! »

glurpchlopchlop (rheuârk, j’étouffe)

« là cochonne tiens tout jusqu’au fond ! »

glôrp, ôrp, ôrpouahaeurkrâharghrhââ ! (argh j’ai failli l’avaler)

« ouais et maintenant mets ta bouche en cul de poule, là que je t’encule par la gueule »

glörpglörpglörp (putain mais comment elles font ?)

« ah ouais serre bien, fais monter la glu »,

(alors la bulle) pffff, (nan y pas, salope, c’est un métier), pffffff

« rhââ, ça va défoutrer ! Je vais t’engrosser de la glotte, roulure ! »

pfffsplash ! (merde trop tôt… eûûh j’en ai plein la tronche).

Drîîîng ! (merde putain vla Frimousse ! putain, merde, qu’est-ce qu’elle va penser ?)

- Te fatigue pas chéri, j’ai les clefs !

Merde, merde, merde, trop tard

- coucou Pinp… Pinpon ? Mais qu’est-ce que tu…? »

« ouvre bien grand ta bouche, traînée, jvais te couler du chrême dans le rectum de la face »

- Heu… (gloup, merde j’ l’ai avalé)

paragraphe de confort visuel
Lundi 8 janvier 2007

l’ombre au bout de la rue (2/4)

Aller n’importe où… j’ai l’impression de n’être plus en moi-même, juste un accident, une suite aléatoire d’idées à la fois irréelles et indubitables exactement comme cette rue se déploie dans la brutale évidence de son déjà là. est-ce cela, le présent ? qu’est-ce que je vois, qu’est-ce que je vois vraiment.. qu’est-ce que je cherche ?… je suis un passant, ma condition me condamne à disparaître continuellement. Je porte deux objets qui me constituent ; mon manteau, mes clefs. J’en ai cruellement conscience, mon manteau est trempé, j’ai oublié mes clefs. Si j’allais quelque part, je serais quelqu’un d’autre. ne serait-ce que ce moi contenu dans mes clefs… chez moi, cette émotion qui s’ajoure : « c’est bon de se retrouver chez soi ». ce n’est pas chez soi que je retrouve mais soi. Soi avec deux qualités cruciales ; sec et chaud. La pluie redouble, je m’arrête de nouveau. Il n’est plus nécessaire de marcher, je n’ai qu’à regarder la pluie pour avoir une impression de vitessese rendre, quelque part. Une capitulation aussi, le quelque part possède par avance le moi que je vais lui, me, donner. C’est toujours un autre moi que je vais retrouver, ou que j’évite. En marchant l’étrange augmente, je penche mon corps en correction de l’oblique que me renvoie l’averse. Ma carte du temps est territoriale, elle ne suit pas un battement continu. Le temps que j’habite, c’est toujours un espace.Pour cette raison, je suis capable de faire des sauts comme « foutredieu, c’est pas vrai, il est déjà 21h !, merde Frimousse qui m’attend pour la pitance ! ». Mon sens du temps est gouverné par le territoire, d’un lieu à un autre je vais de moi en moi, je nie le temps. L’identité que je prends pour me déplacer est abandonnée dès que possible. Mais en marchant penché de l’autre côté le déséquilibre déforme à la fois le temps et l’espace…quand je suis en avance, je commence à baguenauder pour ne pas me rapprocher d’elle trop vite, pour vivre cette montée, du temps qui me fait disparaître, le trajet, vers le temps qui me révèle, le lieu ; je ne le suis pas encore mais au bout du chemin il y a ce territoire qui fera de moi l’amant. Je m’éloigne d’abord pour le plaisir de me voir capituler sous le joug de mon impatience, qui me rendra si précieux l’instant de suspend qui accompagne le silence après la sonnette. Qui me rendra si cher le baisé à l’instant du départ. Sortant je me laisserai reprendre par mon identité de voyage. Le temps enfermé dans une poche de territoire. Vécu comme une étendue. Le présent de mon amante n’est pas le présent du monde, c’est la présence de son corps. Elle possède un instant unique qui dure tout le temps de sa présence, l’instant de sa présence.

Je vis toujours dans un temps spatial, sauf maintenant que je marche

mais je ne sais toujours pas pourquoi

paragraphe de confort visuel
Mardi 2 janvier 2007