ligne 03 07

B&D (8) – Guide du Gentil: l’hubris du troll

On suppose au troll cette croyance cannibale qu’en tuant une personne il devient une personne (en insultant l’autre on se fait exister soi). L’existence acquise toutefois est aussitôt détériorée, puisque le geste qui l’enlève n’engendre pas une personne mais un troll. La malédiction se perpétue d’elle-même. Le troll est le personnage le plus personnage (le moins capable d’être une personne) dont toute l’errance consiste finalement à sacrifier son existence en tant que personne pour ruiner la personne de l’autre. Le troll est le personnage tueur de personne. Elle détient à ses yeux quelque chose qui mérite la mort.

Quel crime les personnes avaient-elles commis pour que le troll se sente justifié à dire « je te souille car tu ne vaux rien » ? il y avait un truc qui laissait croire que le troll était blessé ou bafoué (dans son orgueil peut-être ou dans sa religion), il fallait se venger de l’autre pour se soigner.
Quand on disait « tiens un troll » on lui disait « tu n’es qu’un personnage », quand le troll tuait une personne, il rétorquait « tu n’es pas une personne ». Il y avait dans les vociférations du troll ce discours sous-jacent « non mais pour qui tu te prends, regarde ce que je fais de toi ».

Pour le troll, le crime impardonnable perpétré par la personne, c’est de se croire une personne. C’est l’hubris du troll.

paragraphe de confort visuel
Mardi 27 mars 2007

B&D (7) – Guide du Gentil: le troll

Le troll est un monstre qui bat la cybercampagne en quête de temple à profaner. C’est un monstre errant. Il émerge à peine de l’état de foule de laquelle il a conservé le pouvoir d’être tout seul plusieurs, à la fois monstre et tribu, comme l’enseignent les nombreux récits de raids. Le troll est globalement considéré comme un analphabète, une créature incapable d’évoluer hors de sa condition de troll. Le troll voyage armé (l’injure), car il tire son sentiment d’existence de l’agression. Nos démiurges pensent qu’il y aurait comme une ratée dans l’incarnation, l’âme du troll ne parvient pas à reposer sereinement en lui.

En soi ma conduite n’avait pas été celle d’un troll, pourtant il y avait bien quelque chose comme une injure non pas dans le message, mais dans la fausse identité. En cela je partageais avec le troll quelque chose : l’instabilité. Pour cesser d’être un monstre, il fallait réussir à exister de par soi-même mais ça se passait pas tout seul parce que de moi à mon pseudo, il y avait une déformation : devenir un commentateur civil, c’était accepter qu’on se fasse soi-même en faux mais pour de vrai. On disait d’un troll qu’il était un troll, on lui retirait sa condition de personne pour en faire un personnage, un sale con de personnage, on pensait « sale con » mais ce qui transitait c’était « ton personnage est pourri », ce qui voulait dire « tu n’es pas une personne réelle ». Et effectivement il n’avait rien d’une personne.

On repére fréquement un troll par un nom de guerre (mais pas toujours, il existe aussi des trolls intelligents) du type « sodomisator » (restez calmes, celui-là est empaillé). Nom qui nous donne à la fois une identité et une fonction, le commentaire ensuite constituant une application possible de cette fonction (la fonction : »je vais te niquer la gueule »). Un personnage-programme, c’est-à-dire le personnage le plus artificiel, le plus mécanique, le plus prisonnier, enchaîné dans un seul mode d’existence, tuer.

A sa manière, le troll était congénère du Coyote, de Rôminet, des Monstroplantes, ce qui laissait une question : mais pourquoi est-il si méchant ?

paragraphe de confort visuel
Lundi 26 mars 2007

trômatique (4)

On me pousse, c’est mon tour. Je m’acquitte de mon ticket, je traverse le hall. Un guichet, des tripodes, des écrans… où suis-je vraiment ? Et des caméras… qui font comme des regards par-dessus les nôtres. Dôtés du même pouvoir silencieux de pression sur le temps. Je sais que si je me plante devant, que j’en toise une, j’adopte un comportement déviant, je me « fais remarquer ». Pour rester normal, il faut échapper au champ de l’oeil électronique. L’oeil me dit comme la foule mais avec une autorité mécanique et impersonnelle que je peux passer devant lui mais je ne dois pas rester. Toute caméra de surveillance induit que je suis coupable d’être là (sans quoi pourquoi faudrait-il me surveiller ?), son pouvoir n’est pas de prendre l’image de la foule, mais de la faire fuir (l’innocence se trouve hors de la zone de surveillance, on pourrait dire aussi que c’est l’attitude du gibier face au regard du prédateur).La vocation d’une caméra est de m’inciter à vider les lieux. Dans un monde de caméra, les humains sont portés à disparaître continuellement. Mais je ne crois pas que ce soit seulement cela, le culte du métro. J’arrive aux tripodes. L’entrée dans le réseau commence véritablement ici. Elle est toujours brutale et mécanique. Ce peut être des portillons automatiques aussi. La frontière recèle des dangers notoires, le tourniquet mal enclenché ajuste l’une de ses barres à hauteur de l’entrejambe, le portillon peut se refermer sur vous. Avec violence. A l’épaule par exemple. Qu’il faut arracher de l’étau pour se libérer. Depuis j’ai toujours une appréhension d’horreur en voyant s’engager des femmes enceintes. Pour que les choses se déroulent sans douleur, il faut apprendre à tenir correctement sa place, à s’engager, à mesurer son temps, sa vitesse à la sortie.

Il existe une aptitude, un conditionnement qui fait de moi quelqu’un d’autre le temps du voyage.

paragraphe de confort visuel
Dimanche 25 mars 2007

trômatique (3)

Au dessus des tripodes des écrans bleu suspendus annoncent des événements futurs. Le prochain de ces futurs devrait être le mien. Je m’avance vers le guichet je me glisse dans la queue. Nous allons un par un humblement déposer notre obole. Au confessionnal il faut dire sa destination, écouter son prix, payer. Mais si je suis un peu égaré, l’agent derrière la vitre peut me renseigner. Il est censé connaître tous les chemins. Je me retourne, ma destination clignote.
Déjà.
Le temps va vite. Je suis en train de rater un futur. Le type palabre avec la guichetière, je sens une impatience parcourir la queue. Si l’attente se prolonge, les gens vont davantage faire corps, lâcher des soupirs, maugréer leur insatisfaction, même échanger entre étrangers des regards entendus. Des regards qui signifient la faute, qui signifient que de telles attentes ne sont pas admissibles, que l’échange de tels regards ne devraient pas pouvoir se produire. Soudainement nous nous mettons à exister par contrainte alors que nous aspirons à disparaître, à sortir de la file. Pour aller attendre encore mais sur le quai.
Derrière, les murs sont blancs recouverts à mi-hauteur d’un carrelage blanc aussi, rectangulaire comme à la piscine… est-ce pour me rappeler que je suis sous la surface ?. Combien de fois suis-je passé dans un tel lieu ? Combien de fois passe-t-on dans de tels lieux ? Deux… facilement quatre fois par jour, parfois plus encore le week-end… Une croyance est moins portée par la parole que par des actes. Quatre fois par jour, c’est un rite. Notre procession s’avance enfin, le type s’éloigne suivi de quelques coups d’oeil rancuniers. Ce gars n’a pas mérité son ticket, il a mis trop de temps à l’obtenir, c’est un mauvais voyageur. Le bon voyageur, c’est juste le suivant : un mot, un geste, il reçoit son hostie de ticket, il dégage plus vite encore en le coinçant dans la bouche pour ranger son larfeuille.

S’il y a un rite, certainement une pensée l’accompagne, si des milliers de gens agissent de le même manière, alors il y a un culte. L’action la plus simple que j’accomplis, c’est attendre, serait-ce une religion de l’attente ?

paragraphe de confort visuel
Vendredi 23 mars 2007

entr’acte (1/2)

Je n’ignore pas que notre époque se complaît beaucoup dans la poursuite de quêtes absurdes dont une des plus courantes consiste proférer en dépit du bon sens que le racisme, c’est inadmissible. Franchement. Alors que la Terre entière vit depuis si longtemps dans l’acceptation sereine d’une haine pacifique.
Mais oui.
Pacifique, bien sûr, comparée à l’immensité de la haine ambiante, les quelques menues escarmouches dont on nous rebat les oreilles ne valent pas tripettes. Et l’on voudrait nous empêcher de haïr en paix ? Ah mais non mais quelle folie !
Le racisme fait la preuve irréfutable que nous sommes capables, nous humains, d’émotions universelles, enfin ne gâchons pas cette immense occasion de nous unir au-delà des frontières !
Nous tenons enfin un message dans lequel toute l’humanité se rencontre : « humains de tout pays, je vous vomis ! »
Ne laissons pas la démagogie régnante nous étouffer davantage ! Unissons-nous pour la gloire de l’humain, d’un être humain enfin en accord avec l’autre :
fondons la première Internationale du Racisme !
Nous inviterons tout le monde ! La séance s’ouvrira au ralliement de « Vous êtes tous des enculés alleluia !» (chanson lyrique à écrire). Il est temps d’agir avec force !

paragraphe de confort visuel
Dimanche 18 mars 2007

B&D (6) – Aventure: fin du Prollogue

En prenant le nom de l’idole j’avais accompli une action sommital, il n’y avait plus rien au-dessus. Seulement au-dessous, et c’était la condition de Gentil. Le gentil semblait savoir quelque chose du secret du blog ; je devais y parvenir. Pour comprendre davantage il fallait que je cesse de me comporter comme un étranger.
Sur le blog, j’ai écrit un p’tit mot d’excuse à l’auteure.
« QUOI ? »
que j’ai entendu tout d’un coup, je me suis tourné, merde vla le Conteur, je l’avais oublié ce con. Et alors qu’est-ce qui se passe ?
J’interviens quand c’est grave, redis-moi ce que t’as fait ?
Ben, j’ai écrit une p’tit’ bafouille de pardon, de quoi c’est grave ?
Trahison ! Un Proll ne s’excuse jamais. Maintenant t’es juste un Baltringue !
Quoi ? Mais j’étais jésuite !
Rien à foutre
Ah ouais ?
Ouais
Ben si c’est comme ça je me suicide !
Alors j’ai suicidé mon usurpateur. C’était pathétique. Et long. On m’a laissé faire. Du coup j’ai réussi mon suicide, du coup je devenais disponible pour avancer. Mais il restait du chemin encore ; après avoir dit « ah je me meurs ! », occupant la scène par la négation du personnage, je me sentais bien à deux doigts de me faire Gentil, que restait-il d’autre ? Pourtant ça passait pas encore. J’avais testé l’écho, mélangés les chaises, imité la voix de l’idole, proféré toutes les inepties qui pullulaient dans mon âme malade et agonisé dans mon coin ; après le temps des monstres (ma foule), celui de la bête (l’usurpation c’était une forme d’hubris) en venait un suivant que je distinguais mal encore. J’ai rappelé le Conteur.
Alors t’as fini de faire l’andouille ?, il m’a jeté. N’y compte pas, c’est tout mon plaisir, c’est ma joie de vivre, j’ai rétorqué, mais alors commentateur alors c’est quoi ?
Là il m’a filé deux bouquins : le Livre des règles du commentaire et le Guide du Gentil.

paragraphe de confort visuel
Jeudi 15 mars 2007

B&D (5) – Aventure: baltrog

J’ai commencé à la regarder elle.

D’abord ça a provoqué un effet contraire. Le théâtre comme je le voyais avait pris des teintes religieuses : l’auteure telle une entité qui condescendait parfois à s’adresser directement aux mortels, l’auteure dans le blog comme en son temple, à la fois omnisciente, omniprésente, immatérielle et intouchable. Le blog était un temple dédié au culte de la personnalité. AA. En écoutant les méchants, ceux qu’on nommait aussi les trolls, ça devenait évident. Zgr. Les gentils trouvaient ça normal, ils étaient les plus nombreux. Mais la normalité c’est une loi qui se camoufle. Que se passait-il dans la conscience du gentil pour qu’il accepte cet en-dessous que représentait le commentaire, qui n’était même pas l’équivalent d’une note de bas de page, puisqu’il laissait dans son appréciation qu’il était trop oral pour valoir son poids d’écriture. Une scriptoralité définie par les contradictions des éléments la composant : une écriture qui s’envole, une parole qui reste, trop oral pour être pérenne, trop écrit pour disparaître. Il suffisait de consulter de vieux commentaires pour en recevoir le ressenti. Ce blog a chopé le sacrôme, j’ai pensé.
Alors, j’ai fait de l’usurpation de titre. AA… ZgrAA
Me suis fait avertir, avec d’autres qu’on était les déviants menacés de mort (censure), Zgr… il y avait deux catégories : ceux qui injuriaient les fidèles, ceux qui prenaient leur place ou la Sienne. J’étais de la seconde. J’en avais appris, ce que ça permettait d’ouvrir en brisant « le commentaire bien réglé », ce que cela fermait en hostilisant la réception du message. Mais surtout, j’avais piqué le costume de l’idole, je n’étais plus un baltringue par baptême, mais par choix (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour un proll ça veut dire beaucoup, ça veut dire que j’étais libre, libre d’être là, lala lala).J’étais devenu un baltrog, un affreux baltrog tout noir et tout sale, pipeur de pseudos, versé dans la contrebande de commenteries.

J’en arrivais malgrè tout à un second échec, ce qui ne laissait de me mettre en rage.

paragraphe de confort visuel
Lundi 12 mars 2007

B&D (4) – Aventure: la bloggeuse

Le commentaire n’était pas directement un agir le texte, il était un agir la personne. L’opération réglée du commentaire se déroulait à l’inverse de la mienne : il s’agissait d’agir du texte pour agir la personne : la plupart du temps le commentaire ne servait pas à mieux percevoir le texte, il permettait de transformer le texte en prétexte pour s’adresser à Annarchet. Pasque c’était ça son nom. La fonction première du commentaire, c’était de signifier « moi X j’ai lu le texte ». AA. Cette fonction s’accomplissait simplement en inscrivant un pseudo, le texte ensuite se trouvait libre de chercher autre chose. D’avoir tenté, j’avais quand même pigé :
Commentateur, c’était un truc de toucheur. Le commentaire c’était pas vraiment une communication, pas tout à fait un contact, c’était une touchette. En allant lui parler directement, on éprouvait sa consistance, on la faisait exister plus. Ça se ressentait partout. Deux stratégies majeures avaient cours sur le site : d’abord les gentils, qui faisaient dans le sympa du type équilibré, marrant, pas con, après les méchants, qui préféraient le nocif, l’incorrect, le sale. Il y avait ceux qui préféraient le moindre risque de ne pas être aimés et ceux qui cherchaient les plus grandes chances d’être remarqués. J’appréciais les seconds parce qu’ils n’hésitaient pas à franchir des limites mais je trouvais pour la plupart leurs techniques grossières ou inefficaces. Ça a du être à peu près là que ça s’est passé, une foucade, tout d’un coup, à sortir trois nouveaux personnages du chapeau pour faire une parodie d’un texte, à trois voix, donc (j’avais sorti la tritoucheuse).
Et poum, un premier commentaire d’Annarchet. Ça m’a fait une légère surprise, un peu comme si on m’avait regardé dans les yeux, hop, là tout d’un coup. C’était une nouveauté, ça, de comprendre qu’en faisant le toucheur, on pouvait être touché aussi. Ça m’a fait comprendre aussi, qu’Annarchet, elle existait, pas encore bien beaucoup mais plus quand même. C’est-à-dire juste assez plus pour que ça ne fasse plus assez.

paragraphe de confort visuel
Vendredi 9 mars 2007

B&D (3) – Aventure: la foule

Je fréquentillonne le bazard. Ça fait un peu comme un club. Les articles se suivent, je les suis, mais ma concentration est passée ailleurs. Les commentaires m’intéressent de plus en plus, je délimite que la spécificité du blog y est recluse (comme l’indique l’annonce typique des catablogs : »venez et lâchez vos com’ ») car la publication de texte est un phénomène connu . Cette foule-là, on reconnaît des styles, des allures, que tout de suite je trouve ça théâtral (un pseudo, une déclaration comme dans une pièce), y en a qui signent avec des noms pas possibles, des déclarations incroyables. Un club avec une scène, en fait c’est un cabaret. Ça me fascine alors je commence à tenter des trucs. Car dans l’intervale, je suis devenu jésuite – AA - (la fin justifie les moyens), Zgr après réunion j’ai jugé tolérable qu’un proll se déguise afin d’entrer dans la foule pour en explorer les moeurs.
J’inscris des commentaires de simulation, pour voir. AA. J’imagine bien que je suis pas le premier à filouter le commentaire, on est peut-être plusieurs en même temps à se prendre ensemble au piège, même en perspective ça pourrait être passionnant, à la fin on serait tous piégés à la fois tous coupables et tous victimes. Zgr. Je caresse l’idée d’animer toute une foule rien qu’à moi. Zgr. J’invente des pseudos avec des caractères et des intelligences variables et puis assez vite, j’en fais revenir un ou un autre et je cherche à modifier le cours des choses, je pose des questions, je me réponds, ça marche. C’est intriguant. Mais la foule que je cherche à concevoir, finalement ne peut servir qu’à se filer une autorité collective en faisant jouer une cohésion invisible. Devenir chef d’une troupe de baltringues ne m’aiderait pas à comprendre la malédiction cachée derrière le mot blog. Je devais tenter autre chose.

Le commentaire m’apparaissait comme un espace curieux, complexe, ouvert à un vaste champ d’expression. Les limites de sens qui le contraignaient m’étaient encore flottantes. J’allais pas en rester là.

paragraphe de confort visuel
Lundi 5 mars 2007

B&D – (2) – Aventure : le paladin-troll

J’étais revenu. J’avais élargi mon exploration. Je lisais ses textes avec un laminoir, je jugeais au marteau. Je ne m’en rendais pas compte mais je portais l’armure d’une moralité (celle de croire à la justesse de mon marteau). Je mâchais une fureur larvée. Parce qu’à force de fouiner j’étais tombé sur des textes qui avaient survécu à mon instinct broyeur. J’avais dégotté « Farine d’hymen », « Libation », «les Quatrains rouges de l’utérus hurlant», « Si petite », et quelque autres. Elle en avait gagné un statut de criminel. Parce qu’avoir réussi la rendait coupable de le faire si peu, et si bien que le crime se fondant sur l’exception, elle devenait coupable d’avoir réussi.
Mais je revenais. Pour cela j’avais une motivation plus personnelle qui s’avèrerait moins honorable encore : le blog/ce blog m’intriguait. De faire la brute m’aveuglait mais en revanche j’avais un flair, je respirais plein d’odeurs inconnues. Je pressentais des phénomènes nouveaux. Dans ma perception ensauvagée, j’avais acquis cette certitude : « blog » c’était un mot bizarre, pas d’ici, ça désignait un truc étrange qui se montrait pas. C’était trouble et d’autant plus qu’ayant adopté cette vérité commune : « un blog c’est le merde » AA, le blog m’apparaissait souillé dans son essence. Il allait me falloir un peu de temps avant de m’interroger sur cette doctrine Zgr. Mais auparavant, ça a causé une dissociation : il y avait le blog et puis le texte. Je méprisais le blog, je considérais le texte. L’espace d’expression texte+commentaires avait son insolite. Fallait que je comprenne.

Au fond j’étais entre un troll (une brute) et un paladin (j’avais raison) : j’étais un proll. AA. J’observais des infidèles (et pour dire comme j’étais sauvage, je venais d’un monde lointain, très lointain : le monde réel). Zgr

paragraphe de confort visuel
Vendredi 2 mars 2007