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Pinpon, Frimousse et un film

- il y a quand même un moment que j’aime bien dans les films hollywoodiens
- ah tiens, tu me surprends… c’est quoi ?
- la fin
- quoi, le happy end ? … toi ?, nooon, c’est pas vrai
- si, si… c’est depuis que j’ai la conviction qu’à la fin c’est toujours la femme qui gagne.
- ?
- Ecoute, au premier regard, on a l’impression que la nana c’est le trophée du héros, la poupée cadeau parce qu’il a bien travaillé. Mais moi j’y vois plus une répétition du retour d’Ulysse, parce que la femme, elle sait bien que l’homme c’est un peu comme un chien fou, il faut bien qu’il fasse toutes ses conneries sinon, il est malheureux. Alors elle le laisse faire et elle est bien courageuse, faut voir comment elle se jette toujours dans les bras du méchant pour se faire enlever, pour que l’apprenti héros là, il puisse la délivrer, nan parce que tu crois pas qu’on a autre chose à foutre que se faire secouer dans tous les sens en hurlant à s’écorcher la moelle !, alors tu vois à la fin, j’ai toujours le sentiment qu’elle lui dit : « ça y est, t’as fini de faire le con ?, tu vas devenir adulte et on va pouvoir vivre normalement ? » et lui il répond « oui, je t’aime ». Les films hollywoodiens, ça décrit l’apprentissage du monde par les hommes : à la fin, ils dépassent le niveau pan-pan, boum-boum, ils choisissent le vrai monde, celui dans lequel il n’y a pas de cascades, d’explosions en chaîne, et tout, et tout… mais comme les mecs c’est un peu longuet à la détente, il leur faut des milliards de film pour comprendre.
- ah ouais ?
- ouais.
- … eh, attends, eh regarde, tu crois vraiment qu’elle lui dit tout ça avec cte gueule ?
- Bien sûr, mais vise l’autre benêt, qu’est-ce que tu crois qu’il est capable de comprendre ?
- Ben rien justement, avec cte gueule, i’ comprendra jamais rien.
- Mais c’est tout le contraire ! regarde, comme il a du mal, déjà elle l’encourage, c’est le tout début. Enfin mais tu sais bien que les mecs, quand on essaie de leur faire signe discrètement, ils comprennent jamais ! C’est exactement pour ça qu’on est obligé de les regarder avec des airs d’andouille transcendée, c’est la seule manière de communiquer qu’ils reçoivent à peu près.
- Ah ouais ?
- Ouais.
- … je crois que j’ai pas bien compris.
- (fredonnant), ce n’est pas grave, mon chéri…
- Je crois que j’ai encore grand besoin de cascades boum-boum et de bagarres pan-pan
Elle part en courant dans la chambre pour se barricader
- … je pense que tu ne m’as pas dit toute la vérité, Frimousse.
- ah tu penses ?, vraiment ?
- oui. je crois qu’il existe d’autres raisons pour lesquelles les femmes se laissent capturer avec une suspecte complaisance.
- je ne vois pas du tout de quoi tu parles.
- je m’en doutais. il va falloir que je te torture longtemps pour que tu avoues.
- mais non, c’est tout le contraire, c’est la preuve que t’es pas encore adulte, gros nigaud : il faut que tu apprennes à prendre en compte le désir des autres !
- ah oui ?, ah mais j’y viens. alors Frimousse, tu disais, hurler jusqu’à s’écorcher la moelle, si je me souviens, c’est bien ça ?
- absolument pas, tu déformes tout, je disais lutter jusqu’à se torcher la poêle
- quoi ? tu veux que je te torche la poêle ?
- mais ça va pas, sale mufle ! je dis que c’est ton tour de faire la plonge !
- haha la plonge, mais bien sûr, attends que je te mette dans la baignoire, je vais chercher mes outils.
- Noon, c’est pas ça du tout !
- Allons tu as vu le film comme moi, mon ange, tu sais ce qui t’attend. au fait, Ulysse a appelé, il a dit qu’il sera très en retard.
- menteur ! tu mens, ça veut dire que t’es pas un adulte, t’as pas le droit, tu dois grandir encore
- eh, mais regarde ! Je grandis !, et je grossis aussi ! j’ai le droit, j’ai le droit !
- Noooon
- t’inquiète, c’est toi qui gagne à la fin ! eh, demain je loue Mad Max.

paragraphe de confort visuel
Samedi 28 juin 2008

advers cités

De retour sur mon fond d’écran, je voyais encore une ville en photo de nuit, l’ordinateur avait planté. J’avais éteint, j’y avais plus touché pour le reste de la journée. Quoique l’impatience me rongeât fort d’aller explorer ce que j’avais bien pu extraire du site, l’informatique exerçait de plus en plus sur moi l’impression qu’il pouvait sourdre à tout moment pour jaillir à l’intérieur. Mon beau courage n’étais pas contre quelques atermoiements. Et comme cela arrive parfois le ciel m’a proposé beaucoup mieux. Une visite sauvage de Frimousse. Ça faisait longtemps. La surprise m’était tellement heureuse que je lui ai surtout parlé d’elle. J’ai rien dit sur 3dW, sa présence respirait comme un air de montagne, elle était souriante, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas laissé flotter dans la baie de son sourire. Elle m’a rappelé les choses simples de la vie qu’il ne faut pas oublier. Maintenant je ne saurais dire mais je me souviens que j’étais drôlement d’accord sur l’instant. On a fini par se serrer. Oh tu sens le furet toi, elle m’a dit avec un sourire taquin, alors j’ai commencé à la fureter en la reniflant, on aurait peut-être bien pu se serrer davantage mais il a fallu qu’elle me passe une main sur les fesses. Ça m’a rappelé dans quel état de présentation je m’étais abandonné plus tôt. J’en suis devenu fuyant alors qu’elle tentait de prendre racines à l’intérieur de mon caleçon. Elle m’a regardé, je pouvais quand même pas lui dire que j’avais la graine. J’ai bouturé à la va-vite une excuse, je suis pas prêt, j’ai très envie mais je suis pas prêt. Elle a lorgné l’endroit où l’instant d’avant elle avait ressenti mon bambou se tendre vers elle comme une fleur vers son soleil. Je t’assure, j’ai ajouté, je suis désolé, pas maintenant. Quelque chose ne va pas ?, ben t’en fais une binette. Là, j’étais lancé pour m’ouvrir aux confidences mais manque de pot, ce n’est pas du tout ça qui est sorti, je n’ai pas compris pourquoi, Ecoute, je suis germé du bulbe, c’est idiot mais j’ai la vision de toi avec l’autre, ça me coupe. Elle a fait la grimace, pfff, bêcheur, ben si c’est comme ça je te laisse dans ta friche. Je pouvais pas lui dire que j’avais de la terre sur l’oignon. Elle a fini par me planter là. Comme cela arrive souvent, le ciel s’était encore foutu de moi.

Je suis revenu en pleine nuit, le pc s’est allumé normalement, les mêmes bruits de cafetière, le même souffle rauque. J’ai laissé tourner. Après vérification, tout avait l’air de fonctionner normalement, mon disque dur avait seulement perdu la moitié de sa capacité. Je suis retourné sur Acides. Il ne m’a pas fallu longtemps pour remarquer des anomalies. Le formatage de certains textes avaient changé. Ce n’était pas la première fois que je constatais de telles altérations, mais il me venait seulement que tout cela pût être lié. À quand remontait l’origine du phénomène, je l’ignorais. Mais il y avait pire. Les codes qui permettaient de voyager dans les récits de 3dW n’étaient plus fonctionnels. La vérité allait m’apparaître plus violemment encore, Acides avait été piraté, à la visite suivante, ce fut mon passe que le logiciel rejeta, l’accès me fut interdit.
La lutte a duré deux semaines. Réinstallation sur réinstallation. Jusqu’à récupérer weirdproce. Vérifier l’ensemble des écritures php et css. Pour découvrir entre autres lignes inconnues, l’inscription du symbole -e à l’interieur de certaines balises php. Corriger. Ecrire enfin, le texte qui prouvait ma victoire, à partir duquel ne pourrait plus être mise en doute la maîtrise en laquelle je tiens ce site, je le nommai « amokryte vs weirdproce » et je l’encryptai en « shazam ». Mais c’était là encore en attendre trop peu. Bientôt ensuite, les commentaires disparurent, une nouvelle fois la poursuite de 3dW fut entravée. L’attaque fut portée jusqu’au serveur. Je parvins à colmater les dommages au prix de quelques pertes mais l’inquiétude grandissait. Qu’allait-il se passer ensuite ?

Il semble que jusqu’ici mes dispositions se soient avérées appropriées et suffisantes. Je n’ai rien observé depuis qui prête à suspicion. Les publications se font plus rares pour les raisons que j’étudie laborieusement les travaux de Seth ce qui prend du temps. Ce n’est pas tout. Je cherche un moyen de rendre lisible les fichiers du livre extrait sur 3dW, mais aussi je suis rentré dans la chambre. Toutefois tant d’évènements se sont succédés qu’il paraîtra peut-être plus compréhensible de tout reprendre depuis la suite de la dernière fois, ou peut-être carrémentdepuis le début.

paragraphe de confort visuel
Mardi 17 juin 2008

connexion 2

Je me dirige vers la porte, m’approche du panneau de contrôle. Cette idée était complètement farfelue, mais elle pouvait réussir. J’inscris le code ******.
La porte s’ouvre

paragraphe de confort visuel
Jeudi 5 juin 2008

l’appart

connexion sécurisée
connexion masquée
ouverture
bienvenue Pierre Nefaux
zone extérieure sélectionnée
incarnation
demande accréditation 2
ok
statut actif zombie
statut crypté ghost
vision normale
détecteur de spiders actif
détecteur de spectre actif
firewall passif
dispersion des leurres auto
balayage de traces auto
accréditation 3
vous entrez dans salle non répertoriée
analyse de traces
empreinte Mary Morron il y a 5 jours
empreinte non identifiable
empreinte non identifiable
empreinte non identifiable
site modifié
mur
bibliothèque
table
bouteille de rhum
couloir
porte de la chambre
code d’accès : —— ?
shazam
refusé
erreur
refusé
morron
refusé
mur
couloir
porte
ordinateur

me souvenir du mot de passe

connexion

paragraphe de confort visuel
Jeudi 5 juin 2008