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s?ng?l??re 9.4

Non mais, ohé. « Là j’ai mis une main sur la glace pour essayer de voir, il y avait des mouvements de l’autre côté ». C’est vraiment nécessaire cette vitre ? Et tout ces fils là ? Avec tout ce que j’ai pris vous m’avez assez âme sonné, j’aime bien rire aussi mais l[...]. « C’est étrange vous voyez, j’ai, mais vous pouvez me dire tu, j’ai encore du sang sur les » mains, des gens sont avec moi, je ne sais pas trop d’où ils sortent mais on partage tous la certitude qu’il faut se rendre dans un lieu loin du parking que chacun connaît, aussi nul n’en parle. On sort d’une mauvaise histoire, de ce genre qu’il vaut mieux taire. Mais qu’il faut fuir aussi. Nous sommes déjà moins nombreux qu’au début, je crois qu’il s’est passé quelque chose quand nous étions dans le métro. A moins qu’en revenant, on franchisse deux fois l’escalier en passant par le soupirail. Je crois qu’il y a encore des organes. Nous portons tous dans le regard l’ombre de douleur de ceux qui manquent. Mais c’est une souffrance intime, intransmissible, parce que comme eux, je crois, si je découvre beaucoup de visages inconnus comme moi, j’entends des prénoms retentir dans ma tête dont je vois bien qu’ils ne correspondent pas à ceux qui m’entourent, m’entoure, qui m’entoure, tourne, qui me tournent, mente, qui me couvrent. Couvre. Tourmente. Tous assis quatre alignés et un en face, épris de l’envie de prendre qui tel est pris épris de prendre qui tel est pris, de prendre épris qui tel est pris est pis que pendre. . On est beaucoup plus de cinq, mais heureusement on se méfie des chevaux. J’entends un couteau tomber dans la cuisine, Frimousse doit être levée. On marche au travers d’allées bordées de buissons ou d’arbres avec des bornes à incendie fondues et des fontaines éventrées. « On se hâte, le site semble immense. Vous n’avez pas l’air de me croire, mais pourquoi mentirais-je ? Je me tourne. En cours de route je reçois » des appels mais le réseau est mauvais, ils sont immédiatement. Renvoyés vers ma boite vocale. Il faut se concentrer pour rester sur le chemin. Je me souviens que Lore cherche à me joindre, c’est la raison pour laquelle je me déplace vers cet endroit où nous avons prévu de nous retrouver. C’est cela. Il y a toujours un chemin. Elle doit me confirmer le lieu du rendez-vous. Je sais que si elle appelle, c’est qu’elle a rencontré des difficultés et qu’elle demande de l’aide. Toujours un chemin, c’est tellement rassurant. Seulement, elle n’appelle pas. Je suis incapable de composer son numéro, je ne sais plus dans quel ordre, je ne sais plus lequel, le clavier numérique est illuminé de petits signes incompréhensibles. Un chemin, s’il suffit de marcher je peux le faire. Son identité est masquée sur le journal d’appel, les seuls chiffres qui restent lisibles sont, j’en suis certain, ceux d’un autre qu’il faut éviter. Au fur et à mesure de la route, les appels en absence augmentent et mon angoisse aussi, il y a toujours un chemin .Le répondeur me renvoit continuellement les mêmes paroles. « je ne suis pas là, vous pouvez parler à ma boite à blabla », « shhh[...] anomalie de signalementshhhhhh [décroche s'il te plaît] communication interdite… ». « salut Amok, ça fait deux heures que je t’attends à la gare, me dit pas que tu t’es endormi. Rejoins-nous au plus vite, je suis avec [****] et méfie-toi, il y a des leurres parmi les leurs ». . Je ressors de la voiture, il faut que je prenne une douche et un chemin. Quelqu’un devait passer pour nous avertir. Un chemin qui s’éloigne. Sinon comment l’aurions nous su. Je me suis vu deux fois devant le miroir. Mais personne n’était venu. De droite et de gauche dans les reflets du miroir. Nous restions dans l’attente de savoir. Si quelqu’un était venu, on sait bien ce qui serait arrivé. Trouve à l’infini opposé du monde sa boucle dans mon regard. Où suis-je. Mais non pas la petite fille, c’es[...]

paragraphe de confort visuel
Mardi 24 février 2009

sang?l?re 9.3

Je le suis. Tu marches à ses côtés. Sur un chemin de dalles béantes. Tant qu’il ne se passe rien. Il regarde ma main. Nous marchons. Il le regarde à la dérobée. Je garde un oeil vigilant sur lui. Il me regarde à la dérobée. Ne pas le perdre de vue. Je regarde sa main. Il regarde sa main. La violence, c’est l’instant d’avant. Il garde un oeil vigilant sur lui. Il regarde ta main. Je te regarde à la dérobée. Eviter le pire. Tu dois te prendre en main. Il fait un faux mouvement. Tu trébuches. Quelque chose me passe devant la face. Il te rattrape par la main. Je garde un oeil vigilant sur lui. Il regarde ta main. Tu me suis ? Eviter le pire. Tu le regardes à la dérobée. Je te suis. Ne pas se perdre de vue. Je regarde sa main. La glace est trop fine. Il garde un oeil vigilant sur toi. Tu marches à ses côtés. Tu regardes ta main. Tant qu’il ne se passe rien. Je le regarde à la dérobée. Il regarde ta main. La violence c’est l’instant d’avant. Il regarde ta main. Ne pas le perdre du vue. Tu le regardes la dérober. Tu le regardes la dérober. Quelque chose nage sur ton visage. Tu fais un faux mouvement. Je trébuche. Tant qu’il ne se passe rien.

Je le regardes aller dévorer.

Au bout dans une clairière, nous rencontrons d’autres de ses congénères. Pourtant ils cessent de parler. Il se remet à neiger, le temps se fige. Tu penses qu’ils disent. « Tue le regard. Dalle adhère aux baies » mais je ne t’entends pas. Il y a une main dans la neige. Et un oeil rouge écarquillé. Bon, écoutez, ça fait longtemps que je suis là, vous croyez pas que ça commence à bien faire. .

paragraphe de confort visuel
Jeudi 19 février 2009

sangulaire 9.2

Mais il ne fait rien. La violence c’est l’instant d’avant. Tu penses qu’il va venir. La prudence c’est l’instant d’après. Préférer un risque imaginaire à un risque réel, dis-tu. Tant qu’il ne se passe rien. Je pense qu’il s’approche. L’imaginaire, c’est l’horreur. Il pense. Le réel c’est la mort. Ne va pas dans les ténèbres, il ne faut pas se perdre de vue. Eviter le pire. Tu vois dans la silhouette brumeuse qui lui remplit les yeux qu’il me regarde. Tant qu’il ne se passe rien. Comme si chaque instant passé me rapprochait pas à pas du moment libérateur qui doit advenir tôt ou tard. Comme s’il suffisait d’être patient. De ne pas céder à la terreur. Je sais qu’il sait même si tu ne trahis rien de sa pensée. Il n’est pas trop tard, il serait temps de te prendre en main. Tant qu’il ne se passe rien. Il pense que je ne l’entends pas. Tandis que pas à pas, égaré par la promesse de l’instant qui doit venir, tu sens qu’il me dirige, vers la venue de l’instant qu’il te promet. . Un corps de baleine passe sous la glace. Ni tête, ni queue, ni nageoire, mais deux petits bras agités de nourrisson. Il le saisit par le poignet. Pour l’empêcher de choir. Je pense que la glace est trop fine pour retenir le monstre, dit-il. Tu dois être prudent. J’anticipe. Tu me suis ?

paragraphe de confort visuel
Mardi 17 février 2009