Apparition

Dans tous les reflets, je vois un autre qui m’observe comme si j’étais lui.
Dans ses yeux, je lis toujours ce même secret qui m’échappe. Et plus il me regarde, moins je me comprends, qu’il soit de verre ou de métal, il est toujours de glace. Et toujours je finis par baisser les yeux, retrouvant ce corps, étranger comme lui et lointain comme moi qui suis son hôte comme lui qui suit son autre. L’autre qui s’ignore et qui se prend pour moi
laissant toujours lorsqu’il disparaît l’empreinte de mon vide dans la vitre aveuglée.

  1. L. :

    Les traits passés
    Des moires passé
    De ma mémoire
    Les trépassés
    Les noirs secrets
    Dans le miroir
    Je scille.
    Ecarquillée de convulsions
    En révulsion la traversée
    L’image se brouille
    En corps la trouille.
    J’écoute le cri des cormorans
    Le bruit des corps tournoyants
    Au versant vermeil
    Le décor mourant
    Déchante.
    je pose ma main sur le verre
    Je vois
    Des factions de moires
    Défilent dans le noir
    Déchiquetent la mémoire
    Anéantissent
    Dévorantes.
    je pose ma main sur le verre
    je bois
    Les trépassés dans le miroir
    Ont très haut passé
    De ma mémoire
    Pétrifiction et jeux de moires
    Putréfaction et désespoir.
    le verre posé sur ma main
    bois le Je
    Couleur passé, jeux de miroir
    Dans le noir ténébreuse et obscure
    Je détiens le pouvoir
    Du Je du miroir
    vois la main posée
    sur ma mère le père voit le
    verre posé sur l’amer
    pers les yeux posés sur l’âme
    errent.

    13 janvier 2008 23 h 50 min

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  2. L. :

    Mais cette fois, il ne baisse pas le regard. cette fois il se refuse à suivre l’autre.
    Il fixe l’empreinte. Il évite de retrouver son corps. Il fixe son vide aveuglé dans la vitre. Il se refuse à être reflet.
    Une volonté inflexible l’amène à ne pas lâcher son aveuglement. Il fixe déterminé, immobile, la vitre, l’autre, corps et reflet confondus.
    Aveuglé il regarde.
    Encore.
    Aveuglé il ferme les yeux.
    Il regarde
    encore.
    Et
    quelque chose s’éclaire.
    Il inspire. Il sourit. Il se roule une clope oublieux déjà de cette lumière qui prolonge son sourire, qui le baigne, vers laquelle dorénavant il oriente ses pas.

    12 février 2008 9 h 41 min

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