sangulaire 9.1

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Bon alors je me retrouve. Quelque part je suppose. Il faut bien que ce soit quelque part. Même si cela n’a pas de sens. Je connais cet endroit. Je ne l’ai jamais vu. On est là, il fait nuit. Sur le parvis d’un bâtiment moderne doté d’une façade miroir en bizeau et monté sur piliers. Avec une telle configuration qu’on se demande s’il ne dessinerait pas un motif vu du ciel. Un schéma, un symbole peut-être. . Il y a des bris de verre au sol, des traces de brûlures sur le gazon, les bancs. Sur le béton aussi. Ça laisse le sentiment qu’on est arrivé trop tard alors que j’ai la conviction de m’être échappé à temps. Que l’urgence est en chemin, qu’elle se précipite derrière moi. Là je relève la tête vers une plaque noire luisante légèrement translucide, vous connaissez cela je suppose [...], avec un sourire pâle. .

Ensuite il s’avance à grands pas le long d’un chemin qui borde une forêt. Il fait nuit mais la neige diffuse une lumière ouatée, juste assez ténue pour que les ténébres entre les arbres resserrent leur épaisseurs. Percées de baies rouges écarquillées qui pendent par groupes de cinq à des pédoncules effilochés d’écorchures. Le lit du chemin au centre est couvert d’une couche de glace qui laisse deviner des mouvements au dessous. La Lune est noire comme une pupille. Qui se balance lentement dans l’onde nupale comme un globule au bout d’une trompe. Je suis rejoint par un humanoïde au corps écailleux, aux membres palmés. Des excroissances comme des anémones naines de couleurs tremblotent sur son corps au gré du vent. Mais ce n’est pas l’ennemi qu’il fuyait. Ce n’est pas toi qu’il approches. Il vient, il lui parle. Je sais qu’il est dangereux. Ses intentions sont encore humides d’horreur. Il dit qu’il s’est perdu mais tu n’es pas là où je croyais, il peut t’accompagner. . Sa bouche nourrit des mots où la patience engraisse des armes. Ce n’est pas lui qui parle. Il vient un instant. Tu penses beaucoup trop fort. Il y aurait peut-être une chance si je l’attaquais le premier.

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