Mercredi 23 janvier 2008

B&D 2: la geôle (l’Amokryde)

La blogosphère avait quelque chose de l’institution totalitaire. Le blog n’était pas sans accointance avec la prison. Il me semblait à sa manière une fuite (volontaire, quoique le mot mérite quelques précisions) dans un espace carcéral sous triple surveillance, celle du blogueur tout d’abord active grâce au Compteur de visites (absent sur AF, sentez-vous libres, AF n’est pas un blog), celles des visiteurs ensuite dont l’attitude consistait à faire le tour des blogs favoris comme on fait une ronde (le visiteur avait quelque chose du maton, si le comportement du blogueur présentait selon lui des défauts, il s’empressait d’avertir, de corriger, ne serait-ce que les erreurs d’orthographes), celle de la blogosphère enfin par le système d’aggrégation. La surveillance non plus exercée par un seul mais par tous sous couvert d’échange sympathique, il y avait là un aspect qui n’aurait pas déplu à Foucault.
La meilleure manière de progresser dans la blogosphère consistait à participer le plus possible, à se tenir au jus de la moindre nouveauté. Il y avait de quoi se demander quelle proximité le blogueur ou le visiteur entretenait avec le « fou » décrit par Goffman dans Asylum ; quoique l’un voulût rentrer et l’autre sortir (quel beau retournement), il fallait d’abord affronter des spécialistes à fortes positions d’autorité et soucieux d’avoir continuellement raison (…posture dans laquelle le lecteur prudent n’omettra pas de m’inclure un instant, le temps j’espère d’exercer son sens critique). Tous les jargons disponibles pouvaient servir à marquer des différences, à délimiter des cercles. Le langage avait-il jamais autant servi à fonder des exclusions ? Fallait-il s’étonner que le blog se fasse aussi efficacement le relai de la pub (la sainte morale) ? Le blog fonctionnait sur un principe contradictoire, moteur d’une « singularité » saisie dans un réseau : il s’agissait de relier un maximum de personnes pour mieux s’en extraire. Réunir et exclure devenaient une opération unique car la singularité ne pouvait se fonder que par la négative : une personne se détachant du plus grand nombre. Les liens indiquaient aussi quelque chose du « voilà le niveau à partir duquel je suis différent de… ». La plupart du temps la valeur des liens restait comparable à celle d’un catalogue (« nous avons aussi la marque untel ») sous le voile constant de la Grande Société des Gens Biens.
Que l’intention déclarée dans l’ensemble fût plutôt bienveillante n’empêchait pas une dose d’oppression dans les gestes, que la motivation soutenue fût celle de la distraction ne modifiait pas les lois du dispositif. Au contraire l’intention et la motivation semblaient davantage provenir d’une adaptation définie par des représentations modernes : la distraction bienveillante définissait le code comportemental approprié à la société de loisir. Il suscitait la transformation d’une contrainte extérieure (l’autre m’empêche d’être moi, l’enfer c’est les autres) en désir, désir de correspondre pour être visible (l’autre me permet d’être moi, le paradis, c’est les autres). Tout jeu de mots inclus, le blog fonctionnait sur une logique de correspondance, basée sur le divertissement, c’est-à-dire la diversion, pratiquant une suppression du monde pour en délivrer une copie. Aussi bien la parole des satanistes « rien n’est sacré, tout est permis » s’était modifiée pour devenir « tout est factice, amuse-toi bien ».
Projection fidèle ou peut-être servile de notre monde « post-moderne ».

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 23 h 21 min  
(L'Amokride, blogeons & drablogs, contes de Belfoirie)

Vendredi 10 novembre 2006

du bonheurs d’être papa

Faut dire au début, franchemlent, j’étais pas partant. J’étais sûr que l’avorton allait se récupérer mon code génétique dans la gueule. Là je me disais, est-ce qu’on peut vouloir du mal aux gens à ce point là ? Y a des limites non ? J’avais quand même la possibilité de faire un geste pour l »humanité en me retenant, c’était pas trop cher payer.

Mais Frimousse, elle m’a bien ri. Elle m’a dit que je faisais le vaniteux, comme si mon code, il était plus fort que le sien, elle m’a ricané. Moi je lui ai rétorqué, non, pas plus mieux, plus pourri : ch’uis sûr que dans le foutre, c’est comme les restes des animaux, y a des albinos tout cheulous, méchants, des… des spermocoques ! , ch’uis sûr que j’en ai plein. Ça l’a pas changée (elle est têtue), du flanc !, qu’elle m’a jeté, tu dis ça pasque t’as la trouille, mais tu crains rien, tes spermocoques, grand couillon, i’ passeront pas, c’est grâce à Darwin, i’ passeront pas.

(je savais qu’elle avait un amant) alors on l’a fait. Il est là le moutard. Ben putain, qu’est-ce qu’il est laid. Dard-win, hein tu parles d’un tocard. Mais ça y est ch’u papa. Ridicule, hein.

Ben en fait chu content quand même, je l’aime bien le petit con. Sacré jouflu, il est tout mou, on voudrait le faire cuire, un soufflet de mouflet. Mais en fait, j’ai trouvé mieux. J’ai découvert des choses, ahlala, hein par exemple (mais c’est entre nous pasque les fille, elles comprennent pas ce que c’est qu’être papa), ouais alors j’ai trouvé quand Frimousse a le dos tourné, j’embarque le mioche dans la salle de bain (je ferme), je relève mon t-shirt et je lui pointe mon téton poilu. Il gobe tout de suite le nigaud, ah c’ est super. Alors je me le cale bien sûr le bras en appuyant l’épaule sur le mur, là vers l’angle, pis je me colle la tête pour avoir le pif dans le coin où ça sent le sale, j’aime bien, et pendant qu’i me mignote le pointard, je me prends mon autre main et je m’enfiotte des doigts dans le cul,

ah non vraiment c’est du délice !

Ah vive les mômes !

Eh c’est pas de l’inceste, hein, j’ai le droit, y pas maltraitance.

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 19 h 44 min  
(contes de Belfoirie, farfelurettes)

Lundi 23 octobre 2006

nébuleuse du souvenir (Lore – le crime)

bien sûr je me rappelle,

une bougie qui enflammait.dans la vitre et le camion benne partait,

« montre-moi le soleil, fais-le si tu m’aimes : avant que la nuit soit terminée, un grand choc qui réveille ».

C’était toi qui réclamais.

« nous tenterons l’impossible, mon bel amour »

Une opération extrême.

Deux fois dessus une fois derrière, le noeud est bien serré, cette fois c’est pour de vrai.

Comme tu me souriais.

Avec de petites coupures, piquées un peu partout, toutes les horreurs du monde,

j’avais tout tâcheté.

On aurait dit une sirène passée au rouge, une robe osée de sang, bleue de râles à faire palpiter le coeur. Je n’oublierai jamais

On allait y arriver, « un instant j’y suis presque » des larmes plein les yeux,

après tu t’étais évanouie.

Des rubans de vie mouillés, dans tous les sens juste sous l’épaule, ta baudruche dégonflée, je l’ai senti passer. Tu n’en es pas revenue.

Ce rêve insensé.

des hommes blancs et la police venaient.

c’était déjà demain.

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inscrit par Amokryte 8 h 08 min  
(Lore, dysforie (chroniques), passerelles migratoires)

Dimanche 6 août 2006

mots croipolar (2)

cette intrigue vous semblera certainement bien plus simple que la première. Pourtant, elle fut pour Greuk d’une apreté bien suprieure. Ceux qui oseront relever le défi comprendront pourquoi.
Acides foriques présente : « Une affaire personnelle ».

télécharger la grille en .doc

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inscrit par Amokryte 22 h 42 min  
(contes de Belfoirie, mocroipolar)

Lundi 14 août 2006

mutaphasique étendue

est-ce que, non

mais non, je

je,

je non

ne suis pas ce je ne suis, que tu, que tu, ce non,

je non, que

je t’entends, je t’entends, ce moi, ce

quoi, ce,

que tu me, contre, que tu

ce ça, ce ça, ce sss-

ssale ce, sss-

lui ce lui, ce, ce

monstre
non, je non, je, je

dire

ne suis ce je, ce je ce,

dire je dire, je, dire te dire te dire que dire

que tu me, que, tu contre, que tu me, dire je dire, je,

dire, non, dire non, dire non, dire non dire, je t’entends, je t’entends, dire non dire non dire non q-q q, non dire non, q-q q, non dire non, q-q, contre, que contre, que je ne peux, que je, que je ne peux, de ce ça, de ce ça, de ce ça je non, je, je, je ; je non je, je, je ; je non je, je ; dire, dire, dire, dire, dire ; je non je ; je non je ; je non je, je, ne suis pas ce je suis ce je suis je ce dire, je ce non, dire non, dire non, ce-ce, ce non, je, je ; je non je, je, je ; je non je, je, je ; ne suis pas ce non, ce suis, ce suis, ce Lui, ce sss-

……………………………………………………………………………………………………………………………………………

si,

sss-

si, si

dire, dire, dire, dire, dire, dire

si

si je si,

je, tourne ça tourne

je, j

trn ç trn contre, j, j, je

dr, dire, dr, dire, dr, dire, dr, dire, dr

j, j

dire, dr, dire, dr, dire, dr

j t’entends j t’ntnds j t’ntnds, j, j,

j nn j, j, j ; j nn j, j ; j nn j ; j nn j, j nn j, j, j ; q t m t, q t m t, q t m dr, dire, dr, dire, dr -sss dr, trn trn -sss, dr -sss dr, trn trn -sss, sais que je non que ss q j non q, ss, c ss, c j, c suis, q j n px, q j n px, q j n px, d c ç, d c ç, d c -sss, sl, cntr, nn, dr, nn dr, ss c mnstr, ss c mnstr, ss c mnstr, ss ç trn, ss j trn, ss j nn, j, j, j ; j nn, j, j, j ; j nn j, j, j ; q-q, q nn j, j, j ; q-q, q nn j, j, j ; trn, q-q, q, trn, j nn j, trn, q-q, q-q, q, d………………. ………………………………………………………………………………………… d…………………. ……………d.d………………………………………………………………………………….d……………………………………………….. ………………………………………………………………………………d………………………………………………………………..
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…….d……………………………………………………..L.e.s-m.o.t.s-t.o.u.r.n.e.n.t-d.a.n.s-l’a.i.r-l.e.u.r.s-a.i.l.e.s-o.r.a.n.
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m.a.n.g.e.r.-dr-dr-dr-dr-dr-dr)

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 11 h 26 min  
(dysforie (chroniques))

Mardi 26 août 2008

Instructions (seuil : vigilance)

Les travaux d’assainissements ont été mené avec succès. La zone de prospection est considérée comme de nouveau sûre (on relève un taux de perte ou détérioration inférieur à 1%, une équipe d’inspection sera envoyée en temps voulu). AF évolue maintenant avec un moteur d’une nouvelle génération. Les systèmes de protection ont été renforcé (disperseur de trace, brouilleur d’onde, bouclier passif à trois niveaux, clefs de sécurité à codage multiple). Les classes spécifiques de chaque équipement sont maintenues secrètes conformément à la chaîne de confidentialité prévue par les psychoparanoïstes. Vous recevrez vos nouveaux passes et identifiants par les voies oniriques habituelles.

Les conditions climatiques des zones extérieures ou inconnues analysées par nos senseurs indiquent des niveaux d’hostilité délimités entre « dangereux » et « mortel ». Toute sortie doit faire l’objet d’une requête préalable, d’un suivi continu par RCE. Les volontaires devront se munir de combinaisons host pourvu de SILAM et subir une quarantaine au retour. (pour toute autre action, appliquez les conditions conformes au phénomène de SSW).

Les lignes de turbulences affectant le déplacement d’AF laissent ouverte la possibilité qu’un vaisseau-ombre se meuve dans notre sillage. Toute information sur le sujet doit être envoyé au PsyLab (niveau de confidentialité : critique).

Libérez Amokryte de sa stase léthargique et laissez-le poursuivre comme si de rien n’était.

Fin de transmission

Admin.

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 17 h 12 min  
(3dW)

Mercredi 29 mars 2006

noyade infralucide 1 (2ème partie)

mon crâne tinte comme une coupole de métal suspendue, mauvais rêve. J’ai les yeux comme des plaques de verre, les abat-jours coniques flottaient sous la surface du plafond avec des fils de perfusion piqués partout dans le corps comme sous le halo d’une méduse, pas un restaurant, un hôpital. La tête gonflée et toute molle, ou alors c’est un ventre, mais il y a trop de membres autour. Masque à oxygène, il y a deux silences puis une respiration. La plupart ne survit pas, elle me dit, ceux qui survivent sont remis à l’eau. Certains s’en sortent, on les suit à la trace pour les faire disparaître. Je lui demande de quoi il retourne. Ils pensent que le prochain, c’est toi ; tu le portes déjà. On sort. A travers la vitre je vois une femme accouche, une forme de chair sort de son ventre, plissée d’abord puis elle se tend, elle grandit, elle enfle, la femme hurle, la forme gonfle encore puis soudainement, avale la femme,le corps disparaît avec la tête, les lèvres se retournent et se referment sur les bras et les jambes
Une pieuvre s’enfuit
Pourquoi ai-je cru que F était là ? Le lit est un bain de sueurs chaudes et froides tellement salé qu’il ressemble à un escalier souterrain. Je vais aux toilettes J’ai le sentiment que quelque chose d’écœurant s’est produit.
au bout, m’indique le serveur, je la rencontre de nouveau, Lore, ses cheveux sanguin tournent comme une robe, elle a changé, son corps est comme métalysé, je me reflète à demi dedans, tu ne te rappelles vraiment rien ? je ne me souviens pas. le verre est un liquide, il va exsuder après il y aura infiltration, il y a un lien ça va te revenir, ça remonte de loin, mais le temps est contre nous, le train va partir, il faut que je me dépêche. A l’aérogare, une flottille de trains oscille enchevêtrée autour de cinq ou huit étages, je ne dois pas être au bon endroit, les trains sont ruisselants avec des algues accrochées aux caténaires. A l’arrière, l’air devient liquide. Je me retourne, j’essaie de lui dire quelque chose mais je ne trouve pas quoi. elle a un regard vers moi, le sang fait deux étoiles sur la vitre, elle se voile, les étoiles glissent vers le sol, son corps s’effondre… je ne sens plus mes jambes, j’ai manqué quelque chose, des hommes en blouse la traînent, deux tâches rouges s’allongent, je flotte, je ne me suis pas réveillé, je voudrais sortir mais le train s’engouffre. Bloqué un moment comme prisonnier dans le tube, puis il jaillit dans l’eau sale du port. La mer est coupée en deux par un fil. Je me renverse sur le siège, Je sais que le train m’emmène vers F, mais je ne veux plus me réveiller, apprendre une seconde fois ce qu’il s’est passé. Au bord de mon rêve coule la lymphe, mes testicules se serrent, s’écrasent contre mon corps pour y rentrer, appelés à remonter à l’intérieur jusqu’à affleurer sous la gorge.
Ça me revient
Salle de bain
L’ombre de sa chevelure flottait sur les dalles et son odeur. Au bas des marches, F, je n’ai rien pu retenir. Son visage recouvert d’un tissus, la robe retroussée sur les jambes, lisses qui se croisent avec des jointures courbes.
Blanc sur rouge,
rien ne bouge.
Quelque chose m’encombre, je me mouche, une sensation de malaise me secoue le corps, la gène est toujours là, j’en sens comme l’extrémité mouvante avec mon souffle. Appréhension. A deux doigts enfoncés, je pince, je tire, quelque chose de caoutchouteux bouge au fond de ma gorge, répulsion, je tire, douleur, libération : je tiens un tentacule de poulpe
Tournis…
…J’ai oublié mon sac de gerbe, ça me revient,
il était crevé, un filet sinueux et grenelé disparaît sous la bonde de la baignoire. Je l’essuie. Plus de trace, vertige. Le pommeau de douche me remue sa chevelure à la face.
Boire, je respire de nouveau.
ça me revient
Le téléphone sonne, je sors ruisselant, je décroche trop tard, c’est F, sa voix est comme métallisée. C’était un accident. Silence, silence,
respiration. Je lui dis que je suis capable de marcher, que je ne me répandrai pas. Si elle peut avaler, on peut dîner. Elle a mal, la tête lui manque encore. Elle me demande si on sera mieux après, bien sûr que non, on sera plus mal encore, mais souffrir ensemble c’est tout ce qu’il nous reste… on se retrouve comme l’autre fois… ou ailleurs, tant qu’elle est là ça revient au même.
Miroir… hâve, cernes noires, ecchymoses, lèvres coupées, je n’ai jamais eu une figure pareille.
ça me revient

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 17 h 19 min  
(dysforie (chroniques), jointures courbes)

Mardi 16 décembre 2008

sangulaire 3

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« Je suis pas là, vous pouvez parler à ma boite à blabla » bip

- Salut Seth, ça va ?, c’est Amokryte.
- Oh salut vieille carne, dis ça fait des siècles, je me demandais si t’étais mort.
- Oui moi aussi mais en fait je crois que ça se rapproche, là chuis planté sur une aire d’autoroute, je crois que j’ai oublié de me doucher, je commence à renifler le furet et j’arrive plus à retrouver ma caisse. Ça me tue ça, j’avais un truc important à faire mais, et j’ai l’impression que c’est pas la première fois, je ne me rappelle pas, le dossier que j’ai pas lu est parti avec la bagnole.
- Hahaha, toujours le même, alors ça y est, t’es arrivé au purgatoire ? Mais comment t’as fait pour atterrir à Cerbere, c’est la gare à la frontière de l’Espagne, non ?
- Ah c’est ça ? Aucune idée, au départ je voulais passer à l’Enfer à Montparnasse parce que j’avais rendez-vous, avec toi d’ailleurs si je me souviens, mais j’ai du me faufiler en gourrance parce que je suis arrivé à la Locomotive, cte boite de crevards, alors bon, je suis arrivé trop tôt, y avait personne à part des vieux pervers mômifiés, des têtes de félins et des chevaux à pattes d’insectes, je me suis barré, je savais que j’étais suivi, y avait une file de taxis comme pour un enterrement, je me suis dit « si je monte là dedans, y vont me mettre la mort au compteur, alors j’ai pris celui d’après pour rattraper une fille sublime avec des yeux en amandes qui m’avait taxé des clous de cercueil en me glissant une invitation brûlante et mensongère, j’ai cru à un indice et en sortant j’ai constaté qu’on m’avait chauffé ma tire. C’est pour ça, je voulais te dire, attends-moi, je vais être un peu en retard mais j’arrive, d’ici vingt minutes ».
- D’accord, arrête de réciter, à tout à l’heure mais je ne serai pas là avant demain, l’ascenseur est parti en désinfection à cause des libellules qui attiraient les malindrômes, et puis là je suis avec quelqu’un. Elle m’a assuré que c’était dangereux, on n’est pas tout seuls et les autres sont experts en imitation et en leurre, l’un ou l’autre, ils savent tout faire. Mais elle a entendu parler de Lore, on dit qu’elle a changé, qu’on ne peut plus la reconnaître que de dos et qu’elle est très pâle.
- La pauvre elle doit avoir le corps rompu, j’arrive toujours pas à encaisser. Mais pas question de lâcheté cette fois. Les temps morts comme là où chuis, je me dis que c’est plus proche de la vraie vie, j’ai l’impression qu’il va se passer quelque chose. Peut-être qu’en revenant tout à l’heure, j’en saurais plus.
- Tu penses rencontrer le salut en attendant sur un parking ?
- Je sens qu’il y a quelque chose, la voiture qui disparaît, ça me fait comme une promesse mais c’est encore crypté.
- Si tu la revois, vérifie que le dossier, … Elle dit aussi de se méfier des sens interdits, fais gaffe. Bon, il va falloir que je raccroche parce qu’elle risque d’appeler avant de venir. Après je ne me souviens plus
- Je comprends, bon ben salut et à plus tard.
- Salut. Préviens-moi si t’entends sonner, sans faute hein, j’aimerais pas me rendre compte que c’est pas arrivé parce que j’ai oublié d’ouvrir.

Promis, je t’appelle si j’entends que ça sonne, allez salut. « Ciao. Essaie la station service, peut-être ils auront vu ta bagnole ou tu trouveras quelqu’un pour t’emmener. » Je préfères pas, j’ai vu de loin leurs affiches « mettez un tigre dans votre moteur », ils ont plein de bidons marqués « white spirit » dessus, alors tu vois je suis à Cerbere, les bornes à essence marchent toujours par deux, j’ai bien l’impression que c’est ça qu’on appelle des dieux psychopompes, il vaut mieux que je reste sur le parking, d’autant qu’au prix du litre, l’obole pour remonter l’autoroute de l’été, ça va me coûter un oeil. Alors t’as rencontré quelqu’un ? « Ouais salut, on dirait bien, c’est un peu brumeux maintenant, je crois même que ça s’appelle une relation, faudrait que je pense à vérifier sur l’ordi des fois que ce soit un fake, l’anti-virus a pas moufeté mais des fois ça pourrait être aussi une backtérie, j’ai un souci avec mon ms-dos. T’aurais pas entendu un bruit des fois là ? ». Non je ne sais pas. Il était des fois…. Ça ressemble à un conte à répétition ton histoire. Bon allez salut, alors. « Tu lui diras toi-même quand tu la verras. Ou un conte à rebours, je me demande, c’est pas croyable l’effet de déjà-vu que je reçois avec elle. Comme si toutes les premières fois faisaient recommencement mais recommencement vers l’origine. Ecoute, débrouille-toi pour laisser une trace sur ton site à un moment ou un autre, ça nous servira de repère ». Ça fait un mois que j’essaie mais j’ai l’impression d’avoir passé mon temps hypnotisé à lire mon nom dans un miroir. Et à l’origine de ton histoire, y a quoi ? « Je me rappelle juste que ça résonne, j’attends de le revivre pour m’en souvenir. Tiens et tant que tu es là, je te rends ton bouquin, le truc là, Les Poètes du Grand Jeu ». Ah oui merci, alors tu l’as lu ? « Non évidemment j’ai adoré les textes sur les rêves, imaginer qu’on se réveille au moment où l’on s’endort pour parvenir au rêve lucide, ça me paraît lumineux, il faut absolument qu’on essaie. Dès que la fille arrive, je pars me coucher pour te rejoindre ». Oui à tout à l’heure. Il faut vraiment que tu t’endormes pour qu’on se rencontre. « Et là t’as pas entendu un bruit ? ». Un bruit de bagnole mais c’est pas la mienne. Merde, je la reconnais, c’est la fille de la boite. Putain cette bagnole j’hallucine, on dirait qu’il fait nuit autour, elle ressemble à un submersible avec des fuites dans les couleurs ! « Fais voir ». Tiens regarde. « Mais c’est la nana que j’attends. Bouge pas je l’appelle ». Elle décroche, j’entends une sonnerie. On dirait qu’elle ment. J’entends mal, ça me plaît pas du tout, je suis sûr que sa voix montre des morts qui transpirent. « Ok j’ouvre la porte. Impossible de lire son numéro, y a quatre étoiles sur le cadran ». Elle me fait signe de monter, c’est peut-être une invitation, j’ai l’impression de sentir des brûlures sous la peau mais je ne vois pas le dossier manquant. . . Quelque chose me dit que tu devrais prendre ma place, il faut absolument que je revienne sur Paname et toi tu comprendras peut-être ce qu’elle veut. D’accord je descends. L’ordi détecte une étrange architecture magnétique avec des noeuds bizarres, c’est identifié comme des dyamants. Tu comptes faire comment ? De la « joieillerie », ça ressemble au caractère de Lore d’avant, gai et railleur, ça peut être qu’un piège. Si je m’en tire, faut que je parvienne à Gare de Lyon après je prendrai par le parc de l’Escabelle. Mais si tu dé[...

Appuyez sur (1) pour réécouter, sur (7) pour modifier, sinon merci de raccrocher].

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 22 h 24 min  
(dysforie (chroniques), sangulaire)

Vendredi 2 janvier 2009

sangulaire a + x

le carré du sens et de l’inconnue génère le sens du sens, l’inconnue de l’inconnue plus deux sens inconnus

le carré du sens sans l’inconnue génère le sens du sens, l’inconnue de l’inconnue moins deux sens inconnus

le sens du sens sans l’inconnue de l’inconnue est issu du sens avec l’inconnue multiplié par le sens sans l’inconnue

(cryptosémantique- propriétés remarquables)

paragraphe de confort visuel
inscrit par 17 h 23 min  
(dysforie (chroniques), sangulaire)

Vendredi 2 décembre 2005

feu sans flamme

En ville, les plaintes et les cris s’élèvent d’un long bûcher qu’on ne trouve nulle part, mais dont la lueur, de nuit, se voit partout dans le ciel.

paragraphe de confort visuel
inscrit par Amokryte 22 h 12 min  
(contes de Belfoirie)